Une vidéo inédite donne les premiers détails du procès de l'ex-dauphin de la Libye, Seif el-Islam Kaddafi. Ce dernier est jugé pour des faits qui remontent à juin 2012, lorsqu'une délégation de la CPI avait été accusée d'avoir comploté son évasion.
Le 17 janvier dernier, l’annonce de l’ouverture de procès de Seif el-Islam Kaddafi devant un tribunal de Zintane avait surpris tout le monde. Ses avocats devant la Cour pénale internationale (CPI) avaient alors à nouveau demandé que Seif soit jugé à La Haye.
Aujourd’hui, une vidéo inédite (voir ci-dessus) donne les premiers détails du procès du dauphin en Libye. L'affaire ne concerne pas son rôle supposé dans les crimes de guerre et autres exactions commises pendant la Révolution, mais seulement les faits qui se sont déroulés en juin 2012, lorsqu'une délégation de la CPI avait été brièvement détenue et accusée d'avoir comploté l'évasion de Seif el-Islam.
"Dieu seul me défendra"
Présentée comme un document exclusif de la chaîne satellitaire du Djebel, une télévision proche du conseil militaire du Zintan, qui refuse toujours depuis novembre 2011 de livrer Seif el-Islam aux autorités de Tripoli, la vidéo montre le dauphin de Kaddafi visiblement en bonne santé, en tenue bleue, souriant aux propos du président du tribunal. Lors de l’échange avec le juge, Seif refuse de désigner un avocat : « Dieu seul me défendra », réplique-t-il.
Le juge lui explique alors l'obligation de représentation par un avocat pour les affaires criminelles et lui propose un délai pour désigner un avocat, faute de quoi un avocat d'office serait désigné. Le prévenu finit par concéder, non sans ironie, qu'il « remercie la Cour pour sa générosité ». À la demande du procureur, l'audience est alors reportée pour laisser le temps au prévenu de préparer sa défense.
Prochaine audience en mai
Pour rappel, le tribunal de Zintan a notifié les charges suivantes contre Seif el-Islam : atteinte à la sécurité de l’État, tentative de fuite et outrage au drapeau national. Ses co-prévenus, membres de la délagation de la CPI, ont quitté la Libye mais restent poursuivis. Enfin, deux Libyens, en état de fuite, seront jugés in absentia.
Le tribunal criminel de Zintan juge donc les faits qui se sont déroulés en juin 2012, lorsqu'une délégation de la CPI avait été brièvement détenue et accusée d'avoir comploté l'évasion de Seif el-Islam : les autres griefs retenus contre le dauphin de Mouammar Kaddafi, notamment sa participation aux crimes de guerre et autres exactions commises pendant la révolution, ne sont pas l'objet du présent procès. La prochaine audience a été fixée au 2 mai.

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