Extension Factory Builder
19/02/2013 à 09:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les opposants au président de la République Alpha Condé sont descendus dans la rue le 18 février Les opposants au président de la République Alpha Condé sont descendus dans la rue le 18 février © AFP

Les partis politiques de l'opposition guinéenne ont réussi à mobiliser massivement leurs militants, lundi 18 février. Des manifestations qui se sont déroulées pour une fois sans violences, et qui visaient à peser sur l’organisation des législatives du 12 mai.

Ce 18 février, il est presque midi et quart au pont de Kénien, qui enjambe l'autoroute reliant l'aéroport international de Gbessia au centre-ville de Conakry. C'est ici, près du quartier Bellevue et à mi-chemin de l'itinéraire prévu pour la marche de l’opposition, que des centaines de badauds guettent patiemment l'arrivée du cortège. Policiers et gendarmes sont également sur place.

Comme dans la première partie d'un spectacle, des motards « chauffent » l'assistance, majoritairement âgée de moins de 30 ans, en jouant les acrobates au guidon de leurs deux-roues. « Si les manifestants passent tranquillement le pont, la marche se passera bien. »

C'est le pronostic que font les riverains et les journalistes présents, habitués à voir les manifestations se transformer en affrontements avec les forces de l'ordre dans le quartier. Pour la première fois depuis longtemps, le pouvoir guinéen a décidé d'autoriser - moins de 48 heures avant la date fatidique - la marche de l'opposition. De quoi apaiser le climat dans un contexte politique tendu.

"Test réussi"

« Aujourd'hui, tout s'est bien passé. Pas comme les autres fois. Nous sommes contents », assure Ousmane Camara, la tête couverte d'un tee-shirt à l'image de Sidya Touré, opposant et leader de l'Union des forces républicaines (UFR). En effet, une marée humaine s'est pacifiquement dirigée vers le Palais du Peuple à Conakry sans le moindre incident majeur avec les forces de l'ordre. Même constat sur l'ensemble du territoire où s'étaient déployés 4 000 policiers et gendarmes.

« La Guinée vient de démontrer qu’il est possible de manifester pacifiquement. C’est un nouveau test réussi pour notre jeune démocratie », affirme dans un communiqué Damantang Albert Camara, porte-parole du gouvernement, même s'il reconnaît le caillassage de quelques véhicules et des affrontements localisés dans la capitale entre partisans du pouvoir et ceux de l'opposition. À l'inverse, la journée suivante devrait être calme car l'opposition a appelé à effectuer une journée « ville morte ».

« La jeunesse s'est engagée dans cette marche avec discipline », se félicite le leader de l’opposition Cellou Dalein Diallo, président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), depuis la tribune du Palais du Peuple. « Quand Alpha Condé ne donne pas d'instruction aux forces de l'ordre, elles ne répriment pas nos manifestations. »

Prochaines marches

L'opposition doute que le pouvoir tienne sa promesse d’organiser de manière libre et transparente les élections législatives du 12 mai prochain. Elle exige toujours le départ de WayMark, l'opérateur technique chargé de la révision du fichier électoral pour le scrutin, ainsi que la prise en compte du vote des Guinéens de l'étranger.

« La semaine prochaine, nous organiserons une marche deux à trois fois plus importante, promet Cellou Dalein Diallo, si le président ne stoppe pas le processus pour s'asseoir et discuter autour d'une table afin de définir les conditions dans lesquelles doivent se tenir ces élections. » Alpha Condé avait quant à lui déjà indiqué à Jeune Afrique, en septembre 2012, qu’il avait « accepté toutes les conditions de l'opposition pour aller aux élections ».

______

Par Sidy Yansané, à Conakry

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Guinée

Hollande aux Guinéens : 'Nous avons le devoir de vous soutenir' dans la lutte contre Ebola

Hollande aux Guinéens : "Nous avons le devoir de vous soutenir" dans la lutte contre Ebola

À son arrivée à Conakry, François Hollande a affirmé, vendredi, la solidarité de la France avec la Guinée dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola. Le présiden[...]

Ebola : chaque jour qui passe effrite l'espoir, dans quelle langue faut-il le dire ?

Une vingtaine d'artistes ouest-africains de renom se sont réunis pour interpeller les chefs d'État francophones sur la catastrophe que représente Ebola. Ils publient leur lettre ouverte dans Jeune Afrique.[...]

Guinée : au coeur du "ground zero" de l'épidémie d'Ebola

C'est ici, quelque part entre Nzérékoré et Macenta, en pleine forêt, qu'Ebola est apparu il y a bientôt un an. Une région difficile d'accès, qui a payé un lourd tribut[...]

Ebola : François Hollande se rendra en Guinée la semaine prochaine

Le président français, François Hollande, a annoncé vendredi qu'il se rendrait en Guinée "la semaine prochaine", afin d'évoquer l'épidémie de virus Ebola qui[...]

Lutte conte Ebola : qui donne, combien et à qui ?

Depuis le mois de mars, le virus Ebola a déjà fait officiellement plus de 5 400 morts en Afrique de l'Ouest. Qui, à travers le monde, se mobilise financièrement pour stopper l'épidémie ?[...]

Ebola : vers la mise en place d'un cordon sanitaire pour contenir le virus ?

Après la confirmation des cas d'Ebola au Mali, pays voisin d'États touchés par l'épidémie, l'Union européenne et la Croix-Rouge internationale tentent de mettre en place un cordon[...]

Ebola : six souches, pas moins

Il existe actuellement six espèces différentes de virus Ebola, à la sévérité variable.[...]

CAN 2015 et Ebola : psychose et stigmatisation dans les stades

Les footballeurs originaires des pays touchés par l'épidémie sont durement stigmatisés lors des rencontres qualificatives pour la Coupe d'Afrique des nations. Témoignages.[...]

Ebola : la moitié des morts non comptabilisés ?

Jeudi, un expert de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que des milliers de victimes d'Ebola, enterrées sans être déclarées, n'étaient pas prises en compte[...]

Ebola : un arsenal thérapeutique balbutiant

S'il n'existe aucun traitement ni vaccin homologué contre le virus, la recherche scientifique progresse.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces