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01/02/2013 à 15h:19
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Les pays voisins sécurisent leurs frontières. Les pays voisins sécurisent leurs frontières. © Jeune Afrique

Face au repli des jihadistes, Algérie, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Sénégal ont annoncé avoir pris des mesures pour sécuriser leurs frontières respectives avec le Mali.

Depuis le début de la crise au Mali, la sécurisation des frontières est l’une des priorités des cinq pays qui l’entourent. Ciblés par des frappes aériennes françaises, la plupart des combattants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), d’Ansar Eddine (Défenseurs de l’Islam) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) ont quitté les grandes villes du Nord-Mali qu’ils contrôlaient depuis neuf mois. Et risquent évidemment de franchir les frontières poreuses avec les pays voisins.

Algérie, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Sénégal ont ainsi annoncé la mise en place de nouvelles mesures. En fermant leurs frontières, les deux premiers espèrent réduire les déplacements et les trafics frontaliers. Mais l’attaque terroriste contre le site gazier d’In Amenas (Algérie) est venue brutalement rappeler à quel point il était difficile de surveiller ces milliers de kilomètres désertiques.

Dans chacun des pays voisins du Mali, des éléments jihadistes, difficilement identifiables, peuvent se mêler aux réfugiés qui affluent dans les camps. Au Niger, deux éléments du Mujao ont été récemment arrêtés dans la région Tillaberi.

Revue de détail des mesures prises par les pays frontaliers du Mali.

(Cliquez sur la carte pour l'agrandir)




Algérie-Mali (1300 km)

Depuis le début de la crise malienne, un plan sécuritaire a été élaboré. Près de 10 000 hommes (soit dix-sept bataillons) patrouillent le long des frontières australes avec la Libye et le Mali, que des avions de chasse survolent régulièrement. Les douaniers sont désormais armés, tandis que la gendarmerie s’est dotée d’hélicoptères. De nouveaux commandements régionaux ont également été installés à Tamanrasset et à Ouargla.

L’Algérie a, par ailleurs, signé, mercredi 30 janvier, un accord de coopération avec le Royaume-Uni visant à renforcer la sécurisation de sa frontière avec le Mali. Fermé depuis le 14 janvier, ce véritable « no man’s land » essentiellement désertique est doté de deux points de passage. Celui de Bordj Badji Mokthar (14 km de El Khalil, première localité malienne distante de 100 kilomètres de Tassalit et d’environ 150 kilomètres d’Aguelhok) a été déclaré zone militaire depuis plusieurs mois. Des éléments du Mujao s’y seraient repliés le 24 décembre, selon un communiqué du MNLA. L’autre poste se trouve à Tinzaouatine.

Mauritanie-Mali (2240 km)

L’armée mauritanienne s’est déployée « le long des zones limitrophes des combats, en vue de mieux sécuriser et de boucler ses frontières », a indiqué à l’AFP une source militaire. « Des renforts ont également été envoyés dans la zone comprise entre Bassikounou (Sud-Est) et Kobenni (plus à l'Ouest), tandis que notre aviation multiplie les sorties de surveillance et de contrôle », ajoute cette source.  Les régions frontalières avec le Mali ont été placées sous le statut de « zones militaires » et sont maintenant sous le contrôle de l’armée, qui délivre seule les autorisations d’entrée et de sortie. Le nombre de soldats réquisitionnés n’a pas été communiqué.

Frappée à plusieurs reprises par des attaques terroristes, la Mauritanie avait mis en place en 2010 une nouvelle politique de contrôle, à travers la création de corridors sécuritaires. 48 postes frontaliers avaient alors été créés.

Niger-Mali (800 km)

Le Niger a procédé au déploiement progressif de 5 000 hommes. Au Nord-Ouest, ces éléments sont venus renforcer les effectifs de la gendarmerie nationale présents dans les postes avancés le long de la frontière (Ayorou, Tiloa, Abala) et sur les routes en direction du Mali. L’armée s’est positionnée plus au Nord dans la région de Tahoua, une zone stratégique connue pour abriter « la route de la drogue », un couloir emprunté par les trafiquants de la région. Des troupes sont également présentes autour de la zone montagneuse de l’Aïr. Plus à l’Est, l’attention est portée sur la frontière avec la Libye au niveau des postes avancés de Madama et de Dirkou, deux oasis situées le long du Ténéré, le « désert des déserts ». Dans le même temps, le Niger a accepté que les États-Unis déploient sur son territoire des drones de surveillance du Sahara, et plus précisément du Nord-Mali. Ils seront postés dans le nord du pays, dans la région désertique d'Agadez, à la frontière avec le Mali, l'Algérie et la Libye.

Une campagne de sensibilisation est également menée auprès des chefs traditionnels et des oulémas des villages limitrophes, sur les risques de voir des éléments jihadistes se mêler aux populations.

Burkina Faso-Mali (1000 km)

Le président Blaise Compaoré a annoncé que 1000 hommes seraient mobilisés dans la zone frontalière avec le Mali. La mise en place de ces troupes, décidée en octobre, s’est accélérée avec le lancement de l’opération Serval. Le déploiement du Groupement des forces anti-terroriste (GFAT) s’est concrétisé (600 hommes ont été envoyés) et ses attributions ont été précisées. Le GFAT effectue des missions de reconnaissance et des patrouilles. L’attention est particulièrement portée sur une ligne allant de Djibo (localité située à 200 km au nord de Ouagadougou près du Mali) à Dori (Nord-Est). Pour compléter le dispositif, des polices de proximité ont également été mises en place dans les villes du nord du pays. Des membres des services de renseignement sont présents dans les différents camps de réfugiés.

Sénégal-Mali (419 km)

Le dispositif sécuritaire a été renforcé aux frontières malienne et mauritanienne. Au total, d’après une source militaire, « 500 à 600 éléments » ont été envoyés dans des zones sensibles, comme celles des ponts de Gouloumbou (centre) et Kidira (Est). Selon le colonel Insa Sagna, commandant dans cette dernière région, il s’agit essentiellement d’une « intensification des patrouilles motorisées le long de la frontière » avec le Mali.

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Vincent Duhem (@vincentduhem)
 

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