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30/01/2013 à 16h:49
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Une délégation  du MNLA au Burkina Faso. Une délégation du MNLA au Burkina Faso. © AFP

On pourrait s’y perdre. Allié des islamistes radicaux l'année dernière, puis évincé par Ansar Eddine et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) se propose aujourd’hui d’aider l’armée française dans la reconquête du Nord-Mali. Revendiquant quelque 10 000 combattants, ce qui paraît peu vraisemblable, le mouvement touareg semble prêt à beaucoup pour revenir dans le jeu. Sans vraiment se soucier de sa crédibilité.

Ils étaient aux abonnés absents. Voire à porter au rang des disparus. Les rebelles du MNLA ont pourtant repris une place dans le jeu politique, et militaire, malien, au moins sur le plan de la communication. Lundi 28 janvier, ils ont ainsi annoncé, via un communiqué, démenti par la présidence malienne, avoir repris huit villes du Nord-Mali : Kidal, que l’armée française a atteint, mercredi 30 janvier, Tessalit, Léré, In Khalil, Anefis, Tinzawatène, Tessit et Talatayt.

« Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad a décidé de reprendre en toute urgence ces localités afin d’assurer la sécurité des biens et plus particulièrement des personnes en raison des graves dangers qui pèsent sur leurs vies avec le retour dans l’Azawad de l’armée malienne », peut-on lire dans le document.

Opportunisme

S’il revendique à nouveau le contrôle de territoires désertés par les islamistes à la faveur de l’opération Serval, le MNLA, qui n’a pas abandonné l’idée d’une indépendance de l’Azawad, cherche surtout à devenir le seul interlocuteur local crédible attaché à la protection de la population du Nord. Quitte à passer pour opportuniste.

Alors qu’il offre désormais son aide à la France dans la lutte contre les jihadistes, il avait ainsi pris les armes aux côtés d’Ansar Eddine et d’Aqmi, il y a seulement un an. Ce que ne manque pas de noter la présidence malienne, via son compte Twitter, le 28 janvier :

Porte ouverte

Le ministre de la Défense français leur a cependant lancé, mercredi 22 janvier, un véritable appel du pied. « Les Touaregs, sauf ceux qui se sont laissés embrigader par des groupes terroristes que nous condamnons totalement, (...) sont nos amis », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Ils sont dans leur territoire au Nord du Mali et il importe de les respecter et de les considérer comme des Maliens comme les autres ».

Dans la perspective de la guerre asymétrique qui se profile, la Défense française semble ainsi laisser la porte ouverte au MNLA, sans le dire officiellement, qui revendique un arsenal important issu de Libye et, surtout, quelque 10 000 combattants.

Crédibilité

Mais le MNLA est-il toujours crédible ? Le chiffre de 10 000 hommes est en effet contesté, nombre d’experts l’estimant très exagéré, du fait de l’érosion du mouvement, qui avait été écarté par les islamistes d’Ansar Eddine et d’Aqmi. Mais, ces derniers jours, c’est sur Twitter que les observateurs, maliens et étrangers, montrent, avec humour, le plus de perplexité.

D’autres encore se gaussent au sujet de l’opportunisme des rebelles touaregs, tour à tour responsable de l’élection de Barack Obama ou de l’arrestation de Bachar al-Assad.

 


Avec l’intervention française, le MNLA a sans doute remis un pied sur l’échiquier politique malien. Mais ses turpitudes n’en sont pas pour autant sorties des mémoires.
 

 

 

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