Des dirigeants du Front du salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition égyptienne, ont appelé, mercredi 30 janvier, à une réunion d'urgence avec le pouvoir. Dimanche, ce même front avait estimé que l’appel du président Morsi à un dialogue national était "vide de sens" et appelé à manifester vendredi.
Le Front du salut national (FSN) infléchit sa position. Des dirigeants de la principale coalition de l'opposition en Égypte ont appelé, mercredi 30 janvier, à une réunion d'urgence avec le pouvoir. Mohamed Morsi, sa formation le Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ, islamiste), les ministres de l'Intérieur et de la Défense ainsi que le courant salafiste, dont un représentant s'est improvisé médiateur, sont invités à y participer.
« L'arrêt de la violence est la priorité », a déclaré sur Twitter le coordinateur du FSN, Mohamed el-Baradei, tout en conditionnant la participation à un « dialogue sérieux » à certaines garanties, au premier rang desquelles « la formation d'un gouvernement de salut national et une commission pour amender la Constitution ».
L'ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, autre figure de proue du FSN, a lui aussi estimé que « la grave situation actuelle » nécessitait d'accepter un dialogue. Des représentants du FSN se sont réunis dans l'après-midi avec le président du principal parti salafiste Al-Nour, Younes Makhyoun, qui les avait invités à parler de « la détérioration de la situation ». Les discussions vont se poursuivre sur les demandes du FSN, a-t-il dit à la presse.
« Une faction seule ne peut assumer la responsabilité de la gestion des affaires du pays », a-t-il dit. « Nous sommes soucieux de l'intérêt général. Nos idéologies diffèrent mais nous sommes les enfants d'un seul pays ». Dimanche, la FSN avait estimé que l’appel du président Morsi à un dialogue national était « vide de sens » et appelé à manifester vendredi. Le Front juge que la Constitution, rédigée par une commission dominée par les islamistes et approuvée par référendum, n'est « pas valide ».
Morsi à Berlin
Mercredi, deux nouveaux décès ont été signalés lors d'affrontements entre manifestants et policiers près de la place Al-Tahrir au Caire, portant le bilan de cette dernière vague de violences, qui a commencé jeudi dernier, à 54 morts à travers le pays.
Le couvre-feu initialement mis en place de 21H00 à 06H00 dans trois provinces longeant le canal de Suez, a été réduit à trois heures, de 02H00 à 05H00 par les les gouverneurs d'Ismaïliya et Suez, tandis qu’à Port-Saïd, qui a connu les violences les plus meurtrières, le couvre-feu a été réduit à quatre heures, de 01H00 à 05H00.
Le président Morsi, cible des manifestants, s’est quant à lui entretenu mercredi à Berlin avec la chancelière Angela Merkel. Mme Merkel a indiqué à la presse lui avoir demandé de dialoguer avec « les différentes forces politiques, et que les droits de l'Homme soient respectés ».
Mohamed Morsi a en revanche décidé d’annuler sa visite à Paris qui devait avoir lieu vendredi 1er février. Il devait être accueilli par la ministre française de la Francophonie, Yamina Benguigui, à l’aéroport jeudi, puis rencontrer François Hollande autour d’un petit déjeuner l’Elysée le lendemain matin.
(Avec AFP)

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