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31/01/2013 à 12:30
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David Cameron et Abdelaziz Bouteflika le 30 janvier à Alger. David Cameron et Abdelaziz Bouteflika le 30 janvier à Alger. © AFP

Le Premier ministre britannique David Cameron a entamé mercredi 30 janvier une visite historique en Algérie. Il y a notamment scellé un partenariat de sécurité entre les deux pays, deux semaines après l'attaque meurtrière sur le site gazier d'In Amenas par un commando jihadiste.

La visite de David Cameron en Algérie est une première. Jamais, depuis l'indépendance de ce pays en 1962, un chef du gouvernement britannique ne s'était officiellement déplacé sur le territoire algérien. Le pensionnaire du 10 Downing Street a entamé mercredi une visite à Alger, en scellant un partenariat de sécurité entre les deux pays, deux semaines après l'attaque du site gazier d'In Amenas par un commando terroriste. La prise d'otages s'était terminée en bain de sang, faisant notamment 37 morts étrangers, dont des Britanniques.

David Cameron a été accueilli par son homologue Abdelmalek Sellal à son arrivée à l'aéroport d'Alger, à 16h15 GMT. Il s'est ensuite entretenu avec le président Abdelaziz Bouteflika, selon l'agence de presse APS.

D'après une source gouvernementale britannique, les deux dirigeants ont décidé de mettre en place un nouveau partenariat stratégique pour mieux lutter contre les nouvelles menaces terroristes. « Lorsque le terrorisme se développe dans différentes parties du monde, il atteint nos peuples et nos intérêts non seulement dans ces parties du monde, mais également chez nous dans notre pays », a déclaré David Cameron lors d'une conférence de presse.

Partenariat

« La menace terroriste d'Al-Qaïda à laquelle nous sommes confrontés dans certaines régions du Pakistan, du Yémen ou de Somalie, est nettement plus grande que le terrorisme d'Al-Qaïda qui se développe au Mali, a poursuivi le Premier ministre britannique. Mais dans la mesure où elle grandit nous ne devrions pas l'ignorer, ne devrions travailler en partenariat pour essayer de la combattre ».

Dans le cadre de ce partenariat, Londres et Alger devraient échanger des informations sur la sécurité des frontières, la sécurité aérienne, et la lutte contre les menaces visant la stabilité de l'Afrique du Nord, selon cette source gouvernementale ayant requis l'anonymat. Les premières rencontres d'experts britanniques et algériens pourraient se tenir dans les prochains mois, a précisé cette même source.

« Nous avons retenu les leçons du passé, ces problèmes ne peuvent être traités seulement par des moyens militaires ou de sécurité », a poursuivi M. Cameron. « Il nous faut combiner une réponse sécuritaire forte mais également travailler avec nos partenaires internationaux, utiliser notre diplomatie, notre budget d'aide, utiliser tous les moyens à notre disposition - y compris tenter de trouver un règlement politique à certaines revendications sous-jacentes dont profitent les terroristes », a-t-il ajouté.

In Amenas

« Je suis ici suite à la terrible attaque terroriste d'In Amenas dans laquelle six citoyens britanniques et un résident de la Grande-Bretagne ont perdu la vie. Cela nous rappelle que ce qui se passe dans d'autres pays nous affecte directement chez nous », avait-il expliqué à une télévision britannique.

David Cameron a également indiqué que l'Afrique du Nord ne devait pas devenir un autre Irak ou Afghanistan. « Nous ne regardons pas cette région en pensant que la réponse est purement militaire. Ce n'est pas le cas », a-t-il dit.

Peu après son arrivée, le Premier ministre britannique s'est recueilli sur le Monument des Martyrs de la guerre d'Algérie, à El Madania, sur les hauteurs d'Alger. Il y a déposé une gerbe de fleurs sur la stèle érigée à leur mémoire.

Sa visite intervient moins de deux semaines après la prise d'otages sur le site gazier d'In Amenas, dans le Sahara algérien, et l'assaut de l'armée algérienne qui se sont soldés par la mort de 37 étrangers, d'un Algérien et de 29 ravisseurs.

Visite surprise à Tripoli

Alors que la visite de David Cameron en Algérie devait s'achever jeudi, le Premier ministre britannique a atterri à Tripoli. Cette visite surprise dans la capitale libyenne intervient quelques jours après la mise en garde de Londres contre des menaces visant les Occidentaux à Benghazi et son ambassade à Tripoli.

M. Cameron a rencontré le ministre Libyen de l'Intérieur, Achour Chwayel, avec lequel il s'est rendu aussitôt à une Académie de police dans la banlieue sud de la capitale pour assister à une cérémonie à l'occasion de la sortie d'une promotion d'officiers de police.

Il est attendu vendredi au Liberia, où il doit co-présider une conférence sur le développement international.

(Avec AFP)

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