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28/01/2013 à 09:21
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Un bus en feu à Port-Saïd, dimanche 27 janvier. Un bus en feu à Port-Saïd, dimanche 27 janvier. © AFP

Dimanche 27 janvier, Mohamed Morsi a décrété l'état d'urgence dans trois provinces du pays où des violences ont fait 46 morts en trois jours. Le président égyptien a également appelé à un dialogue national, lundi, incluant l'opposition.

C'est à Port-Saïd que les violences ont fait le plus grand nombre de victimes. Samedi, 37 personnes ont péri au cours des violences après la condamnation à la peine de mort de 21 supporteurs du club de football local Al-Masry. Ces personnes étaient jugées pour leur implication dans des violences qui avaient fait 74 morts en 2012 après un match contre l'équipe du Caire, Al-Ahly.

"Mesures exceptionnelles"

Le président Mohamed Morsi s'est adressé à la nation, dans un discours retransmis à la télévision, et a annoncé des « mesures exceptionnelles » pour faire face à ces violences, tout en annonçant qu'il en prendrait d'autres si elles se poursuivaient. « Je le ferai pour l'intérêt de l'Égypte. C'est mon devoir et je n'hésiterai pas un instant », a-t-il déclaré.

Il a annoncé que l'état d'urgence entrait en vigueur dimanche à partir de minuit(dimanche à 22H00 GMT) pour 30 jours, à Port-Saïd, Suez et Ismaïliya, sur le Canal. Pour la même période, il y aura également un couvre-feu de 21H00 à 06H00 locales (19H00 à 04H00 GMT) .

« Je suis contre les mesures exceptionnelles mais j'avais dit que si j'y étais contraint, je le ferais pour éviter que le sang ne coule et pour protéger les citoyens », a dit le président.

L'état d'urgence, qui a été imposé durant 30 ans en Égypte, avait été levé en mai 2012.

Parallèlement à ces annonces, Mohamed Morsi a appelé les dirigeants de l'opposition au dialogue national, lundi, tout en rappelant que « les décisions de justice doivent être »respectées par tous. Elles ne sont pas dirigées contre une partie spécifique et ne sont pas partiales ».

Dans un communiqué, la présidence a indiqué que les dirigeants du Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition, Hamdeen Sabbahi, Amr Moussa et Mohammed ElBaradei, ont été conviés à ce dialogue à 18H00 locales (16H00 GMT) au palais présidentiel au Caire.

Samedi, le FSN avait réclamé « solution globale » à la crise,  incluant un « gouvernement de salut national », en menaçant de boycotter les législatives, prévues en mars ou avril, si il n'était pas entendu et réclamerait alors une présidentielle anticipée.

Funérailles meurtrières

Dans la journée de dimanche, six personnes, dont un jeune homme de 18 ans atteint par une balle, ont perdu la vie en marge des obsèques des morts de la veille, selon des sources médicales. 467 autres ont été blessées, dont 38 par balles.

Selon des témoins, des tirs, dont on ignore encore la provenance, ont été entendus pendant le transport des dépouilles, depuis une mosquée vers le cimetière. Un mouvement de panique et des scènes d'émeutes s'en sont suivis.

Parmi les milliers de personnes présentes aux funérailles, certains participants ont lancé des slogans hostiles au pouvoir islamiste, scandant « À bas le pouvoir du Guide » des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi.
Parmi les 31 morts de la journée de samedi, figurent deux policiers, pour qui des funérailles militaires ont été organisées au Caire. Selon l'agence Mena, le ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim a été empêché d'y participer par des policiers en colère.

À Port-Saïd l'armée a pris position pour protéger les bâtiments publics et les sites sensibles après une tentative des proches de condamnés à mort de prendre d'assaut la prison où ces derniers sont détenus. Des attaques contre des postes de police ont été également signalées.

Pour des habitants de Port-Saïd, ces condamnations à la peine capitales ont été motivées par le souhait d'éviter des troubles plus graves avec les supporteurs très organisés d'Al-Ahly. Ces derniers avaient menacé de semer le « chaos » si le verdict n'était pas assez sévère.

Pays divisé

À l'occasion du 2e anniversaire du début du soulèvement ayant conduit à la chute de Hosni Moubarak, des heurts avaient déjà éclaté vendredi dans plusieurs villes, dont Le Caire.

Les affrontements entre opposants à M. Morsi, élu en juin 2012, et policiers avaient fait ce jour-là neuf morts - huit à Suez et un à Ismaïliya- et des centaines de blessés, reflétant les profondes divisions dans le pays.

À Suez et au Caire, des accrochages sporadiques ont continué d'opposer des manifestants à des policiers, amenant les ambassades des États-Unis et de Grande-Bretagne, près de la place Tahrir au Caire, à suspendre, dimanche, leurs services au public.

(Avec AFP)

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