Extension Factory Builder
15/02/2013 à 14:55
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Abdelfattah Mourou réclame le départ de Rached Ghannouchi de la tête d'Ennahdha. Abdelfattah Mourou réclame le départ de Rached Ghannouchi de la tête d'Ennahdha. © Nicolas Fauqué/J.A

Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire français Marianne, le vice-président d’Ennahdha, Abdelfattah Mourou, réclame le départ du chef du parti, Rached Ghannouchi. Et soutient l'initiative de Hamadi Jebali, qui a proposé la formation d'un gouvernement de technocrates apolitique pour sortir le pays de la crise.

Les mots sont durs, à la hauteur des divisions qui minent Ennahdha. Dans une interview accordée à Marianne, le vice président du parti, Abdelfattah Mourou, ne ménage pas « son » président, Rached Ghannouchi. Le « cheikh » Mourou accuse ouvertement le leader de la formation islamiste d'avoir mené le parti et la Tunisie au « désastre ».

« Je demande à ce que soit convoqué un congrès extraordinaire d’Ennahdha pour en changer la direction, qui mène le parti et la Tunisie au désastre, accuse Abdelfattah Mourou. Rached Ghannouchi et sa direction sont en train de faire de notre parti une affaire familiale. Qu’il soit contrôlé par des gens qui ne s’ouvrent pas à la réalité et à la modernité est une catastrophe ».

Gouvernement apolitique

Depuis l'assassinat de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, tué par balles le 6 février devant son domicile à Tunis, le pays est plongé dans une grave crise politique. Pointé du doigt par de nombreux Tunisiens, Ennahdha est loin d'être épargné. Le soir du meurtre, le premier ministre Hamadi Jebali annonçait, contre la volonté de la direction de son parti, qu'il souhaitait nommer un gouvernement apolitique composé de technocrates. Une guerre fratricide l'oppose depuis à Rached Ghannouchi et aux radicaux d'Ennahdha, qui refusent catégoriquement la mise en place d'un tel gouvernement. Loin d'abandonner son idée, le Premier ministre a mené des tractations et des négociations toute la semaine. Il a déclaré qu'il annoncerait demain (samedi) le succès ou l'échec - et dans ce cas, sa démission - de sa proposition de remaniement gouvernemental.

Dans cet entretien, Abdelfattah Mourou affirme qu'il soutient totalement l'initiative de Hamadi Jebali. Et déclare même que c'est lui qui a « soufflé l'idée d'un gouvernement de technocrates apolitiques » au Premier ministre.

Après avoir dénoncé le « laxisme » d'Ennahdha face aux salafistes, le « cheikh Mourou » prédit que le parti islamiste quittera le pouvoir d'ici quelques mois. « La place d’Ennahdha est dans l’opposition et elle y restera pendant 20 ans, conclut Abdelfattah Mourou. C’est ce que je prédis, moi son fondateur et son vice-président. Le peuple tunisien ne veut plus d’Ennahdha ».

___

Benjamin Roger (@benja_roger)

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : génération électro, reportage au coeur d'une révolution musicale

Tunisie : génération électro, reportage au coeur d'une révolution musicale

En Tunisie, quelques milliers de jeunes se sont rassemblés le week-end des 21 et 22 février pour le festival des Dunes électroniques, à Nefta, dans le désert, à une heure de route de Tozeu[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Tunisie : Moez Sinaoui, le porte-parole

Moez Sinaoui est directeur de communication et porte-parole de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du palais de[...]

Tunisie : Rafaa Ben Achour, le légiste

Rafaa Ben Achour est conseiller de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du palais de Carthage.[...]

Tunisie : Mohsen Marzouk, le stratège

Mohsen Marzouk est ministre conseiller en charge des affaires politiques de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du[...]

Tunisie : Ridha Belhaj, le dircab

Ridha Belhaj est ministre directeur du cabinet de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du palais de Carthage.[...]

Tunisie : les hommes du président Béji Caïd Essebsi

Conseillers, collaborateurs ou proches, ils bénéficient d'un accès direct au palais de Carthage. Et joueront un rôle clé dans le dispositif du nouveau chef de l'État.[...]

Tunisie : décès d'Abdelaziz Ben Dhia, ex-homme de confiance de Ben Ali

Abdelaziz Ben Dhia est décédé d’une longue maladie à Tunis, lundi 23 février, à l’âge de 79 ans.[...]

Gabon - Tropicale Amissa Bongo : le Tunisien Rafaa Chtioui s'épanouit loin de l'Europe

Ancien grand espoir du cyclisme ayant évolué dans des formations européennes, le Tunisien Rafaâ Chtioui, vainqueur dimanche de la 10e Tropicale Amissa Bongo, la plus grande course d'Afrique,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130215114919 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130215114919 from 172.16.0.100