Extension Factory Builder
04/02/2013 à 14:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des soldats en état d'alerte le 3 février 2013 à Benghazi. Des soldats en état d'alerte le 3 février 2013 à Benghazi. © Abdullah Doma/AFP

Deux ans après le début de la révolte qui a conduit à la chute de Mouammar Kadhafi, les nouvelles autorités libyennes peinent à satisfaire les besoins d’une population en colère. Des appels au soulèvement trouvent un certain écho et inquiètent Tripoli.

Les Libyens sont en colère. Des milliers d’entre eux prévoient de manifester leur exaspération le 15 février prochain, à l’occasion du deuxième anniversaire du soulèvement populaire qui a emporté le régime de Mouammar Kadhafi.

Les protestataires accusent les nouvelles autorités d’inertie dans la mise en œuvre des réformes promises. Les revendications foisonnent : bannissement des responsables de l’ancien régime, démantèlement des milices armées ou réformes de l’enseignement supérieur...

Aux origines de la grogne populaire, la cherté de la vie et le chômage endémique chez les jeunes. Autre explication : les revendications insatisfaites portant sur le « fédéralisme et la contestation des décisions et des choix de l'Assemblée et du gouvernement, explique Mohamed al-Mufti ancien prisonnier politique. Les appels à manifester sont justifiés par une accumulation de problèmes ».

Protestations pacifiques ?

Pour Zahia Attia, militante politique, « il s'agira de sit-in et de marches de protestation pacifiques pour dénoncer l'échec de l'Assemblée nationale à réaliser des avancées dans des dossiers tels que la réconciliation nationale, la répartition des ressources, (...) et la rédaction d'une Constitution ».

Mais en plus des appels à manifester, les appels à une seconde révolution se multiplient aussi. Un tract circulant à Tripoli appelle ainsi à un « soulèvement populaire » et à la « désobéissance civile », pour « faire tomber le régime », encourageant les Libyens à faire des réserves de nourriture et de carburant, en prévision d'une paralysie du pays à partir du 15 février. Des appels relayés sur les réseaux sociaux et dans certains médias.

Hantés par les violences qui ont émaillé le deuxième anniversaire de la révolution égyptienne du 25 janvier, les nouvelles autorités de Tripoli ont pris la menace très au sérieux et placé les forces de sécurité en état d’alerte.

Le ministre de l'Intérieur libyen, Ashour Shwayel, a exprimé ses « craintes de voir les mouvements de protestation du 15 février perdre leur caractère pacifique », tout en soulignant « le droit de chaque citoyen (...) à exprimer son opinion politique ».

Désordre et instabilité

La société civile libyenne, elle, souhaite des manifestations pacifiques. « Les revendications doivent porter sur la correction du processus de la révolution et non sur la contestation ni de l'Assemblée nationale, ni du gouvernement, qui sont des institutions légitimes », a déclaré Amor Bouchada, un membre de la coordination de la société civile libyenne.

Des responsables et plusieurs organisations, dont des groupes islamistes, accusent des fidèles de l'ancien régime d'être derrière ces appels à manifester destinés, selon eux, « à semer le désordre et à perpétuer l'instabilité dans le pays ».

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Libye

Trois ans après Kadhafi, les Libyens entre déception et peur

Trois ans après Kadhafi, les Libyens entre déception et peur

Le 20 octobre 2011 chutait Mouammar Kadhafi. Trois ans plus tard, nombre de Libyens sont déçus, tant le pays est plongé dans le chaos et livré aux milices.[...]

Libye : la deuxième vie de Khalifa Haftar au Tchad et la défaite finale de Ouadi Doum

Khalifa Haftar a récemment refait surface en prenant en Libye la tête d'une offensive toujours en cours contre les milices islamistes de Misrata et Benghazi. Dans ce quatrième et avant-dernier billet de[...]

Libye : 75 morts en moins d'une semaine dans les combats de Benghazi

Neuf personnes ont été tuées dimanche dans de nouvelles violences à Benghazi, portant à 75 le bilan des morts depuis le début d'une offensive contre les groupes islamistes qui[...]

Libye : les États-Unis et des pays européens réclament la fin des combats

Les Etats-Unis et les grandes puissances d'Europe occidentale ont réclamé samedi la "fin immédiate" des combats en Libye, où des forces gouvernementales ont lancé des[...]

Libye : Abdelhakim Belhadj prend du galon

Ancien opposant à Kadhafi, l'islamiste nationaliste Abdelhakim Belhadj  s'impose comme un interlocuteur incontournable au milieu du chaos libyen.[...]

Libye : au moins 17 morts en 24 heures à Benghazi

Au moins 17 personnes ont été tuées en 24 heures dans les affrontements à Benghazi, selon une source hospitalière.[...]

Libye : la deuxième vie de Khalifa Haftar (suite)

Khalifa Haftar a récemment refait surface en prenant en Libye la tête d'une offensive toujours en cours contre les milices islamistes de Misrata et Benghazi. Dans ce troisième billet de blog, Laurent[...]

Attaque du consulat américain de Benghazi : Ahmed Abou Khattala encourt la peine de mort

Un jury américain a prononcé mardi une nouvelle série d'inculpations à l'encontre d'Ahmed Abou Khattala, le cerveau présumé de l'attaque du consulat américain de Benghazi, en [...]

En Libye, à quoi joue le Soudan ?

À Tobrouk, les autorités libyennes regardent toujours Karthoum de travers...[...]

En Libye, Ban Ki-moon appelle à un cessez le feu et incite au dialogue

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé samedi à la fin des hostilités en Libye, au cours d'une visite éclair destinée à donner un coup de pouce au[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers