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06/02/2013 à 17:44
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Des Tunisiens rassemblés devant le ministère de l'Intérieur, jeudi 6 février, à Tunis. Des Tunisiens rassemblés devant le ministère de l'Intérieur, jeudi 6 février, à Tunis. © Fethi Belaid:AFP

L'émotion est vive en Tunisie après l'assassinat par balles, devant chez lui, de l'opposant d'extrême gauche Chokri Belaïd, jeudi 6 février. Des barricades ont été érigées à Tunis et l'opposition a annoncé qu'elle suspendait tous ses travaux à l'Assemblée nationale constituante.

L’assassinat, mercredi 6 février au matin, du secrétaire général du Parti unifié des patriotes démocrates (PUPD), Chokri Belaïd, émeut l’opinion internationale. Le Parlement européen, auquel rendait visite le président tunisien Moncef Marzouki, a observé une minute de silence en hommage à l’opposant et défenseur des libertés tunisien. Certains députés, comme Daniel Conh-Bendit, ont même fini en pleurs après le discours de Marzouki...

Et même s’ils n’étaient pas du même bord politique que l'avocat de 48 ans, ses compatriotes sont en deuil. Sur l’avenue Bourguiba, un cortège de près de 6 000 manifestants fortement éprouvés et parfois en larmes demandaient la démission du gouvernement et reprenaient le fameux « dégage » de la révolution du 14 janvier.

>> Suivre l'évolution en direct des événements sur Jeune Afrique

À l’opposé de la liesse révolutionnaire, ce 6 février est d’une terrible tristesse et pose la question des grands équilibres du pays. Désormais le gouvernement issu du premier scrutin libre de Tunisie, le 23 octobre 2011, se trouve directement confronté à la colère d'une partie de ceux qui l’ont élu. Alors que la dépouille de Chokri Belaïd empruntait l’avenue Bourguiba pour un hommage populaire, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à employer des gaz lacrymogène contre la foule qui défilait pacifiquement, même si elle arborait des slogans hostiles au pouvoir.

Grève générale

« Ils n’ont même pas de respect pour les morts », hurlait une jeune manifestante tandis qu’un de ses compagnons à terre était frappé à coups de casque par les policiers déployés partout au centre de la capitale. Les partis politiques de l’opposition, réunis en urgence, ont décidé d’une grève générale, exigé des obsèques nationales et demandé la démission du gouvernement. Ils se sont aussi accordés pour suspendre la participation de leurs élus à l’Assemblée nationale constituante (ANC).

Partout ailleurs dans le pays, le retour au calme se faisait attendre en fin d’après-midi. Si beaucoup font endosser à Ennahdha la responsabilité – au moins morale - de l’assassinat, certains appellent à la prudence. La responsabilité du gouvernement est certes engagée pour n’avoir pas protégé Chokri Belaïd en tant qu’homme politique ; celle d’Ennahdha, aussi, pour avoir souvent désigné Chokri Belaïd comme fomentateur de l’agitation sociale que connaît le pays… Mais le drame ne sert en rien leur cause, bien au contraire. La situation politique du pays est si fragile qu’elle pourrait à tout moment basculer dans une violence civile incontrôlable.

__________

Par Frida Dahmani, à Tunis

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