Reportée à plusieurs reprises, l'audience de Justin Koné Katinan doit se tenir ce mardi 29 janvier, à Accra. La justice ghanéenne va-t-elle enfin se prononcer sur l’extradition du porte-parole de Laurent Gbagbo, requête formulée par la Côte d’Ivoire ?
Pour les exilés ivoiriens au Ghana, y aura-t-il un avant et un après Charles Blé Goudé, dont la cavale à pris fin le 17 janvier à Accra ? Premier élément de réponse ce mardi 29 janvier, date à laquelle la justice ghanéenne doit se prononcer sur la demande d’extradition de Justin Koné Katinan, formulée par la Côte d’Ivoire. Le 17 janvier, son procès avait une nouvelle fois reporté par le tribunal d’Osu, un quartier de la capitale ghanéenne. Un report justifié par le fait que deux nouvelles charges avaient été retenues contre porte-parole de Laurent Gbagbo, celles de conspiration de vol et de vol.
Le juge ghanéen, Aboagye Tandoh, avait demandé au procureur de mettre les documents relatifs à ces nouvelles charges à la disposition de l'avocat ghanéen de Justin Koné Katinan, Patrick Sogbodjor, afin qu'il prépare la défense de son client.
Agacement
L’audience du porte-parole de l'ex-président ivoirien, poursuivi par le gouvernement de son pays pour « crimes économiques », avait déjà été annulée deux fois, le 7 novembre et le 20 décembre. Des reports successifs qui agacent la défense de Katinan. « Depuis septembre, nous nous sommes rendu au tribunal neuf fois. Et à chaque fois, l’État a demandé que l’audience soit reportée pour leur permettre de regrouper les documents d’extradition », explique, Me Sogbodjor.
« Si la loi à laquelle nous croyons est respectée, alors mon client ne sera jamais extradé. C’est à l’État de produire les preuves sur lesquelles ils s’appuient pour accuser mon client », poursuit-il. Et de menacer : « S’il le faut, nous sommes prêt à aller jusqu’à la Cour suprême ».
Cette audience du 29 janvier intervient dix jours après l’arrestation à Accra et le transfert à Abidjan de Charles Blé Goudé. La rapidité avec laquelle les autorités ghanéennes ont autorisé son transfert en Côte d’Ivoire inquiète les membres du Front populaire ivoirien (FPI, opposition) établis dans la capitale ghanéenne. Mais il est peu probable que cet évènement ait une incidence sur le cas Katinan. Contrairement à l'ex-« général de la rue » de Laurent Gbagbo, Katinan, exilé depuis 18 mois, bénéficie du statut de réfugié politique. Bien qu’il fasse l’objet d’un mandat d’arrêt international, il est protégé par la loi ghanéenne.

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