Couper la retraite aux jihadistes et les empêcher d’atteindre les montagnes du nord du Mali, où les combats risquent d’êtres compliqués. Tel est l’objectif assigné aux forces tchadiennes et nigériennes qui entrent au Mali par le nord-est.
« Vous allez avoir à faire à un ennemi qui ne cherchera pas à sauver sa vie. Pour lui, l’essentiel sera de mourir pour aller au paradis. Vous devez être vigilants et déterminés ». Conseil d’Idriss Déby Itno, qui a revêtu sa tenue de général quatre étoile ce 24 janvier à Niamey, où il s’est rendu pour galvaniser ses troupes, juste avant que celles-ci ne partent, jeudi soir, en direction de la frontière du Niger vers le Mali. Le chef de l’État tchadien sait le rôle important que les forces tchadiennes et nigériennes vont jouer dans la guerre de reconquête du Nord-Mali.
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Selon des sources militaires tchadiennes, la mission confiée aux deux pays est d’attaquer Gao puis de se positionner à Kidal, avec une couverture aérienne pour couper toute retraite aux islamistes. Dans le jargon militaire, ce travail est celui d’une équipe de recueil. « L’objectif, c’est d’éviter des combats dans la zone montagneuse près de la frontière algérienne », ajoute la source.
Pour cela, 2 000 hommes, des blindés, des MI24 et six Shukhoi. Contrairement à ce qu’on annonce, le gros des troupes est déjà « sur place » affirme, catégorique, une éminente source militaire. Deux gros porteurs de l’armée française et un autre prêté par la République du Congo ont aidé à accélérer le déploiement qui avait pris un certain retard à l’allumage.
Le contingent tchadien aura comme chef le général Oumar Bikimo, qui dirigeait, il y a quelques mois, les forces de la CEEAC basées en Centrafrique, assure la coordination depuis Bamako. Il aura pour adjoint deux jeunes généraux, Abdérahmane Youssouf Meïry, commandant de l’unité antiterroriste depuis 2007, dont les hommes composent le quart des effectifs, et le général Mahamat Idriss Déby Itno, fils du chef de l’État et commandant de la direction générale des services de sécurités des institutions de l’État (DGSSIE), la garde présidentielle qui constitue le reste des troupes.
Si le Général Bikimo fera l’interface entre le commandement de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) et le Tchad depuis Bamako, le cabinet militaire du chef de l’État, lui, assure un suivi quotidien avec l’armée française depuis N’Djaména. C’est de la base aérienne de la capitale tchadienne que décollent les avions et les ravitailleurs qui interviennent au Mali. C’est aussi grâce à ce suivi qu’il a été décidé d’accélérer le déploiement de l’armée tchadienne avec pour objectif affiché d’être à Gao autour du 27 janvier…
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Par Madjiasra Nako, à N’Djaména

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