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07/02/2013 à 16h:33
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Des proches de l'opposant tunisien assassiné Chokri Belaïd, le 7 février. Des proches de l'opposant tunisien assassiné Chokri Belaïd, le 7 février. © AFP

La centrale syndicale historique UGTT a décidé, jeudi 7 février, d'appeler à la grève générale vendredi. Dans le même temps, les manifestations se poursuivaient dans tout le pays pour dénoncer l'assassinat de Chokri Belaïd, un avocat défenseur des droits de l'Homme et opposant de gauche.

La Tunisie n’avait pas connu une telle situation depuis 1978 - à part la révolution de 2011. Emboîtant le pas à quatre partis politiques, la centrale syndicale historique UGTT, forte de 500 000 membres, « a décidé d'appeler à la grève générale vendredi, lors d'une réunion extraordinaire de sa direction élargie », a indiqué le syndicat dans un bref communiqué, jeudi 7 février.

Les avocats et magistrats observaient de leur côté une grève dès jeudi pour dénoncer l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, un avocat défenseur des droits de l'Homme. Les salles d'audience du principal tribunal de Tunis étaient vides.

Dans le même temps, des heurts ont opposé quelques centaines de manifestants et des policiers à Tunis et Gafsa (centre), après les graves violences de la veille qui ont fait un mort dans les rangs de la police dans la capitale. À Siliana (nord-est), des manifestants ont brûlé aussi le siège du parti islamiste Ennahdha, au pouvoir.

Crise gouvernementale

Face aux risques d'instabilité, l'ambassade de France a appelé ses quelque 25 000 ressortissants à la prudence et annoncé la fermeture des écoles françaises (plus de 7 000 élèves) vendredi et samedi.

Le gouvernement n'est plus capable de gérer les affaires du pays, tout comme l'ANC. Ils doivent démissionner dans l'intérêt du peuple.

Béji Caïd Essebsi, leader de Nidaa Tounès

Un peu plus tôt dans la journée, le parti islamiste Ennahdha a refusé la dissolution du gouvernement souhaitée par le Premier ministre issu de ses rangs, Hamadi Jebali, et annoncé vouloir poursuivre les discussions sur un éventuel remaniement.

L'annonce du Premier ministre avait pourtant été bien accueillie par l'opposition et la société civile. Une partie de l'opposition et la famille du défunt accusent Ennahdha d'être responsable de l'assassinat de Belaïd. Le parti islamiste a rejeté ces accusations, alors qu'une milice qui lui est proche a été régulièrement accusée d'attaquer les opposants au pouvoir en place.

Des opposants ont par ailleurs réclamé la dissolution de l'Assemblée nationale constituante (ANC) qui, depuis 15 mois, ne parvient pas à rédiger de Constitution faute de compromis réunissant les deux-tiers des députés. « Le gouvernement n'est plus capable de gérer les affaires du pays, tout comme l'ANC. Ils doivent démissionner dans l'intérêt du peuple », a déclaré à radio Shems-FM, Béji Caïd Essebsi, ex-Premier ministre qui dirige la formation Nidaa Tounès.

(Avec AFP)
 

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