Le président tunisien Moncef Marzouki arrive à ses bureaux, le 19 février 2013 à Tunis.
© Fethi Belaid/AFP
Les négociations entre Rached Ghannouchi et Moncef Marzouki ont repris de plus belle en Tunisie, au lendemain de la démission du Premier ministre, Hamadi Jebali. Objectif : sortir la Tunisie d'une crise gouvernementale qui dure depuis huit mois.
Après la démission de Hamadi Jebali, le 19 février, les consultations entre le président Moncef Marzouki et le parti islamiste Ennahdha n’ont pas encore abouti à la nomination d’un nouveau Premier ministre, ou à la reconduction du sortant.
Car si les noms de plusieurs candidats potentiels ont été évoqués dans la presse, comme celui du ministre de la Santé, Abdelatif Mekki, le retour de Jebali n’est pas exclu. Le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a admis être « en pourparlers » avec celui-ci. Mais « pour l'instant, on n'a pas de nom », a-t-il déclaré à l'issue d'une entrevue Marzouki.
Adnène Mancer, le porte-parole de la présidence, a assuré que « l'affaire est entre les mains » des islamistes d’Ennahdha, qui ont torpillé la solution d’un gouvernement de technocrates sans appartenance politique, présenté par Jebali. Il a également dit « espérer » qu'un nom sera connu « d'ici demain ». Ghannouchi compte quant à lui trouver une solution avant la fin de la semaine.
Compromis
La solution de compromis serait un gouvernement restreint mêlant politiques et technocrates que dirigerait Jebali, qui a acquis une stature d’homme d’État grâce à sa gestion responsable de la crise provoquée par l’assassinat du leader de gauche Chokri Belaïd. Le dirigeant d'Al Massar, Samir Bettaïeb, a notamment déclaré avoir « confiance » en lui tandis que Issam Chebbi, du Parti républicain affirmait : « Nous le soutenons car il a acquis de la crédibilité ».
Qui plus est, une bonne partie de la presse tunisienne saluait aussi le Premier ministre sortant qui aura gouverné la Tunisie pendant 14 mois, le quotidien Le Temps notant « sa cohérence et son attachement à l'intérêt suprême de la nation ». Paris, Berlin et Bruxelles ont également tenu à lui exprimer leur « respect ». La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a loué en particulier le « grand sens de l'État » de Jebali.
"Tiraillements politiques"
Mais l'intéressé a déjà posé ses conditions. Mardi, dans son discours de démission, il a déclaré qu’il ne s'inscrirait « dans aucune initiative qui ne fixe pas la date des prochaines élections » et « ne soit pas à l'abri des tiraillements politiques ».
Quel qu’il soit, le futur Premier ministre aura quinze jours à compter de sa nomination pour former son équipe qui devra obtenir la confiance de l'ANC. Avec 89 députés, Ennahda peut construire assez facilement une coalition de 109 élus sur 217 pour faire approuver le cabinet mais les islamistes ont promis d'essayer de bâtir le consensus le plus large possible.
(Avec AFP)

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