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25/01/2013 à 18:32
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L'ancien chanpion de football, Lilian Thuram. L'ancien chanpion de football, Lilian Thuram. © AFP

Dans le débat qui divise aujourd’hui la société française, il a choisi son camp. L’ancien footballeur international français Lilian Thuram soutient le projet de loi du mariage pour tous. Entretien.

Jeune Afrique : quel est votre opinion sur le projet de loi du mariage pour tous ?

Lilian Thuram* : en tant que Français et Antillais, je suis pour l’égalité des droits. Je n'oublie pas que notre société a refusé pendant des siècles de reconnaître l'égalité des droits aux Noirs et aux femmes. Ces personnes, qui étaient vues comme différentes et inférieures, subissaient d’un côté le racisme, de l’autre le sexisme. Avec la question du mariage pour tous, il s’agit du même raisonnement : on refuse l'égalité des droits à des femmes et à des hommes parce qu’ils sont homosexuels. Cela s’appelle de l’homophobie. Même si je conçois qu’il est très difficile pour certaines personnes de regarder cette vérité en face et de se considérer comme homophobes.

Votre position est-elle la même au sujet de l’homoparentalité ?

L’argument  selon lequel « un enfant a besoin d’un père et d’une mère » me fait bien rire. J’ai été élevé par une mère, sans père. Nous étions cinq enfants. Qu’est-ce que ce genre d’argumentation implique pour les personnes comme moi et pour tous les enfants de famille monoparentale ?

Comment expliquez-vous que ce projet de loi ait provoqué une telle levée de boucliers ?

Il y a, de mon point de vue, un problème dans la façon dont est abordé le sujet en France. Avec ce projet de loi, nous parlons du mariage civil au sein d'une société laïque, qui doit donc veiller à l’égalité de tous ses citoyens. Or, beaucoup des opposants au projet sont dans le réflexe et le conditionnement religieux... C'est tout de même assez incroyable que les institutions religieuses soient dans l'incapacité de penser l’égalité pour tous. À ce propos, on peut s'interroger sur le positionnement de l’église catholique, qui est en première ligne dans ce débat, au cours de l'histoire : quelles ont été ses positions pendant l’esclavage, face au nazisme, pendant la colonisation ou encore dans le combat des femmes pour l’égalité ?

On s'aperçoit ainsi que l’église n’est peut-être pas la mieux placée pour parler d’égalité. Ce n’est pas une critique, mais un constat. Je pense que c’est aussi pour cela qu’il faut préserver cette société laïque, qui pense l’égalité pour tous, en dehors du cadre religieux. 

________

Propos recueillis par Haby Niakate

* Lilian Thuram est aujourd’hui président de la Fondation Lilian Thuram-Education contre le racisme

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