Extension Factory Builder
08/02/2013 à 17:02
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des manifestants à l'ouverture du procès de 24 sahraouis le 1er février. Des manifestants à l'ouverture du procès de 24 sahraouis le 1er février. © AFP

Le procès de 24 sahraouis accusés d'assassinat de onze membres des forces de l'ordre marocaines, en 2010, a repris vendredi 8 février. Un feuilleton judiciaire largement commenté sur internet.

Pour la deuxième semaine de suite, Rabat vit au rythme du procès de vingt-quatre sahraouis poursuivis pour assassinat de onze membres des forces de l'ordre, lors du démantèlement, en novembre 2010, du camp de Gdim Izik, au Sahara. Le procès, qui a repris vendredi 8 février, se tient sous haute surveillance policière, pour éviter des débordements. Depuis des mois, les représentants des victimes et des accusés réclament un procès qui se fait attendre depuis plus de deux ans. En octobre, l'ouverture du procès avait été reportée sans raison avancée. Les chefs d'accusation sont lourds pour les 24 prévenus qui doivent répondre de « constitution de bandes criminelles, violences sur les forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec préméditation et mutilation de cadavres ». Les plus graves de ces crimes sont passibles de la peine de mort, au Maroc.

Face-à-face

La première séance s'est déroulée, le 1er février, devant le tribunal militaire de Rabat, qui a compétence nationale pour juger des crimes contre des militaires ou assimilés. Ce jour-là, le tribunal et ses alentours ont été littéralement pris d'assaut par des dizaines de manifestants, de journalistes et d'observateurs, venus assister à la première audience du procès de Gdim Izik. L'ouverture du procès a été l'occasion pour la défense de demander l'audition de Taïb Cherkaoui, le ministre de l'Intérieur marocain au moment des faits. Demande acceptée par le président du tribunal, qui a ajourné les débats après cinq heures d'audience. Le face-à-face s'est ensuite déplacé sur le terrain médiatique.

Après quelques heures d'hésitations, les sites web d'information marocains ont commencé à répercuter les manifestations des ayants droit des victimes tuées à Gdim Izik, qui s'étaient rassemblés devant le tribunal. En face, des militants indépendantistes et des proches des prévenus, dont la plupart ont déménagé à Salé pour se rapprocher de la prison, ont tenu un sit-in.

Cyberguerre médiatique

Sur le web, de nombreux sites internet défendent, de manières diamétralement opposées, les positions marocaine et sahraouie sur ce qui s'est passé à Gdim Izik. Côté marocain, on insiste sur le lourd bilan humain subi par les forces de l'ordre, le 8 novembre 2010. Beaucoup de sites reprennent la vidéo reconstituée par les autorités marocaines, à partir de prises de vue des hélicoptères, de caméras au sol et même des images récupérées sur un téléphone portable attestant de graves exactions commises par des séparatistes armés, lors du démantèlement du campement.

Côté sahraoui, on insiste sur le fait qu'une juridiction militaire juge des civils et sur la longue période que ces derniers ont passée en détention préventive. Les détenus ont également fait état de mauvais traitements et de tortures, depuis leur arrestation. Après avoir longtemps parié sur le fait que le procès ne se tiendrait pas, les militants pro-Polisario ont paru surpris par l'ouverture du procès.

Aujourd'hui, leur message est légèrement différent : le jugement sera de toute façon injuste. Le conflit au Sahara occidental est propice aux exagérations et à la manipulation. Surtout en temps de crise, toute information disponible sur la Toile peut être rangée dans une de ces deux cases : propagande ou contre-propagande.

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Gouvernement marocain : Mohand Laenser, l'insubmersible

Gouvernement marocain : Mohand Laenser, l'insubmersible

Le 20 mai, Mohammed VI a nommé cinq nouveaux ministres à la place de ceux qui ont démissionné. Parmi eux, Mohand Laenser, l'indéboulonnable secrétaire général du Mouvement [...]

Bientôt une usine marocaine pour PSA Peugeot Citroën

Selon l'agence "Bloomberg", non démentie par PSA Peugeot Citroën, ce dernier prévoit d'ouvrir une usine au Maroc d'une capacité inférieure à 100 000 véhicules par[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Sénégal-Maroc : Macky Sall et Mohammed VI signent 13 accords de coopération

À l'occasion de la visite du roi du Maroc au Sénégal, les gouvernements sénégalais et marocain ont signé jeudi, à Dakar, treize accords dans divers domaines, dont les douanes,[...]

Maroc : décès du général Abdelaziz Bennani, ancien numéro 2 de l'armée

L'ancien inspecteur des Forces armées royales, hospitalisé depuis plusieurs mois, est décédé mercredi 20 mai à Rabat. Parcours d'un acteur-clé de l'histoire militaire du royaume.[...]

Torture : retour sur la passe d'armes entre le Maroc et Amnesty International

L'ONG Amnesty International a publié mardi un rapport contenant de nombreuses allégations d'actes de torture commis au Maroc. La délégation interministérielle aux Droits de l'homme lui a[...]

Maroc : Fès en fête avec le festival des musiques sacrées du monde

Le Festival des musiques sacrées du monde débute ce 22 mai. Au programme : kora, guitare et percussions, mais aussi débats sur la tolérance et le pluralisme.[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : un suspect marocain arrêté en Italie

Un suspect marocain a été appréhendé mercredi dans le nord de l'Italie, pour complicité présumée dans l'attentat du Bardo. Le résultat d'une coopération avancée[...]

Festival de musique gnaoua : (ef)fusions mystiques à Essaouira au Maroc

La 18e édition du festival gnaoua d'Essaouira au Maroc s'est déroulée du 14 au 17 mai. Pendant quatre jours, cette cité de l'Atlantique a été rythmée par la rencontre des sons des[...]

Le roi du Maroc entame ce mercredi au Sénégal une nouvelle tournée africaine

Mohammed VI se rend ce mercredi au Sénégal. Son périple l'emmènera ensuite en Côte d'Ivoire, au Gabon et en Guinée-Bissau. Il s'agit de la troisième tournée africaine du roi[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers