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06/02/2013 à 09:36
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Des troupes françaises sur la base de Sévaré. Des troupes françaises sur la base de Sévaré. © AFP

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé mardi 5 février que les militaires français se retireront du Mali dès le mois de mars. Les autorités françaises ont par ailleurs évoqué, pour la première fois, un bilan de "centaines" de combattants islamistes radicaux tués depuis le début de l'intervention militaire.

Pour certains soldats français, l'intervention au Mali aura été de courte durée. D'après le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, les forces françaises engagées dans l'opération Serval - lancée le 11 janvier - commenceront à plier bagage à partir du mois du mars.

« Je pense qu'à partir de mars, si tout se passe comme prévu, le nombre de troupes françaises devrait diminuer », a déclaré le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, dans un entretien avec le quotidien Metro à paraître mercredi. « La France n'a pas vocation à rester durablement au Mali. Ce sont les Africains et les Maliens eux-mêmes qui doivent être les garants de la sécurité, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de ce pays », a répété le ministre, évoquant un « passage de relais » à la Misma, la force ouest-africaine pour le Mali.

Cette force doit à terme comprendre environ 6 000 soldats, dont 2 000 seulement sont déjà au Mali. Un contingent distinct de 2 000 Tchadiens est, quant à lui, déjà presque entièrement déployé. Quelque 4 000 soldats français sont aujourd'hui sur le théâtre des opérations, plus de trois semaines après le début de l'intervention française.

"Plusieurs centaines" d'islamistes radicaux tués

Par ailleurs, pour la première fois, les autorités françaises ont donné mardi soir un bilan des frappes aériennes et des combats « frontaux » qui opposent soldats français et maliens aux groupe islamistes armés dans le nord du Mali. D'après elles, « plusieurs centaines » de combattants islamistes ont été tués en plus de trois semaines d'intervention militaire. Ils ont péri dans les « frappes aériennes » françaises sur des pick-up transportant des hommes ou du matériel de guerre et pendant « des combats directs, frontaux à Konna (centre) et Gao (nord) », a précisé le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian.

Côté français, un officier français, pilote d'hélicoptère, a été tué le 11 janvier, premier jour de l'opération française. Bamako avait fait état à la mi-janvier de onze militaires maliens morts à Konna, mais n'a pas donné d'autre bilan depuis.

Sur le terrain, les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont affirmé mardi qu'ils « coordonnaient » leurs actions dans le nord du Mali avec les forces françaises contre les « terroristes » islamistes en fuite. Un porte-parole, qui a défendu le « réel engagement » du MNLA « dans la lutte contre le terrorisme », n'a pas donné de détails sur la façon dont le groupe coopérait avec les soldats français à Kidal, à 1 500 km au nord-est de Bamako, près de la frontière algérienne. Le ministre français de la Défense a pour sa part reconnu que les soldats français avaient à Kidal « des relations fonctionnelles avec le MNLA ». « À partir du moment où le MNLA déclarera - il semble qu'il le fasse - qu'il n'est ni terroriste, ni scissionniste, et qu'il veut rentrer dans le dialogue interne au Mali qu'il faut engager, il sera à la table » des discussions, a-t-il ajouté.

Les soldats français contrôlent l'aérodrome de la ville, Kidal étant elle-même « sécurisée » par quelque 1 800 Tchadiens. Ancien bastion du groupe islamiste armé Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam), Kidal est passée sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, dissidence d'Ansar Dine s'affirmant "modérée") et des rebelles touaregs du MNLA juste avant l'arrivée de soldats français dans la nuit du 29 au 30 janvier.

Traque dans le massif des Ifoghas

Ces deux groupes ont apporté leur soutien à l'entrée dans la ville de soldats français, mais ont refusé la présence de militaires de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), dont ne fait pas partie le Tchad, de crainte d'exactions contre les Arabes et les Touaregs, souvent assimilés aux groupes islamistes.

Les soldats français poursuivent dans le même temps leur traque des chefs et combattants islamistes qui se seraient réfugiés dans le massif des Ifoghas, au nord de Kidal, près de la frontière algérienne. Des frappes aériennes massives ont été effectuées ces derniers jours dans la région de Tessalit et d'Aguelhok, au nord de Kidal, visant « principalement des dépôts logistiques et des centres d'entraînement ». Selon le ministre français de la Défense, ces frappes se poursuivaient mardi soir.

C'est aussi dans cette région de grottes et de montagnes que se trouveraient les sept otages français enlevés au Niger et au Mali, en 2011 et 2012, par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et un autre groupe islamiste armé, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Selon des sources de sécurité et un député malien touareg, une délégation des Touaregs des Ifoghas a récemment rencontré leurs ravisseurs, assurant que certains se sont montrés dans « de bonnes dispositions ».

Parmi les chefs islamistes probablement réfugiés dans les Ifoghas figurent l'Algérien Abou Zeïd, un des émirs les plus radicaux d'Aqmi, et Iyad Ag Ghaly, chef d'Ansar Eddine, ex-rebelle touareg malien des années 1990, originaire de Kidal, qui connaît parfaitement la région.

À Gao, la plus grande ville du Nord du Mali, reprise le 26 janvier par les soldats français et maliens, le Mujao a affirmé mardi avoir attaqué les positions des soldats français et africains, une information démentie par la force ouest-africaine, alors que des témoins ont fait état d'explosions lointaines.

(Avec AFP)

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