Le ministère sénégalais de la Justice a annoncé, jeudi 31 janvier, que le tribunal spécial créé en décembre dernier pour juger l’ancien président tchadien, Hissène Habré, démarrera ses activités le 8 février. Aucune date n'a été fixée pour l'instant pour le début du procès.
On ne sait toujours pas quand aura lieu le procès d'Hissène Habré. Mais le ministère sénégalais de la Justice a annoncé, jeudi 31 janvier, que le tribunal spécial créé en décembre pour juger l’ancien président tchadien démarrera ses activités le 8 février.
« La cérémonie de lancement des activités des chambres africaines extraordinaires créées au sein des juridictions sénégalaises pour juger les crimes commis au Tchad entre le 7 décembre 1982 et le 1er décembre 1990 aura lieu le vendredi 8 février 2013 » au palais de justice de Dakar, a indiqué le ministère dans un communiqué. « Cette cérémonie solennelle sera présidée par Ciré Aly Ba, administrateur desdites chambres, en présence des magistrats qui ont été désignés récemment par le Conseil supérieur de la magistrature », précise le texte.
« Après 22 ans d'abnégation et de ténacité, les victimes de Hissène Habré vont enfin entrevoir la lumière au bout du tunnel », a réagi Reed Brody, porte-parole de Human Rights Watch, qui soutient les victimes du régime de l'ex-président Habré. « Le Sénégal envoie ainsi un message fort aux dirigeants d'Afrique et d'ailleurs : en commettant des atrocités contre leur population, ils courent le risque de se retrouver un jour face à leurs victimes », a-t-il dit.
Quatre chambres extraordinaires
L’accord signé en août entre le gouvernement et l'Union africaine (UA), puis approuvé le 19 décembre par les députés sénégalais, prévoit la création de quatre chambres africaines extraordinaires dans les juridictions sénégalaises : deux pour l'instruction et l'accusation, une Cour d'assises et une Cour d'appel, formées de juges africains, dont des Sénégalais, devant être nommés par l'Union africaine (UA).
Hissène Habré vit en exil à Dakar depuis sa chute après huit ans au pouvoir au Tchad (1982-1990). Il est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture. Des ONG parlent de 40 000 personnes tuées durant sa présidence.
Le Sénégal avait été mandaté en juillet 2006 par l'UA pour le juger, mais l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade n'a jamais organisé de procès. Son successeur, Macky Sall, qui a pris ses fonctions en avril 2012, a exclu d'extrader Hissène Habré en Belgique, qui le réclame, et s'était engagé à organiser un procès au Sénégal.
(Avec AFP)

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