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29/01/2013 à 14:48
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Des jeunes devant la mosquée de Touba, au sénégal. Des jeunes devant la mosquée de Touba, au sénégal. © DR

Pour faire face à la menace terroriste sur son sol, alors que ses soldats se déploient au Mali contre les jihadistes, le Sénégal renforce son dispositif sécuritaire à ses frontières. Les populations et les communautés religieuses sont invitées à la vigilance.

Dans les rues de Dakar, la question alimente des débats animés : le Sénégal est-il ou non a l’abri de la menace jihadiste ? Du côté des autorités, le message est clair : « Si les forces terroristes prévalent au Mali, nos propres intérêts vitaux seront menacés. Alors, poursuit le ministre Sénégalais des affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, « aider le Mali (…) c’est prévenir un danger qui guette à nos frontière ».

Conséquence de la guerre au Mali, dans laquelle 500 soldats sénégalais sont impliqués : le dispositif sécuritaire a été renforcé aux frontières malienne et mauritanienne. Au total, d’après une source militaire, « 500 à 600 éléments » sont déployées dans des zones sensibles, comme celles des ponts de Gouloumbou (centre) et Kidira (est). Selon le colonel Insa Sagna, commandant dans cette dernière région, il s’agit essentiellement d’une « intensification des patrouilles motorisées le long de la frontière » avec le Mali.

Mais combattre l’islam radical n’est pas qu’une affaire des autorités. D’où l’appel lancé, le 15 janvier, par le président aux populations pour qu’elles sonnent l’alerte auprès des sous-préfets, préfets et forces de sécurité, en cas de « présence suspecte d’individus ». Macky Sall a également invité les chefs religieux à appeler « les fidèles à la vigilance ».

Infiltrations

Une précaution qui n’est pas superflue. « Des mouvements radicaux d’obédience salafiste, localisés dans la banlieue de Dakar, tentent d’infiltrer des associations islamiques affiliées aux différentes confréries », avertit un membre de l’entourage présidentiel.

Le Sénégal a beau être connu pour son islam modéré, développé autour des confréries mouride, tidiane et layenne, qui ont jusque là servi de rempart face à la montée du radicalisme au Sahel, la menace est prise très au sérieux. « Si les communautés religieuses traditionnelles ont une certaine influence sur l’écrasante majorité de la population, les moyens et les financements que possèdent les islamistes peuvent entraîner une certaine frange des jeunes à adhérer à leur cause », prévient Babacar Samb, enseignant au département d’arabe de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Sensibilisation

« Une jeunesse désemparée, sans emploi constitue la cible privilégiée des recruteurs jihadistes », confirme l’historien Abderrahmane Ngaïdé. Et il est déjà avéré que des ressortissants sénégalais font partie d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), d’Ansar Eddine et du Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao)…

Du coup, les leaders religieux ne se font pas prier outre mesure pour s’engager dans la sensibilisation contre le radicalisme. À l’occasion de la célébration du Maouloud (naissance du prophète Mohamed), le 23 janvier dernier, le porte-parole de la confrérie tidiane, Abdoul Aziz Sy a lancé un appel public à la vigilance face à la poussée du fanatisme religieux. Pour quels résultats ? L’avenir le dira.

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Par Nicolas Ly, à Dakar

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