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25/01/2013 à 18:30
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L’acteur marocain, Mohamed Majd. L’acteur marocain, Mohamed Majd. © AFP

Disparu à l’âge de 73 ans, l’acteur laisse l’empreinte d’un géant dans un cinéma marocain en pleine croissance. Loin encore du star-système.

Dans Zéro, le dernier long-métrage de Nour-Eddine Lakhmari, il incarnait Abbas, un vieillard cruel et attendrissant. Le film, actuellement à l’affiche dans le royaume chérifien, est un bon condensé du nouveau cinéma marocain, avec ses audaces et ses défauts. Venu comme beaucoup de ses compères du monde du théâtre, Mohamed Majd a d’abord fait ses preuves à la télévision dès les années 1960, avant d’entrer dans les carnets des directeurs de casting au moment où le Maroc commence à accueillir des productions étrangères. Suivront de longues années de vaches maigres pendant lesquelles Mohamed Majd a longtemps été confiné aux seconds rôles, notamment dans le péplum islamique Le Message, du Syrien Mustapha Akkad (1977), ou dans Les Mille et Une Nuits, de Philippe de Broca (1990). Découvert sur le tard par les réalisateurs marocains, Mohamed Majd crève l’écran dans Ali Zaoua, prince de la rue, de Nabyl Ayouch, film phare du début des années 2000. Un de ces coups de gueule qui lancent une génération. « Il était malheureux d’être cantonné dans des rôles de comparse avant Ali Zaoua, se souvient Ayouch. Son intelligence et sa finesse sautaient aux yeux et il excellait également dans la comédie. Il prenait beaucoup de distance avec le métier. »

Générosité

L’enfant du quartier populaire de Derb Soltane, à Casablanca, qui a côtoyé les troupes de Tayeb Saddiki ou du groupe Jil Jilala, était un homme simple et généreux qui a tourné avec toute la nouvelle vague du septième art marocain : Faouzi Bensaïdi (Mille Mois), Ismaël Ferroukhi (Le Grand Voyage), Daoud Aoulad Syad (Le Cheval de vent et En attendant Pasolini). Ce dernier évoque « une grande perte », mais se méfie des hommages posthumes : « Je le remercierai quand on se retrouvera là-haut ! » Ces dernières années, Majd a fait quelques apparitions dans des grosses productions tournées au Maroc comme La Source des femmes, de Radu Mihaileanu, ou Syriana, de Stephen Gaghan (avec George Clooney et Matt Damon). Mais ceux qui partageaient son quotidien décrivent un homme pudique, peu expansif. Un ami proche confie : « Même quand ça ne tournait pas fort, on ne l’entendait jamais se plaindre. Il était finalement très discret, loin de la vie prêtée aux gens du cinéma. » Simplement parce qu’il n’a jamais été une star dans un paysage artistique précaire, où les grands sont ceux qui donnent avant de recevoir.

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Youssef Aït Akdim

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