Une mission d'experts français sur les incendies des marchés de Lomé et de Kara doit rendre son rapport aux autorités togolaises d'ici à la fin de février. Suspectés d'avoir commandité ces crimes, plusieurs personnalités de l'opposition sont sous les verrous. Ce que dénonce le Parti socialiste français dans un récent communiqué.
Invitée par la présidence togolaise, une mission d’experts policiers et pompiers français vient d’achever son enquête sur les sites des marchés incendiés au début de janvier à Kara (nord) et à Lomé. Dirigés par Hervé Bazin, lui-même expert judiciaire spécialisé en explosions et incendies près la Cour d’appel de Paris, les enquêteurs avaient pour mission de trouver l’origine et, dans l’hypothèse d’un incendie criminel, de déterminer le matériel, les produits utilisés et le mode opératoire mis en œuvre par les pyromanes.
Pour l’instant, le rapport d’enquête n’a pas encore été rendu. Joint par Jeune Afrique, Bazin promet de rendre sa copie d’ici la fin de février. « Nous attendons les résultats d’analyses des prélèvements effectués », précise-t-il. En attendant, pas question d’en dire plus. L’expert réserve la primeur de son rapport aux autorités togolaises.
23 personnes arrêtées
Néanmoins, ces dernières n’ont pas attendu le résultat de l’enquête pour arrêter 23 personnes dans cette affaire, dont de présumés commanditaires des incendies. Parmi eux, on compte l’ancien président de l’Assemblée nationale, Gabriel Agbéyomé Kodjo, arrêté le 16 janvier et détenu depuis dans un camp de la gendarmerie nationale à Lomé. Également ancien Premier ministre de Gnassingbé Eyadéma, celui-ci pourrait être inculpé de « complicité de destruction de biens publics ».
Dans les prochains jours, des manifestations publiques sont prévues dans les rues de la capitale pour faire plier le pouvoir.
Il y est enfermé en compagnie de son adjoint, Gérard Adja, vice-président de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS), parti fondé par Agbéyome Kodjo ; de Jean Eklou, secrétaire national chargé de la Jeunesse de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre ; de Claude Améganvi, secrétaire général du Parti des Travailleurs (PT)… Une dizaine de jeunes proches des partis de l’opposition ont eux aussi été arrêtés. Ils attendent à la prison de Lomé qu’un juge les inculpe éventuellement pour les faits d’incendie et destruction.
Soutien du PS français
Requinqués par un communiqué de soutien du Parti socialiste français, rendu public le 13 février dernier, les opposants du Collectif Sauvons le Togo vont dans les jours qui viennent essayer d’obliger les autorités togolaises à remettre leurs camarades arrêtés en liberté. Dans les prochains jours, des manifestations publiques sont prévues dans les rues de la capitale pour faire plier le pouvoir. Le texte du PS dénonce « l’arbitraire manifeste de ces arrestations qui visent essentiellement les personnalités du Collectif "Sauvons le Togo" et d'autres membres de l'opposition. Il demande leur libération immédiate ».
Le pouvoir soupçonne les opposants de chercher créer les conditions d’un nouveau report des élections législatives et locales, initialement prévues en octobre 2012. Les incendies criminels peuvent en effet envenimer le bras de fer qui oppose ces deux bords de la classe politique togolaise sur la date et les modalités de l’organisation des deux scrutins. Lesquels pourraient avoir lieu au début de mai prochain, selon des indiscrétions.
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Par Georges Dougueli

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