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20/02/2013 à 15:41
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Des militants du mouvement du 20-Février manifestent le 20 janvier 2012 à Rabat. Des militants du mouvement du 20-Février manifestent le 20 janvier 2012 à Rabat. © AFP

Le Mouvement du 20 Février, né il y a deux ans dans le sillage des révolutions arabes, continue de réclamer de profondes réformes politiques au Maroc. Marginalisé et en quête d'un second souffle, il compte sur le mécontentement social grandissant contre le gouvernement islamiste d'Abdelilah Benkirane.

Le 20 février 2011, dans la foulée des soulèvements populaires en Tunisie et en Égypte, des dizaines de milliers de marocains manifestaient dans les grandes villes du royaume. Une nouvelle Constitution et un nouveau gouvernement plus tard, les militants du 20 Février tentent, malgré des difficultés, de continuer à faire entendre leur voix. Ils prévoient diverses actions pour marquer le deuxième anniversaire du mouvement, dont un rassemblement est prévu mercredi en fin d'après-midi devant le Parlement à Rabat.

Dans l'intervalle, les effectifs des « févriéristes » ont toutefois fondu et, ces derniers mois, les cortèges ont peiné à rassembler quelques centaines de personnes. « Politiquement, le 20-Février n'existe plus », affirme même Baudouin Dupret, directeur du centre Jacques-Berque à Rabat, qui évoque notamment « l'effet intimidant » dans l'opinion des soubresauts des révolutions voisines.

Répression

Dès le deuxième semestre 2011, l'adoption à une écrasante majorité d'une nouvelle Constitution promettant des pouvoirs renforcés pour le gouvernement, puis la victoire historique des islamistes du parti Justice et développement (PJD) ont fait baisser l'intensité de la contestation.« Après l'adoption de la Constitution, on a commencé à moins parler de nous dans les médias, puis on a eu un parti qui est arrivé pour la première fois au pouvoir avec "nos" slogans » anti-corruption et pro-démocratie, résume Sanae Metaïch, coordinatrice du 20 Février à Rabat.

En outre, à la fin de la même année, le retrait des cortèges de la puissante mouvance islamiste Al Adl Wal Ihsane (Justice et bienfaisance), tolérée mais officiellement interdite en raison de son opposition à la monarchie, a « privé le mouvement d'une grande partie de ses troupes », souligne Baudouin Dupret. Par la suite, la « répression » des autorités a également constitué un facteur de repli, selon des responsables du Mouvement du 20 Février. « Le pouvoir a joué la carte de la Constitution et des élections d'un côté, de la répression de l'autre », estime Samad Ayach, autre coordinateur à Rabat.

En décembre dernier, une Coalition marocaine des organisations de droits de l'homme a estimé à environ 70 le nombre de militants derrière les barreaux. « Il y a eu un changement opéré dans cette répression, renchérit Sanae Metaïch. Avant c'était des arrestations pour "participation à une manifestation non autorisée". À présent, c'est aussi "violences contre les forces de l'ordre", "trafic de drogue"...».

Prison

Des peines parfois lourdes ont été prononcées : en octobre, un militant d'Al-Hoceima (Nord) a été condamné en appel à 12 ans de prison. Interrogé sur ces condamnations, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a fait valoir que la justice faisait son travail et que les militants n'étaient « pas des personnes sacrées ». « La majorité des réformes ont été réalisées. La preuve, le 20 Février ne sort plus. Bon, il y a quelque uns qui veulent le ressusciter, on verra », a-t-il argué.

En guise de riposte, le mouvement nie l'ampleur de ces progrès et réclame « une démocratie authentique », tout en disant avoir fait son auto-critique. « Nous avons manqué d'une vraie organisation, d'une vraie stratégie politique et de communication au niveau du peuple. On a besoin d'actions plus efficaces », clame Samad Ayach, âgé de 27 ans. Le 20 Février table surtout sur une contestation populaire croissante envers le gouvernement, confronté à de délicates réformes sociales (retraite, caisse de compensation) dans un contexte économique dégradé. « Les citoyens vont prendre conscience qu'il faut un nouveau changement », juge Sanae Metaïch, étudiante en langues.

Jusque-là, le Mouvement du 20 Février « n'est jamais parvenu à convertir une contestation d'ordre politique en contestation sociale », tempère Baudouin Dupret. « Il y a bien eu une contestation sociale parallèle, mais la jonction ne s'est jamais faite », conclut-il.

(Avec AFP)

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