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08/02/2013 à 19:30
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Des soldats français patrouillent à Gao, au Mali, le 4 février 2013. Des soldats français patrouillent à Gao, au Mali, le 4 février 2013. © Sia Kambou/AFP

L'attentat-suicide qui s'est produit à Gao, le 8 février, fait redouter aux habitants de la ville d'autres actions du même type. En brousse aussi, l'insécurité règne : les jihadistes mènent une guerre de mouvement pour échapper aux forces alliées - essentiellement maliennes, françaises et tchadiennes - qui les traquent.

À Gao, les lendemains de fête sont difficiles. Après avoir été libérée le 26 janvier, la grande ville du nord-est malien vit désormais dans la peur des attaques isolées. Vendredi 8 février, à l’aube, un kamikaze armé d’une ceinture d’explosifs et se déplaçant en moto a commis un attentat-suicide au niveau d’un check-point gardé par des soldats maliens, à l’entrée nord de la ville, selon les premiers éléments fournis par l’armée malienne.

L’explosion, qui a retenti à plusieurs kilomètres à la ronde, n’aurait fait qu’un blessé léger parmi les soldats. Le kamikaze, dont le corps a été déchiqueté, est mort. Cet attentat (le premier depuis le début de l’intervention française au Mali) a été revendiqué par le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Psychose

Depuis, les habitants de la ville s’inquiètent. « C’est la psychose. Ils veulent nous imposer leur terreur », souffle un sous-officier de l’armée malienne. « Avec ça, les gens qui avaient fui vers le sud ne risquent pas de revenir », déplore pour sa part un élu local.

Un porte-parole du Mujao a affirmé le 7 février que son groupe avait créé « une nouvelle zone de conflit ». Il a promis « des attaques de convois », des mines et des attaques kamikazes. Deux jours plus tôt, un obus avait explosé près d’un hôtel dans la même ville de Gao. Et depuis la semaine dernière, huit personnes, dont plusieurs soldats, ont péri sur la route reliant Douentza à Goursi en sautant sur des mines.

« Nous sommes dans un contexte délicat, explique un officier français. Il y a beaucoup de munitions sur le territoire. Il reste beaucoup de jihadistes isolés. Certains axes n’ont pas encore été nettoyés, et nous sommes en phase d’identification des poches de combattants. Dans les villages où l’armée française est invisible, les jihadistes reviennent ».

Ratissages

D’autres localités situées au nord de Gao sont clairement identifiées comme étant favorables aux islamistes armés. « Il va y avoir des ratissages », annonce un officier malien. Selon les informations recueillies par les services de renseignement maliens et français, les combattants des groupes islamistes se sont repliés plus au nord, dans la région de Kidal, et à l’est, vers Ménaka. « Mais il en reste également autour de Gao », indique un haut-gradé français. « Nous sommes dans une guerre asymétrique », rappelle-t-il.

Dans ce contexte, la route menant à Gao est toujours fermée aux civils par l’armée malienne. Pour se rendre dans cette ville depuis le sud, les journalistes doivent s’insérer dans les convois de l’armée française. Des colonnes interminables de chars d’assaut, de tanks et de camions, qui se déplacent lentement, et dont les soldats qui les composent sont aux aguets. La dernière colonne arrivée à Gao dans la nuit de jeudi à vendredi avait quitté Bamako mardi. « Actuellement, nous avons du monde partout. C’est une guerre de mouvement », indique-t-on du côté de l’armée française.

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Par Rémi Carayol, envoyé spécial à Gao

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