Emmanuel Emenike (Nigeria) et Jonathan Pitroipa (Burkina), dont la sanction pourrait être levée.
© Reuters/AFP
"Jeune Afrique" a interrogé cinq spécialistes du football africain avant la finale de la CAN 2013, dimanche 10 février entre le Nigeria et le Burkina Faso au Soccer City de Johannesburg. Trois d’entre eux - Abdeslam Ouaddou, Romarin Billong et Pierre Lechantre - penchent pour les Super Eagles. Les deux autres – Patrice Neveu, Lamine N’Diaye - optent pour une victoire des Étalons, mais aux tirs au but… Comme face au Ghana mercredi en demi-finale.
Abdeslam Ouaddou (ancien international marocain) : « Victoire du Nigeria 1-0 »
« C’est une finale inattendue, qui s’annonce serrée. Je mise sur le Nigeria, ou Stephen Keshi a apporté du sang neuf à son équipe. Il s’en dégage un certain enthousiasme, une vraie joie de jouer. L’effectif est jeune, et on sent que les joueurs prennent du plaisir sur le terrain. Le Burkina Faso a déjà réussi sa CAN en parvenant en finale, et il aura moins la pression que les Nigérians. Mais les absences d’Alain Traoré et de Jonathan Pitroipa risquent d’être difficiles à surmonter. »
Patrice Neveu (sélectionneur de la Mauritanie) : « Victoire du Burkina Faso aux tirs au but »
« J’ai envie de voir le Burkina Faso s’imposer, et il en est capable, malgré les absences de certains joueurs. C’est une équipe bien organisée, solide, avec Kaboré qui fait une très belle compétition. Le Nigeria lui est peut-être supérieur, mais lors du match du premier tour (1-1, le 21 janvier), cela ne s’était pas vu. Je m’attends à un match serré, peut-être pas très ouvert, et qui devrait aller assez loin dans le temps. Les Burkinabés ont une prolongation de plus dans les jambes, mais ils sont prêts à se surpasser. »
Romarin Billong (ancien international camerounais) : « Victoire du Nigeria 3-1 »
« Je ne suis pas surpris de voir le Nigeria en finale, car j’en avais parlé lors d’une émission pendant la première semaine du tournoi. En Afrique, les Super Eagles n’ont peur de personne, sauf du Cameroun ! C’est un pays qui a une culture du haut niveau et de la gagne. L’équipe actuelle allie puissance et vitesse, ce qui n’a par exemple pas été le cas d’autres équipes, notamment celles du Maghreb. Obi Mikel régule très bien le jeu, en perdant un minimum de ballons. Le Burkina Faso n’est pas là par hasard, et il a démontré d’intéressantes qualités offensives et collectives. Mais défensivement, c’est assez moyen. »
Lamine N’Diaye (entraîneur sénégalais du TP Mazembe) : « Victoire du Burkina Faso aux tirs au but »
« Ce sera ouvert, et je pense que les Burkinabés, malgré les absences de Traoré et Pitroipa, peuvent l’emporter. Leur collectif est homogène, et en dépit des efforts demandés par leur prolongation face au Ghana, le fait d’avoir atteint la finale et de pouvoir être champions d’Afrique pour la première fois de leur histoire va atténuer la fatigue. J’ai aussi apprécié la qualité du jeu offensif nigérian, et certaines de ses individualités. Mais ma faveur va aux Étalons. »
Pierre Lechantre (ancien sélectionneur du Cameroun et du Mali) : « Victoire du Nigeria 2-0 »
« Sans hésiter ou presque, je vote Nigeria ! C’est vraiment mon favori, et ce qu’il a montré contre le Mali (4-1) en demi-finale conforte mon raisonnement. Retrouver ces deux équipes répond à une certaine logique, puisqu’elles font partie des deux plus offensives de cette CAN assez frileuse. Le Nigeria est plus fort collectivement, et il a peu de points faibles. Il se dégage une vraie qualité technique et athlétique, et il y a un fond de jeu. Le Burkina Faso a tendance à jouer davantage sur ses individualités. Mais comme Traoré et Pitroipa seront absents, cela me semble vraiment être un handicap trop important pour lui. »

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