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19/02/2013 à 19:15
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Hamadi Jebali a confirmé sa démission, mardi 19 février. Hamadi Jebali a confirmé sa démission, mardi 19 février. © AFP

Le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, a officiellement démissionné, mardi 19 février, en début de soirée. Cette annonce fait suite à l'échec des négociations autour de sa proposition de former un nouveau gouvernement de technocrates sans appartenances politiques. Il a déclaré ne pas vouloir participer à un autre gouvernement si une date n'était pas fixée pour les futures élections.

Le 6 février, au soir de l’assassinat du leader de gauche Chokri Belaïd, Hamadi Jebali avait anticipé l’explosion d’une crise politique qui couvait depuis des mois. Il avait pris de court tous les partis, y compris le sien, Ennahdha, dont il est secrétaire général, en proposant de composer un gouvernement restreint autour de technocrates apolitiques. Il avait également appelé à fixer une date pour des élections qui feraient sortir la Tunisie d’une étape transitionnelle devenue chaotique.

Son initiative s’est soldée par un échec bien qu’elle a eu le mérite de réunir des formations politiques opposées autour d’une même table. Ennahdha ainsi que le Congrès pour la République, ont pesé de tout leur poids pour contrer cette proposition. Oui à un remaniement, oui à quelques portefeuilles conduits par des technocrates, mais les partis doivent être présents dans la configuration gouvernementale, disaient-ils en substance, tandis que le Front populaire ne participait pas aux négociations, considérant que Jebali ne pouvait conduire un gouvernement neutre, étant lui-même l’un des dirigeants du parti islamiste.

Conditions

Faute de consensus, Hamadi Jebali a donc présenté sa démission comme il s’était engagé à le faire. Mais il n’a pas jeté l’éponge. Dans son allocution, il se dit prêt à conduire le nouvel exécutif. Cependant, il y met des conditions précises : le retour à la sécurité, l’arrêt de la violence politique, la lutte contre la hausse des prix, le respect de la liberté d’expression, la relance de l’emploi et le développement régional.

« Efficacité et abnégation pour la patrie », devraient être les mots d’ordre du gouvernement qu'il pourrait conduire, et qui devrait aussi s’engager à ne pas rentrer dans la course électorale. À ce propos, Hamadi Jebali est sans concession : il est nécessaire d’aller vers des élections, affirme-t-il, et il tance l’Assemblée nationale constituante (ANC) pour qu’elle produise au plus vite une feuille de route précise.

Reconduction ?

Encore une fois, Hamadi Jebali prend la stature d’un homme d’État au service de son pays, même si le bilan de son gouvernement partant n’est pas brillant. Cette position est surprenante car il s’engage également à ne pas se présenter aux prochaines élections s’il est reconduit.

Des sources proches du conseil consultatif d’Ennahdha estiment que Jebali à toutes les chances d’être reconduit. Quoi qu’il en soit, la Tunisie ne sera pas face à un vide constitutionnel ; l’organisation provisoire des pouvoirs publics prévoit ce cas de figure. Le parti majoritaire, Ennahdha devra désigner un chef du gouvernement, issu de ses rangs, qui demandera l’aval de l’ANC pour la nouvelle équipe qu’il aura nommée.

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Par Frida Dahmani, à Tunis

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