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02/02/2013 à 23:56
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François Hollande et Dioncounda Traoré, après un discours à Bamako, le 2 février 2013. François Hollande et Dioncounda Traoré, après un discours à Bamako, le 2 février 2013. © Eric Feferberg/AFP

François Hollande a été accueilli avec enthousiasme au Mali, samedi 2 février. Récit d'une journée haute en couleurs.

François Hollande et Dioncounda Traoré se sont quittés par une longue accolade sur le tarmac de l’aéroport de Bamako, samedi 2 février. La nuit venait à peine de tomber et les deux présidents de saluer leurs troupes, quand Hollande a repris le chemin de Paris. Les deux hommes ont passé la journée à parcourir ensemble un pays en guerre, à discourir devant des foules ferventes et à saluer le « courage » des militaires engagés au front... « Ils ne se sont presque pas quittés », confie un conseiller du président français.

Hollande et Traoré se sont d’abord retrouvés sur la piste de l’aéroport de Sévaré à l’aube. Puis ils se sont rendus à Tombouctou, ville fraîchement libérée du joug des jihadistes, où les attendaient des milliers de Maliens enthousiastes. Le voyage s'est terminé à Bamako : déjeuner avec les « forces vives de la nation » (représentants des partis politiques, autorités religieuses, associations de femmes) pour évoquer une étape tout aussi délicate que celle de la guerre proprement dite :  « l’après » ; discours sur la place de l’Indépendance, devant des centaines de personnes venues acclamer Hollande « le libérateur » ; et enfin hommage aux soldats des armées malienne, française et africaines au niveau de la base française, située dans l’enceinte de l’aéroport international.

"Des élections avant le 31 juillet"

Devant les centaines de Bamakois qui s’étaient massés place de l’Indépendance pour saluer le président français, Dioncounda Traoré a réitéré sa promesse faite lors du dernier sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, relative à la tenue de l’élection présidentielle « avant le 31 juillet » de cette année. « Cela semble une gageure aujourd’hui, mais nous pensons que c’est possible », a-t-il déclaré, tout en lançant un message à François Hollande : « Je ne doute pas que vous nous aiderez à gagner ce pari aussi ».

Ferveur

De ce jour - « le plus beau de ma vie politique », a-t-il osé, certainement emporté par la ferveur des Maliens venus lui rendre grâce sur la place de l’Indépendance -, il gardera peut-être l’image de cet homme brandissant une pancarte venue d’un autre temps, semblant exhaler de vieux effluves coloniaux : « Merci à Papa Hollande et aux tontons Le Drian et Fabius », les ministres de la Défense et des Affaires étrangères qui accompagnaient le président français dans son périple d’une journée.

Qui aurait pu prédire, il y a de cela deux ans, qu’un président français serait ainsi accueilli ? Qui aurait pu imaginer qu’en lançant : « La France restera le temps qu’il faudra » au Mali, un président français ne serait pas hué, mais acclamé par une foule en liesse ?

« Je souhaitais venir ici pour dire tout mon soutien à nos soldats, a indiqué Hollande au cours d’une conférence de presse organisée en milieu de journée. Mais aussi pour saluer l’action des Africains : les Maliens et les forces de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali, NDLR). Je voulais aussi dire aux Maliens que nous n’avons pas terminé, que nous avons à poursuivre notre action. Je voulais enfin avoir une discussion amicale avec le président Traoré car il été décisif pour mobiliser la communauté internationale et la France ».

Retrait "inscrit"

Si la France « a fait son devoir sur le plan militaire », elle aidera le Mali à se reconstruire et à se développer, a-t-il ajouté, tout en précisant que « le terrorisme a été chassé », mais qu’il « n’a pas encore été vaincu ».

Hollande pouvait fanfaronner. Après trois semaines d’opérations armées, les principales villes du nord ont été reprises aux combattants des mouvements jihadistes, et l’armée française ne déplore qu’un mort auquel Hollande a rendu hommage à plusieurs reprises. Mais il l’a dit et redit : la victoire n’est pas totale. La menace est réelle. Il s’est d’ailleurs bien gardé d’annoncer une date de retrait des troupes françaises. « Le retrait, il est inscrit. Il n’y a aucun risque d’enlisement », a-t-il tenu à rassurer, tout en admettant que la France « n’a pas encore terminé » sa tache.

Aujourd’hui au nombre de 3 500, les soldats français devraient petit à petit se retirer pour laisser la place aux armées maliennes et ouest-africaines. Mais dans l’entourage du président comme au sein de l’état-major, on ne cache pas que la mission de la France sera longue. « Aujourd’hui, l’objectif est de passer le flambeau à la Misma, mais on est incapables de dire quand cela sera possible », admet un sous-officier de l’armée française. D’ici là, les drapeaux français qui inondent les principales villes libérées et la capitale Bamako auront peut-être pris un coup de vieux. Des Maliens s’interrogent d'ailleurs sur les conditions de la prise de Kidal sans l’appui de l’armée malienne.

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Par Rémi Carayol, envoyé spécial à Bamako

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