Extension Factory Builder
20/02/2013 à 17:57
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président tunisien Moncef Marzouki arrive à ses bureaux, le 19 février 2013 à Tunis. Le président tunisien Moncef Marzouki arrive à ses bureaux, le 19 février 2013 à Tunis. © Fethi Belaid/AFP

Les négociations entre Rached Ghannouchi et Moncef Marzouki ont repris de plus belle en Tunisie, au lendemain de la démission du Premier ministre, Hamadi Jebali. Objectif : sortir la Tunisie d'une crise gouvernementale qui dure depuis huit mois.

Après la démission de Hamadi Jebali, le 19 février, les consultations entre le président Moncef Marzouki et le parti islamiste Ennahdha n’ont pas encore abouti à la nomination d’un nouveau Premier ministre, ou à la reconduction du sortant.

Car si les noms de plusieurs candidats potentiels ont été évoqués dans la presse, comme celui du ministre de la Santé, Abdelatif Mekki, le retour de Jebali n’est pas exclu. Le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a admis être « en pourparlers » avec celui-ci. Mais « pour l'instant, on n'a pas de nom », a-t-il déclaré à l'issue d'une entrevue Marzouki.

Adnène Mancer, le porte-parole de la présidence, a assuré que « l'affaire est entre les mains » des islamistes d’Ennahdha, qui ont torpillé la solution d’un gouvernement de technocrates sans appartenance politique, présenté par Jebali. Il a également dit « espérer » qu'un nom sera connu « d'ici demain ». Ghannouchi compte quant à lui trouver une solution avant la fin de la semaine.

Compromis

La solution de compromis serait un gouvernement restreint mêlant politiques et technocrates que dirigerait Jebali, qui a acquis une stature d’homme d’État grâce à sa gestion responsable de la crise provoquée par l’assassinat du leader de gauche Chokri Belaïd. Le dirigeant d'Al Massar, Samir Bettaïeb, a notamment déclaré avoir « confiance » en lui tandis que Issam Chebbi, du Parti républicain affirmait : « Nous le soutenons car il a acquis de la crédibilité ».

Qui plus est, une bonne partie de la presse tunisienne saluait aussi le Premier ministre sortant qui aura gouverné la Tunisie pendant 14 mois, le quotidien Le Temps notant « sa cohérence et son attachement à l'intérêt suprême de la nation ». Paris, Berlin et Bruxelles ont également tenu à lui exprimer leur « respect ». La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a loué en particulier le « grand sens de l'État » de Jebali.

"Tiraillements politiques"

Mais l'intéressé a déjà posé ses conditions. Mardi, dans son discours de démission, il a déclaré qu’il ne s'inscrirait « dans aucune initiative qui ne fixe pas la date des prochaines élections » et « ne soit pas à l'abri des tiraillements politiques ».

Quel qu’il soit, le futur Premier ministre aura quinze jours à compter de sa nomination pour former son équipe qui devra obtenir la confiance de l'ANC. Avec 89 députés, Ennahda peut construire assez facilement une coalition de 109 élus sur 217 pour faire approuver le cabinet mais les islamistes ont promis d'essayer de bâtir le consensus le plus large possible.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : un ex-ministre de Ben Ali à Carthage ?

Tunisie : un ex-ministre de Ben Ali à Carthage ?

Caciques de l'ancien régime ou membres éphémères de l'équipe gouvernementale du président déchu, ils ont décidé de briguer la magistrature suprême le 23&[...]

Tunisie : un scrutin placé sous le signe de la morosité

Quelques jours avant les élections législatives, la Tunisie semble se préparer à troquer la transition contre une situation aléatoire.[...]

Législatives tunisiennes : lobby tout-terrain

Des stades aux mosquées en passant par les soirées privées, en Tunisie tous les moyens sont bons pour gagner des voix aux législatives.[...]

Hammamet : Afek Tounes, la voix des jeunes Tunisiens

Dans l'intérieur du pays, électeurs et formations politiques tunisiennes se croisent, entre désillusions des uns et ambitions électorales des autres. Reportage.[...]

Législatives tunisiennes : l'abstention, le vrai outsider

Quels que soient les résultats des législatives tunisiennes du 26 octobre, vainqueurs et vaincus devront relativiser leurs performances. En cause : l'abstention qui risque à nouveau de battre des[...]

Tunisie - Sfax : "La ville est abandonnée"

Dans l'intérieur de la Tunisie, électeurs et formations politiques se croisent, entre désillusions des uns et ambitions électorales des autres. Reportage.[...]

Tunisie : la montée de Slim Riahi inquiète les ténors

Grâce à ses moyens financiers très importants, Slim Riahi commence à agréger derrière lui un électorat urbain peu politisé. Peut-il faire de l'ombre aux favoris de la[...]

Législatives tunisiennes : "Le poids d'Ennahdha sera contrebalancé", selon Ghazi Gherairi

L'ancien porte-parole de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, Ghazi Gherairi, analyse les enjeux des législatives du 26 octobre. Au sein de l'Assemblée, et aussi[...]

Législatives tunisiennes : aux urnes citoyens !

Le scrutin du 26 octobre approche à grands pas, mais les citoyens tunisiens ne se mobilisent guère. Les enjeux sont pourtant cruciaux : les députés défendront leur vision de[...]

CAN 2015 : le Sénégal concède le nul face à la Tunisie aux qualifications

Le Sénégal et la Tunisie se sont neutralisés 0-0 vendredi à Dakar et conservent la tête du Groupe G pour la 3e journée des éliminatoires de la CAN 2015, alors que le Maroc a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers