La rencontre prévue entre Paul et Chantal Biya et la diaspora camerounaise de France n'a pas eu lieu. Après avoir fait attendre pendant près de trois heures ses invités, le 1er février, le couple présidentiel s'est fait porter pâle. Provoquant l'indignation des personnalités présentes.
Ils étaient venus en nombre, les Camerounais de la diaspora triés sur le volet pour une rencontre, ce 1er février, avec le président Paul Biya, en visite à Paris. Parmi le demi-millier d’invités venus de tous les coins de l’Hexagone, des stars comme Manu Dibango, Douleur, Sallé John, mais aussi le docteur Elie Kamgue, président du Club Efficience (à l’origine du Gotha Noir, le Who’s Who’s des Africains de France). Pour immortaliser l’événement, une nuée de photographes ainsi que la désormais inévitable Africa 24.
Costume-cravate impeccable pour les hommes, robes cocktail et talons aiguilles pour les dames – le prestige du pavillon D’Armenonville oblige -, ils se réjouissaient visiblement des trois heures d’échanges annoncées avec le couple présidentiel. Mais c’est un public torturé pendant trois heures, en position debout, sans doute assoiffé et affamé, qui a fini par comprendre, moins de dix minutes avant la fin théorique de l’évènement, que Chantal et Paul Biya lui avait posé un beau lapin.
"Urgence"
Venu à leur place, « le représentant personnel du chef de l’État », Pierre Moukoko Mbonjo, ministre des Relations extérieures, a tenté, sous les clameurs de désapprobation, de redire toute l’attention que le président camerounais porte à ses compatriotes de l’extérieur. Quant à l’excuse avancée pour ce faux bond… « Une urgence », expliquent les autorités du Cameroun, « un manque total de respect », de l’avis des invités.
Aucun des deux camps ne semble dans le vrai. Paul Biya n’avait simplement peut-être pas envie de se déplacer, faute d’annonces intéressantes à faire. La diaspora l’attendait notamment sur la question de la double nationalité qui, selon elle, présente plus d’avantages que d’inconvénients, et sur des sujets économiques (simplification des démarches et soutien à la création d’entreprise, possibilité de répondre aux appels d’offres publiques…). Mais elle devra encore prendre son mal en patience : il a bien fallu plusieurs décennies pour voir promulguée, le 13 juillet 2011, la loi accordant le droit de vote aux Camerounais de l’étranger.
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Par Clarisse Juompan-Yakam

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