Extension Factory Builder
25/02/2013 à 14:50
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le 'Harlem Shake' a été réalisé dans la cour du lycée de Menzah 6 à Tunis. Le "Harlem Shake" a été réalisé dans la cour du lycée de Menzah 6 à Tunis. © Capture d'écran/Youtube

Le ministre tunisien de l'Éducation a ordonné une enquête contre des lycéens de Tunis après leur mise en scène du buzz planétaire "Harlem Shake", danse ridicule dans laquelle les acteurs se déguisent et imitent des actes sexuels. Outrée par les menaces minitérielles, la blogosphère tunisienne organise la riposte et prépare une "flashmob".

Le « Harlem Shake » des lycéens du quartier Menzah 6 de Tunis n'a pas fait sourire dans les couloirs du ministère de l'Éducation. Le ministre Abdellatif Abid a ordonné dimanche l'ouverture d'une enquête contre les lycéens danseurs pour leur mise en scène du dernier buzz planétaire.

« Le ministère de l'Éducation a demandé d'ouvrir une enquête et va prendre les mesures qui s'imposent », s'est emporté dimanche à la radio Mosaïque FM le ministre Abdellatif Abid, évoquant d'éventuelles « expulsions » d'élèves ou « licenciement » du personnel éducatif.

S'exprimant lundi à la radio, l'enseignant et syndicaliste du lycée du quartier de Menzah 6 de Tunis où se sont déroulés les faits, Hafedh Mosrati, a demandé au ministre de calmer le jeu et de laisser le conseil de discipline faire son travail. « Ils ont fait ce film sans autorisation de l'administration, enfreignant les règles mais ces affaires doivent être résolues en interne par le conseil de discipline », a-t-il souligné.

Caleçons, fausses barbes, et actes sexuels

Le « Harlem Shake », danse ridicule dans laquelle les acteurs se déguisent et imitent des actes sexuels, a fait le tour du monde sur internet avec des dizaines de versions différentes cumulant des dizaines de millions de vues.

Les lycéens du quartier Menzah 6 ont filmé samedi dans la cour de leur école cette vidéo dans laquelle certains dansent en caleçons et d'autres, portant des fausses barbes et les tuniques des tenants de la mouvance salafiste radicale, simulent des actes sexuels.

"Harlem Shake" devant le ministère

Un mouvement de soutien à ces lycéens s'est immédiatement organisé sur Facebook, plus de 4 600 personnes promettant de participer le 1er mars à un « Harlem Shake » de contestation devant le ministère de l'Éducation.

De nombreux jeunes relèvent sur ces pages que le ministère n'a jamais diligenté d'enquête lorsque des groupes de salafistes ont investi des universités ou des lycées, drapeaux noirs à la main, pour faire du prosélytisme.

L'opposition laïque tunisienne accuse régulièrement le parti islamiste Ennahdha, qui dirige le gouvernement, d'organiser une islamisation rampante de la société. Le ministre de l'Éducation est cependant issu d'Ettakatol, parti séculier de centre-gauche allié à Ennahdha.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisiens noirs et mauvais oeil

Maha Abdelhamid est militante tunisienne, cofondatrice de l'Association de défense des droits des Noirs.[...]

Quand l'émir du Qatar bouscule le protocole tunisien

Lors de sa visite en Tunisie, cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, l'émir du Qatar ne s'est pas encombré du protocole.[...]

Tunisie : les familles des martyrs de la révolution réclament plus de justice

Les familles des martyrs de la révolution se mobilisent mercredi dans la capitale tunisienne. Objectif : protester contre la sentence rendue en appel, le 11 avril, par le tribunal militaire de Tunis contre[...]

Tunisie - Rached Ghannouchi : moi, diplomate

Fort de ses nombreux contacts noués dans le monde arabe, le leader islamiste tunisien se rêve en médiateur sur la scène politique libyenne.[...]

Stéphanie Pouessel : "Beaucoup de Tunisiens reconnaissent l'existence d'un vrai problème de racisme"

Docteur en anthropologie, Stéphanie Pouessel a dirigé l’étude "Noirs au Maghreb. Enjeux identitaires", publié aux éditions Karthala en 2012. Résidente en Tunisie[...]

Microsoft : Jamel Gafsi, numéro 8

Tunisien formé en Allemagne et en France, Jamel Gafsi dirige le Centre d'ingénierie de Microsoft, à Issy-les-Moulineaux. Portrait.[...]

Maghreb : Ô Rap ! Ô désespoir !

De Rabat à Tripoli, ils traduisent, avec des paroles parfois très crues, la colère et les frustrations de la jeunesse face à l'oppression et à l'injustice, mais aussi sa[...]

Street art : Zoo project en toute liberté

L'artiste franco-algérien qui avait rendu hommage aux martyrs de la révolution tunisienne a été retrouvé mort.[...]

Algérie - Tunisie : quand le business finance le terrorisme

En Tunisie, non loin de la frontière avec l'Algérie, le massif du Chaambi sert de repaire à des contrebandiers et à des groupes armés. Et souvent le business finance le terrorisme.[...]

Tunisie : avec Jomâa, la revanche des diplomates

Mis à rude épreuve par les errements de l'ex-troïka au pouvoir, ils forment désormais l'ossature du gouvernement de Mehdi Jomâa, qui a fait de la restauration de l'image de la Tunisie l'une[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers