Avec seulement deux points en deux rencontres, le Maroc pourrait quitter la CAN 2013 en cas de défaite ou même de match nul face à l’Afrique du Sud dimanche à Durban, alors que le Cap Vert et l’Angola, toujours en course pour la qualification, s’affronteront à Port Elizabeth.
Il ne fallait pas forcément attendre des miracles du Maroc lors de cette CAN Orange 2013. Qualifiés in extremis face au Mozambique (0-2, 4-0),dix mois après une CAN 2012 soldée au soir du premier tour, les Lions de l’Atlas ne font plus peur à grand monde en Afrique, dont ils ont déserté l’élite. Leurs deux premiers matches face à l’Angola (0-0, le 19 janvier) et le Cap Vert (1-1, le 23 janvier) sont dans la lignée de ce que les Marocains proposent depuis 2004 et leur finale perdue à Radès face à la Tunisie (1-2). Et l’image renvoyée par l’équipe de Rachid Taoussi face à ses deux adversaires lusophones, qui ne sont pourtant pas des terreurs, n’a pas enthousiasmé ses plus fidèles suiveurs, lesquels attendent avec un mélange d’impatience et de crainte le rendez-vous décisif avec les Sud-africains.
Ouaddou : "Il faudra prendre des risques"
Abdeslam Ouaddou (34 ans), qui a porté le maillot du Maroc à 68 reprises, avoue ne pas avoir passé les deux soirées les plus exaltantes de sa vie. « Ce n’était pas très intéressant », admet le vice-champion d’Afrique 2004, aujourd’hui au Mans (Ligue 2 française). « En fait, cela manquait de mouvement, de vivacité. Ok, défensivement, l’équipe est assez solide. Mais devant, il ne se passe pas grand-chose. On voit que cela manque deliant entre les lignes. C’est dommage, car il y a une certaine qualité dans cette équipe. Et si elle veut obtenir un résultat face à l’Afrique du Sud, il va falloir qu’elle propose autre chose… » Mercredi dernier, les Nord-africains ont même évité une catastrophe industrielle contre le Cap-Vert,grâce à une égalisation tardive d’El-Arabi. « Même si depuis des années, les résultats sont moins bons, il y a encore beaucoup d’attente et de pression autour de la sélection », reprend Ouaddou. « Elle est capable debattre l’Afrique du Sud. Mais il faudra qu’elle prenne des risques… »
Et dans l’hypothèse d’une quatrième élimination consécutive au premier tour (2006, 2008 et 2012, le Maroc ne s’étant pas qualifié en 2010), le quotidien de Rachid Taoussi pourrait sérieusement se compliquer. Le successeur d’Eric Gerets, en ne convoquant pas Marouane Chamakh, Houcine Kharja, Mbarek Boussoufa pour des raisons sportives et Adel Taarabt, présenté comme un élément perturbateur, s’est privé de joueurs expérimentés. « S’il avait deux points de plus avant ce match contre le pays organisateur, on ne se poserait pas la question. Taoussi a faitses choix, et il faut les respecter. Mais je sais comment cela se passe au Maroc : si l’équipe est éliminée, il risque d’en entendre parler. » Et dans le royaume chérifien, qui accueillera la CAN 2015, cela pourrait vite grimper dans les décibels…

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