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25/01/2013 à 11h:24
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Soldats français le 24 janvier 2013 à Ségou. Soldats français le 24 janvier 2013 à Ségou. © Eric Feferberg/AFP

Des positions des groupes islamistes armés au sud de Gao (Nord-Est) ont été visées, jeudi 24 janvier, par des frappes aériennes françaises. Et de nouvelles accusations d'exactions de la part de l'armée malienne ont été rapportées.

L’aviation française poursuit ses raids aériens dans le Nord-Mali. Jeudi 24 janvier, des positions des groupes islamistes armés au sud de Gao (Nord-Est) ont été attaquées, selon des sources de sécurité du Mali et du Niger. Les frappes ont visé la localité d’Ansongo, située à 80 km au sud de Gao et à une distance équivalente de la frontière nigérienne. 

Ces nouvelles frappes interviennent alors que des centaines de soldats tchadiens et nigériens sont en cours de déploiement au Niger. Ils seraient chargés d'ouvrir une nouvelle voie pour aller chasser les groupes islamistes armés, dans le cadre ou en appui de la force d'intervention africaine, sous mandat de l'ONU, chargée de relayer à terme l'armée française au Mali, selon des sources militaires.

Des images des frappes aériennes au Nord-Mali, communiquées aux médias par le gouvernement français :

Dans le même temps, des soldats de la force africaine ont commencé mercredi à se diriger vers le centre du pays. Quelque 150 soldats du Burkina Faso sont arrivés à Markala (270 km au nord de Bamako), pour prendre la relève des Français qui tenaient un pont stratégique sur le Niger.

Les chefs d'état-major ouest-africains doivent se rencontrer samedi lors d'une session d'urgence à Abidjan pour discuter des opérations militaires en cours, a déclaré vendredi la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao). « Les membres du comité des chefs d'état-major vont se rencontrer lors d'une session d'urgence à Abidjan, en Côte d'Ivoire, samedi 26 janvier 2013, pour évaluer l'état du déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) dont le commandement est africain », dit le communiqué de la l'organisation régionale.

Tombouctou ville fantôme

À 900 km au nord-est de Bamako, Tombouctou est privée d'eau et d'électricité depuis trois jours, après le départ des islamistes qui l'occupaient, selon des habitants de cette ville phare de la culture musulmane en Afrique, bombardée ces derniers jours par l'aviation française. « Il n'y a vraiment plus d'eau. Les populations ont fui. Les islamistes aussi. C'est une ville fantôme », a indiqué Moctar Ould Kery, un conseiller municipal de la région de Tombouctou. Une source sécuritaire régionale a confirmé l'information, ajoutant que les principaux chefs des groupes islamistes armés étaient dorénavant « retranchés dans la région de Kidal » (extrême nord-est du Mali). Mercredi, des membres d’Ansar Eddine dirigés par Alghabass Ag Intalla ont annoncé, dans un communiqué, avoir fait dissidence et vouloir la paix. (AFP)

"Exécutions sommaires"

Malgré l’appel lancé par le gouvernement malien, de nouveaux cas d'exactions ont été rapportés. « L'armée doit être irréprochable et il ne saurait être question pour nous de cautionner des actes que nous reprochons aux terroristes », a demandé le gouvernement. Mais jeudi, deux habitants de la région de Niono, à 370 km au nord de Bamako, ont été abattus par l'armée, selon les affirmations de leur entourage à un journaliste malien, Seidi, qui a rapporté jeudi soir ce témoignage à l'AFP.

 Les exécutions sommaires supposées ont eu lieu dans le village de Seribala, quartier de Medin, à 20 km de Niono. « Deux pick-up de l'armée sont entrés dans le quartier, ils sont partis tout droit au domicile de mon cousin, Aboubakrim Ag Mohamed qui est Touareg. C'était un marabout de 38 ans, mariée, vivant à Siribala depuis 5 ans. Les militaires ont dit : nous savons que tu es un islamiste. Il s'est levé pour s'expliquer, ils l'ont tiré à bout portant », a raconté le cousin de la première victime, Ali Ag Noh.

Selon cette même personne, les soldats maliens sont ensuite allés dans la maison contiguë où se trouvait Samba Dicko, un éleveur peul de bétail. « Ils lui ont dit :  "nous savons que toi aussi tu es complice des jihadistes". Ils l'ont abattu et lui ont piqué son argent », dit ce proche. Les deux ont été enterrés dans la cour de la première maison.

Des organisations de défense des droits de l'homme ont de leur côté demandé l'ouverture d'une enquête. Selon la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), qui accuse des soldats maliens d'avoir perpétré « une série d'exécutions sommaires », au moins onze personnes ont été tuées à Sévaré (650 km au nord-est de Bamako).

(Avec AFP)
 

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