L’ancienne directrice de la Banque mondiale et militante anti apartheid, Mamphela Ramphele, a annoncé, lundi 18 février, la création du mouvement "Agang". Un parti politique qui entend mettre fin à l’hégémonie de l’ANC, accusée d'avoir déçu les Sud-Africains.
Elle s’était érigée contre le système de l’apartheid, elle s’engage désormais à combattre l’ANC, le parti majoritaire en Afrique du Sud. Mamphela Ramphele, 57 ans, ancienne directrice de la Banque mondiale, a élargi lundi 18 février le front anti-Zuma, avec l’annonce de la création de sa propre formation politique.
« Aujourd'hui, j'annonce que je suis en train de travailler avec un groupe de citoyens pour former un parti, une plate-forme politique qui se fixera comme tâche de raviver l'espoir qu'il est possible de construire le pays de nos rêves », a-t-elle signifié, lors d'une réunion à Johannesburg.
Baptisé « Agang », qui signifie « Construisons » en langue sepedi, le nouveau parti ne cache pas son ambition d’aller à la rencontre de millions de Sud-Africains désabusés par les 19 ans de pouvoir de l’ANC, dont le bilan en matière d'éducation, d'accès au pouvoir économique, ou encore de logement n’est pas à la hauteur des espérances soulevées par la fin de l’apartheid.
"Laissés de côté"
Ramphele affirme que son mouvement répondra « aux aspirations des citoyens qui ont été laissés de côté par manque de formation politique pour les représenter ». Cette médecin de formation ne perd jamais une occasion de tirer à boulet rouge sur l’ANC et ses notables accusés de corruption. « Notre pays est en danger, parce que l'intérêt particulier est devenu le moteur de nombre de (nos dirigeants), qui devraient se concentrer sur le service du public », a-t-elle dénoncé.
« La corruption, le népotisme et le favoritisme sont devenus la norme de conduite de beaucoup de gens dans le service au public », martèle-t-elle. Alors que les mouvements sociaux se multiplient dans les secteurs miniers et agricoles, Mamphela Ramphele propose de reformer ces deux piliers de l’économie sud-africaine, qui « doivent adopter un modèle économique qui investisse dans la formation des ouvriers, qui utilise des technologies innovantes, pour rester compétitives ».
« Le modèle économique du secteur minier, fondé sur le recours au travail de migrants très nombreux, non qualifiés et mal payés, n'est pas viable dans la durée », explique-t-elle. Lors des dernières élections générales de 2009, l'ANC, profitant de son statut historique de parti de la libération, avait recueilli 65,9% des suffrages. L'Alliance Démocratique (DA), premier parti d'opposition, s’était contenté de 16,7%.
(Avec AFP)

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