Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a annoncé la formation d'un gouvernement de technocrates "sans appartenances politiques". Une décision qui intervient dans un contexte de crise suscitée par l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd.
Il y pensait depuis plusieurs jours pour résoudre la crise gouvernementale. Face à l’intransigeance des ultras de son parti qui ne voulait céder aucun portefeuille régalien, le Premier ministre Hamadi Jebali (Ennahdha) a finalement annoncé la formation d’un gouvernement de technocrates, dans un contexte d’extrême tension populaire causée par l’assassinat de l’opposant de gauche Chokri Belaïd, mercredi 6 février.
« J'ai décidé de former un gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique qui aura un mandat limité à la gestion des affaires du pays jusqu'à la tenue d'élections dans les plus brefs délais », a-t-il déclaré dans une adresse télévisée à la Nation.
L'ANC aura le dernier mot
Le Premier ministre assure que cette décision était arrêtée avant l’assassinat de Belaïd. Celui-ci « a accéléré ma prise de position pour laquelle j'assume ma responsabilité entière devant Dieu et devant notre peuple », a-t-il déclaré. Jebali ne fixe cependant pas de date pour l’annonce de la liste des nouveaux ministres, laquelle devra être confirmée par l'Assemblée nationale constituante (ANC). Depuis des mois, la troïka au pouvoir ne parvenait pas à s’entendre sur la distribution des ministères régaliens.
Les alliés laïcs des islamistes réclamaient que ces ministères soient confiés à des indépendants, ce à quoi la frange dure d'Ennahdha se refusait. Les nouvelles élections générales ne pourront pas avoir lieu avant l'adoption d'une Constitution dont la rédaction est dans l'impasse depuis des mois faute de compromis à la Constituante formée en octobre 2011.
(Avec AFP)

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