Extension Factory Builder
08/02/2013 à 18:56
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les otages encore détenus par l'Aqmi Les otages encore détenus par l'Aqmi © AFP

La France, comme les autres pays occidentaux, paye des rançons pour la libération de ses ressortissants détenus en otages au Sahel. C’est ce qu’a affirmé Vicky Huddleston, l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis au Mali. Quelques 17 millions de dollars auraient ainsi été versés aux salafistes pour la libération de quatre Français enlevés en 2010 au nord du Niger.

Vicky Huddleston est catégorique. « Il y a deux ans, Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) a pris des Français en otage dans une mine d’uranium au nord du Niger. Et pour faire libérer ses otages, la France a payé une rançon. » L’ex-ambassadrice des États-Unis au Mali, entre 2002 et 2005, affirme dans un entretien exclusif diffusé ce vendredi 8 janvier sur la chaîne française i-Télé que les autorités françaises ont bien versé une rançon d’ « environ 17 millions de dollars » à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour obtenir la libération des quatre Français enlevés au Niger en 2010. « Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins une partie, aux salafistes », a-t-elle expliqué.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Les otages étaient des employés des groupes Areva et Vinci. Ils ont été kidnappés à Arlit, dans le nord du Niger, et demeurent encore en captivité, malgré l’éventuel paiement d’une rançon - non confirmée par les autorités françaises. Idem pour les trois autres ressortissants enlevés en 2011 et 2012 sur le territoire malien par les groupes islamistes actifs dans la région.

Tout le monde sait que l’argent passe de main à main et par différents intermédiaires, [pour terminer] dans la trésorerie d’Aqmi.

Vicky Huddleston
, ancienne ambassadrice américaine à Bamako

Entre 2004 et 2011, pour libérer des otages au Sahel, les Européens auraient ainsi payé 89 millions de dollars, selon Vicky Huddleston. « Tout le monde sait que l’argent passe de main à main et par différents intermédiaires, [pour terminer] dans la trésorerie d’Aqmi. Cela leur permet d’acheter des armes et de recruter. »

Premier responsable politique à avoir réagi aux déclarations de l’Américaine, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de 2011 à mai 2012, affirme que « la France n’a jamais payé pour la libération d’otages ». « Ce n'est pas parce qu'une ancienne ambassadrice des Etats-Unis déclare ce qu'elle vient de déclarer que c'est la vérité », a-t-il ajouté.

Depuis Bruxelles où il participe au sommet des dirigeants européens, François Hollande a également écarté toute option de rançon pour la libération de sept otages français encore détenus au Sahel. «  Aujourd'hui nous sommes dans la recherche de contacts mais il n'y a pas de question financière qui puisse être évoquée. Mais nous ferons tout pour libérer nos compatriotes », a déclaré le président français.  

Même pour la libération des journalistes Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, prisonniers pendant 18 mois en Afghanistan, le gouvernement français avait nié avoir versé le moindre centime d’euro aux talibans. Encore moins pour la libération de trois humanitaires français au Yémen.

_______

Trésor Kibangula (@Tresor_k)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Afrique Subsaharienne

Centrafrique : Luanda annonce la participation des troupes angolaises à la Minusca

Centrafrique : Luanda annonce la participation des troupes angolaises à la Minusca

Un officiel de la diplomatie angolaise a annoncé lundi que Luanda enverra ses troupes en Centrafrique pour prendre part à la Minusca. Ce sera la première participation de l'Angola dans une opération de [...]

Centrafrique : des militaires tchadiens pour la sécurité de Catherine Samba-Panza ?

La présidente centrafricaine par intérim, Catherine Samba-Panza, souhaiterait que sa sécurité soit assurée par un contingent de militaires tchadiens.[...]

Moussa Mara : "Il n'y aura pas de prime à l'impunité" au Mali

Les priorités du Premier ministre malien, Moussa Mara ? La réforme territoriale, la reprise de l'aide du FMI et les négociations avec les groupes armés. Un domaine où il joue la carte de[...]

Côte d'Ivoire : pour l'accusation, Blé Goudé est responsable "de certains des pires crimes"

L'audience de confirmation des charges retenues contre Charles Blé Goudé devant la CPI a débuté lundi à la Haye. Elle doit se poursuivre jusqu'à jeudi.[...]

Séance académique

Un après-midi de septembre, quelque part à Kinshasa, une école supérieure de commerce est en effervescence. La raison en est simple : des étudiants doivent défendre leur travail[...]

Centrafrique : à la Séléka, c'est chacun pour soi

Elle contrôle encore plus de la moitié du territoire, mais jamais l'ancienne rébellion Séléka n'a été aussi divisée. Ses chefs historiques, Michel Djotodia et Noureddine[...]

Nigeria : T.B. Joshua, prophète de malheur

Sous le feu des critiques après l'effondrement d'un bâtiment abritant son Église, l'évangélique nigérian crie au complot.[...]

Niger : mandat d'arrêt contre Hama Amadou

La justice nigérienne a émis un mandat d'arrêt à l'encontre du président de l'Assemblée nationale, Hama Amadou.[...]

Criminalité au Togo : série noire de braquages meurtriers à Lomé

En moins de deux mois, plusieurs braquages sanglants ont secoués Lomé. Ce qui relance la question de l’insécurité grandissante dans la capitale togolaise.[...]

Sénégal - Procès Wade : en attendant Bibo Bourgi

Au Sénégal, le procès de Karim Wade reste suspendu à l'état de santé d'Ibrahim Aboukhalil, alias Bibo Bourgi.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers