Extension Factory Builder
05/02/2013 à 08:44
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Joe Biden et François Hollande à l’Elysée, à Paris, le 4 février 2013. Joe Biden et François Hollande à l’Elysée, à Paris, le 4 février 2013. © AFP

La France et les États-Unis ont clairement exprimé, lundi 4 février, leur préférence pour la transformation de la Misma en une force onusienne, qui pourrait intégrer des soldats français et tchadiens. Le Mali y est favorable mais se méfie de ce qui pourrait vite devenir un dispositif lourd et peu efficace face à des jihadistes déterminés.

Au siège des Nations unies, à New-York, on s’interroge sur le meilleur moyen de venir en aide au Mali. Arrivé à Bamako le 19 janvier, le Mozambicain João Bernardo Honwana, directeur de la section Afrique de l’Ouest et du département des Affaires politiques, s’efforce de trouver la bonne formule avec des autorités maliennes méfiantes.

Car si ces dernières souhaitent que les troupes ouest-africaines de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) passent sous mandat onusien, elles redoutent de se retrouver avec un dispositif lourd, budgétivore et peu efficace, type Onuci (Côte d’Ivoire) ou Monusco (RDC). Interrogé lundi 4 février sur l’éventualité de la création d’une force onusienne de maintien de la paix, le chef de la diplomatie malienne, Tiéman Coulibaly, s'est montré circonspect. « Maintien de la paix, pour quel objectif ? » a-t-il demandé.

Pas de "maintien de la paix" avec des terroristes

« Aujourd'hui, nous combattons le terrorisme. La Misma est une mission d'assistance au Mali. Si elle doit être transformée en force de maintien de la paix, il faut définir entre qui et qui. Maintenir la paix entre le Mali et des terroristes ? Non. Et des négociations avec des terroristes sont hors de question », a-t-il ajouté. Les négociations ne font que commencer mais l’implication de l’ONU comporterait de nombreux avantages. La France et les États-Unis ont en tout cas déjà clairement montré leur préférence.

« Nous sommes tombés d'accord sur le fait que la force africaine au Mali soit aussi rapidement que possible placée sous l'autorité de l'ONU », a déclaré Joe Biden lors d'une conférence de presse avec François Hollande, lundi 4 février à Paris. Le président français souhaite lui aussi une force de « maintien de la paix » dans le cadre de ce que l’ONU avait autorisé : une force africaine (de 3 300 hommes) avec soutien logistique des pays occidentaux volontaires et une formation de l’Union européenne. L’entrée en guerre de la France au Mali avec l’opération Serval, le 11 janvier, avait cependant changé la donne.

Présence française

Mais le cadre onusien serait le seul possible pour assurer et légitimer une continuité de la présence des troupes françaises au Mali. Paris pourrait contribuer au nouveau dispositif sous la forme d'une force de réaction rapide basée à Bamako, et avec des forces spéciales au Nord-Mali. « Nous jouerons à ce moment notre rôle évidemment », a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, au sujet de l’éventuelle force de Casques bleus. « Toute la question est de savoir combien d'hommes (français) on va laisser, c'est au cœur des discussions à venir », explique-t-on à Paris.

L’entourage du Premier ministre malien, Diango Cissoko, se montre sur ce dernier point optimiste, le secrétaire général adjoint chargé du maintien de la paix étant le Français Hervé Ladsous. Autre avantage d’une force onusienne : elle offrirait un cadre stable au contingent de soldats tchadiens (non membre de la Cedeao) qui prend part aux opérations militaires avec ce qui reste de l'armée malienne, sous-équipée et en manque de formation et d'entraînement, alors que les forces africaines de la Misma commencent à peine à arriver sur le terrain - il faudra beaucoup de temps pour qu'elles soient opérationnelles.

Enfin, dernier atout d'un mandat de l'ONU - et non des moindres : l'aspect financier. Une mission de Casques bleus est automatiquement financée par le budget de l'ONU, et non par des donations de pays volontaires.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Affaire Kadhafi - Sarkozy : le Malien Bany Kanté nie avoir joué un rôle de 'porteur de valise'

Affaire Kadhafi - Sarkozy : le Malien Bany Kanté nie avoir joué un rôle de "porteur de valise"

Soupçonné par la justice française d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, le Malien Cheick Amad[...]

Exclusif - Financement présumé de Sarkozy par Kadhafi : demande d'entraide judiciaire de la France au Mali

Rebondissement dans l'enquête sur le financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007. Soupçonnant certains hommes d'affaires maliens d'être[...]

Mali - OIF : Dioncounda Traoré, le lièvre de Bamako

Après des mois d'hésitations, l'ancien chef de l'État malien se lance enfin dans la course pour succéder à Abdou Diouf à la tête de l'OIF. Le soutien du président IBK[...]

Nord du Mali : deux soldats burkinabè tués, quatre blessés dans un attentat suicide

Deux soldats burkinabè de la force de l'ONU au Mali ont été tués samedi et quatre blessés dans un attentat-suicide à Ber, dans le nord du Mali, a-t-on appris de source sécuritaire[...]

Mali : les négociations de paix d'Alger reportées au 1er septembre

Après une première phase préparatoire en juillet, les pourparlers entre le gouvernement malien et les groupes armés vont reprendre le 1er septembre à Alger et non plus le 17 août comme[...]

Mali : trois jihadistes, dont un proche de l'émir d'Aqmi au Sahel, arrêtés par l'armée française

Trois présumés jihadistes, dont un proche de Djamel Okacha, ont été arrêtés par l'armée française le 10 août près de Tombouctou.[...]

Mali : Karim Keïta, ascenseur pour un novice

Le fils du président malien, Karim Keïta, déjà président de la Commission de la Défense de l'Assemblée, multiplie les interventions à l'étranger. Une manière de[...]

Mali - Yero Ould Daha : "Le Mujao nous protégeait du MNLA"

Yero Ould Daha, ancien cadre du Mujao à Gao, a rejoint le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), groupe armé opposé au MNLA qui participe aux négociations d'Alger en vue d'un accord de paix.[...]

Le Mali relâche un ex-responsable jihadiste arrêté par les militaires français

Un ancien responsable du Mujao, un groupe islamiste armé, arrêté la semaine dernière à Gao, dans le nord du Mali, par les militaires français de l'opération Barkhane, a[...]

Vol AH 5017 : l'enregistrement des conversations des pilotes est "inexploitable" pour le moment

Le Bureau français d'enquêtes et d'analyses (BEA) a livré les premières informations sur les circonstances du crash du vol AH5017. Selon son directeur, l'avion d'Air Algérie ne s'est probablement[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers