Google, le géant californien de Mountain View, repousse sans cesse les limites de l'exploration en ligne de notre planète. Lancé en 2007, son service Google Street View permet aux internautes d’arpenter les grandes artères de Séoul ou les dédales des ruelles de Sao Paulo, ou encore le centre-ville de Johannesburg. Désormais les portes des parcs nationaux du Botswana leur sont grandes ouvertes.
Le Botswana, dernier en lice des quelque 45 pays répertoriés sur Google Street View, est désormais accessible aux internautes, qui pourront découvrir ses principaux atouts touristiques. Le pays, intégré au service en novembre 2012, est le second pays d'Afrique à être explorable dans Google Street View, après l’Afrique du Sud. Et la liste ne risque pas de s’allonger de sitôt, compte tenu de l’ampleur d’une telle démarche. « Nous aimerions développer davantage le service en Afrique mais rien n’est prévu pour l’instant, car Google Street View repose sur une technologie très complexe de recomposition de photos, et l’ajout d’un nouveau pays nécessite plusieurs mois de travail. Nous devons tenir compte de différents facteurs, notamment la température, pour mener le processus à terme », explique la porte-parole de Google pour l’Afrique du Sud, Julie Taylor.
Si l’Afrique se fait pratiquement absente de Google Street View, les villes des États-Unis y sont, elles, pratiquement toutes représentées, comme la majeure partie du Canada et du Mexique. Les camions de Google ont également photographié la plupart des villes européennes, à l’exception de l’Allemagne, où l’on ne compte que quelques grands centres urbains. Les Allemands, très soucieux du respect de leur vie privée, ont freiné les ardeurs de Google, poussant même l’entreprise à annonçer, il y a deux ans, l’annulation pure et simple de la mise à jour de ses photographies dans ce pays.
"Un outil éducatif et pratique"
Du côté de l’Afrique du Sud et du Botswana, les autorités semblaient plutôt se réjouir de la visibilité qu’offre cette fonction du moteur de recherche américain. « Cela permettra d’augmenter considérablement la visibilité de notre pays à l’échelle mondiale, et Google Street View sera un outil éducatif et pratique pour les Botswanais », a indiqué le ministre de l’Environnement et du Tourisme du pays, Kitso Mokaila. Mme Taylor affirme de son côté que l’entreprise s’est assurée de leur « pleine collaboration » tout au long du processus. Par ailleurs, dans un souci de renforcer le respect de la vie privée, l’entreprise a élaboré une politique permettant aux internautes de demander le retrait d’une photo.
Google Street View avait profité de la Coupe du monde de football de l’Afrique du Sud (FIFA), en 2010, pour faire une première percée sur le continent africain. Outre les principaux sites touristiques du pays, dont le parc national Addo Elephant et le Chapman’s Peak, la firme a cartographié plus de 64 000 kilomètres de routes à travers tout le pays. Au Botswana, les internautes pourront visiter la capitale de Gaborone et le parc national Chobe – le plus densément peuplé au monde – ou encore le delta de l’Okavango.
Au total, 48 pays ont vu défiler les camions de Mountain View. Des équipes de la firme continuent à agrandir la couverture du service en parcourant, à l’heure actuelle, une dizaine de territoires, dont Taïwan, le Pérou et la Nouvelle-Zélande. Les photographies de Google raflent tout sur leur passage, croquant sur le vif des situations parfois cocasses ou irréelles, voire carrément gênantes, que l’artiste canadien Jon Rafman a répertorié dans un diaporama.

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