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22/02/2013 à 15:25
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Oscar Pistorius, le 15 février à l'ouverture de son audience préliminaire. Oscar Pistorius, le 15 février à l'ouverture de son audience préliminaire. © Siphiwe Sibeko/Reuters

La demande de liberté provisoire d’Oscar Pistorius, poursuivi pour le meurtre de Reeva Steenkamp, a été acceptée par le tribunal de Pretoria, vendredi 22 février. Le célèbre athlète paralympique est donc libre en attendant l’ouverture du procès.

Le sextuple champion paralympique Oscar Pistorius, inculpé pour le meurtre de sa petite amie au matin de la Saint-Valentin, le 14 février, ne restera pas en détention préventive. Le tribunal d’instance de Pretoriaa répondu favorablement à sa demande de mise en liberté provisoire, en attendant le procès qui n’aura pas lieu avant plusieurs mois.

Depuis quatre jours, l'avocat de la défense s'était employé à discréditer le sérieux de l'enquête, dont le responsable Hilton Botha a été remplacé au pied levé le 21 février quand on a appris qu'il était lui-même accusé de sept tentatives de meurtre, pour avoir tiré, ivre, sur un taxi collectif alors qu'il poursuivait des suspects en 2011. Dans sa plaidoirie, Me Roux a mis en cause « la faible qualité des preuves » étayant la thèse du meurtre prémédité évoqué par le ministère public, fustigeant « les lacunes catastrophiques du dossier du parque ».

>> Lire aussi : "Faits divers : ces sportifs africains qui ont défrayé la chronique judiciaire avant Pistorius"

Panique

Dans sa version des faits, Oscar Pistorius, 26 ans, affirme qu'il a tué son amie Reeva Steenkamp par erreur, dans la panique, alors qu'il l'avait prise pour un cambrioleur caché dans les toilettes. La victime, qu'il fréquentait depuis novembre 2012, était un mannequin assez connu en Afrique du Sud. Elle avait 29 ans.

Le procureur s'est demandé pourquoi la victime aurait pris avec elle deux téléphones portables pour aller aux toilettes à 3 heures du matin.

Mais l'accusation n’a pas été convaincue, relevant qu'Oscar Pistorius s'était disputé avec son amie juste avant les faits, selon un témoin. Le procureur Gerrie Nel s'est en particulier demandé pourquoi la victime aurait pris avec elle deux téléphones portables - retrouvés par terre sur les lieux du crime - pour aller aux toilettes à 3 heures du matin. Il s’est également demandé pourquoi Pistorius ne l'avait pas réveillée, ou ne s’était pas assuré de sa présence, alors qu'il s’était précipité pour prendre son arme sous le lit, se sentant en danger, dit-il, après avoir perçu un bruit dans les toilettes.

Pour le procureur, en tirant quatre coups de feu, Oscar Pistorius avait la volonté de tuer. « Ce que nous lisons, c’est : "Donnez-moi mon passeport. Laissez-moi sortir, poursuivre ma carrière". C'est "business as usual" », a-t-il déclaré, sarcastique. « Pistorius ne devait être traité différemment parce qu'il porte des prothèses », avait-il ajouté.

Le juge Desmond Nair lui-même a fait part de ses doutes. Il a demandé pourquoi Pistorius n'avait pas été troublé par le silence de Reeva quand il lui a demandé de téléphoner à la police pour signaler la présence de cambrioleurs. Il a également évoqué un récent incident dans un restaurant de Johannesburg en janvier, lorsque Pistorius a tiré un coup de feu en public : « Il y a des preuves que l'accusé a intrigué après le coup de feu en demandant à quelqu'un de porter le chapeau », a-t-il souligné.

L'affaire avait connu un rebondissement majeur jeudi matin, lorsque la police a admis que l'enquêteur principal Hilton Botha était lui-même sous le coup de poursuites pour tentatives de meurtre. Il a été dessaisi de l'enquête quelques heures plus tard, alors que la défense lui avait fait admettre que son travail avait été mal ficelé et que la version des faits d'Oscar Pistorius était crédible.

(Avec  AFP)

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