Extension Factory Builder
22/02/2013 à 00:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des soldats maliens lors de combats à Gao, le 21 février 2013. Des soldats maliens lors de combats à Gao, le 21 février 2013. © Frederic Lafargue/AFP

Traqués dans leur refuge montagneux de l'Adrar des Ifoghas, les jihadistes du nord du Mali tentent de reprendre la main en contre-attaquant plus au sud dans la ville de Gao. Les assaillants ont été repoussés provisoirement, jeudi 21 février, après avoir occupé la mairie et la résidence du gouverneur. Des combats ont repris vendredi matin.  

Mis à jour le 22/02 à 15h50.

Gao sera-t-il un nouveau Kandahar ? Si les jihadistes du Mujao et d’Aqmi en rêvent, ils en sont encore loin. Mais la guérilla qu’ils mènent au nord du Mali commence à poser de gros problèmes aux armées coalisées. Jeudi 21 février, au moins une « quarantaine d'islamistes », selon une source militaire malienne, ont mené une violente offensive contre la cité des Askia, avant d’être repoussés temporairement. Deux militaires français ont été blessés dans les combats tandis que quatre maliens le seraient également, selon le ministère français de la Défense.

Les combats ont débuté dans la nuit de mercredi à jeudi à la périphérie de Gao, aux entrées nord et sud, impliquant des soldats nigériens, avant que les soldats maliens et français ne repoussent finalement les assaillants du centre-ville. « Il y a eu une offensive d'un groupe de jihadistes qui ont, à un moment donné, occupé la mairie de Gao et la résidence du gouverneur. Les forces maliennes appuyées par des forces françaises ont réagi et cinq jihadistes ont été tués. La situation est redevenue normale », avait annoncé le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en marge d'une réunion ministérielle de l'Otan à Bruxelles.

Mais vendredi matin, les combats ont repris de plus belle. Les soldats maliens ont tiré au lance-roquettes sur la mairie où, selon le colonel malien Mamadou Samaké, il y avait au moins un islamiste armé qui a riposté avant d'être tué. Un militaire malien avait indiqué plus tôt que de nombreux corps de jihadistes portant des ceintures d'explosifs et tenant à la main des grenades dégoupillées, étaient encore dans la mairie et dans le palais de justice proche. Il avait également précisé que des mines avaient été placées dans ce secteur. Selon l'armée française, entre quinze et vingt islamistes ont été tués depuis jeudi.

Un soldat français fouille des habitations après des combats dans la ville malienne de Gao, le 21 février 2013.

© Frederic Lafargue/AFP

"Combat asymétrique"

Les combats s'étaient interrompus jeudi dans l'après-midi, après l’intervention de deux hélicoptères Gazelle, selon une source militaire. Le palais de justice a en partie été incendié lors des combats, de même qu'une une station-service. La plupart des jihadistes s'étaient ensuite fondus dans la population. « Cela montre que nous sommes maintenant dans un combat asymétrique, cela montre que nous sommes dans une vraie guerre, qui a lieu au nord et autour des villes que nous avons libérées », avait ajouté le ministre.

Parallèlement, à 300 km plus au nord, à Kidal, un attentat-suicide a eu lieu, jeudi, ne tuant que ses auteurs. Un « véhicule est arrivé en filant vers le sud-ouest » de la ville et « a explosé à environ 500 mètres du camp occupé par les Français et les Tchadiens. Deux civils ont été blessés, ils sont à l'hôpital », a déclaré un élu de Kidal, une information confirmée de source sécuritaire malienne à Bamako.

"D'autres explosions"

Selon un fonctionnaire de Kidal, l'explosion a eu lieu « à moins d'un kilomètre du camp occupé par les Tchadiens [qui sont quelque 1 800, NDLR] et les Français », précisant que si le « kamikaze » visait probablement le camp, mais qui était « allé exploser avec sa voiture noire dans une cour ». « Le chauffeur du véhicule a été tué sur le coup », a déclaré l'élu. Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), a revendiqué l’attentat.

« Nous sommes arrivés à rentrer sans aucun problème à l'intérieur de Kidal même pour faire exploser comme prévu un véhicule. (...) Nous allons avoir la victoire sur tous les ennemis. D'autres explosions auront lieu sur tout notre territoire » a affirmé le porte-parole du Mujao, Abu Walid Sahraoui.

Mardi, le président français François Hollande avait déclaré que l'opération Serval, lancée le 11 janvier, entrait dans sa « dernière phase ». Il s'agit d'aller « jusqu'au bout, c'est-à-dire l'arrestation des derniers chefs ou groupes terroristes qui demeurent à l'extrême nord du Mali », a-t-il précisé.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : deux diplomates algériens libérés plus de 2 ans après leur rapt

Mali : deux diplomates algériens libérés plus de 2 ans après leur rapt

Deux diplomates algériens enlevés en avril 2012 par un groupe islamiste armé au Mali ont été libérés samedi, ont annoncé les autorités algériennes en confirmant[...]

Mali : IBK ne veut plus de la médiation du Burkinabè Compaoré

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta soupçonne Blaise Compaoré de vouloir réintroduire dans le jeu Iyad Ag Ghaly, le chef d'Ansar Eddine.[...]

France - Libye : Sarkozy, Kadhafi et la piste malienne

Comme l'a révélé J.A. en exclusivité, les juges qui enquêtent sur le financement de la campagne de l'ex-président français en 2007 ont adressé une demande d'entraide[...]

Mali : les groupes armés du Nord veulent faire front commun face au gouvernement

Les six principaux groupes armés du Nord du Mali ont signé jeudi à Ouagadougou une déclaration commune censée mettre fin à leurs divisions. Ils entendent ainsi présenter un front[...]

Mali : les groupes armés du nord peaufinent leurs revendications à Ouagadougou

Les principaux mouvements armés du Nord du Mali sont réunis depuis mardi à Ouagadougou. Objectif : harmoniser leur plateforme de revendications avant un second round de négociations décisif avec[...]

Éthiopie : Hiroute Guebre Sellassie, une diplomate tout-terrain pour le Sahel

De Nouakchott à Niamey, le nouvel envoyé spécial de l'ONU se démène pour mobiliser chefs d'État et partenaires internationaux. Son nom ? Hiroute Guebre Sellassie.[...]

Mali : le Prytanée militaire de Kati, école d'excellence de l'armée

Sanogo, Dacko, Fané... Tous sortent du même moule : le Prytanée militaire de Kati. Un établissement d'excellence hérité de l'époque coloniale où l'on apprend[...]

Mali - Moctar Mariko : "Les libérations d'auteurs présumés de violences nous atterrent"

La libération, le 15 août dernier, de l'ancien juge islamique de Tombouctou - notamment responsable d'avoir fait pratiquer des amputations -, a suscité les protestations de l'Association malienne des droits de[...]

Affaire Kadhafi - Sarkozy : les propos de Bany Kanté contredits par Dupuydauby

Soupçonné d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, Cheick Amadou Bany Kanté a démenti[...]

Affaire Kadhafi - Sarkozy : le Malien Bany Kanté nie avoir joué un rôle de "porteur de valise"

Soupçonné par la justice française d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, le Malien Cheick[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex