L’Égypte célèbre, vendredi 25 janvier, le deuxième anniversaire de sa révolution. L'occasion, pour beaucoup d'Égyptiens, de manifester leur hostilité à la politique du nouveau président, l'islamiste Mohamed Morsi.
C’est dans un climat de tension politique et de crise économique que l’Égypte célèbre, vendredi 25 janvier, le deuxième anniversaire de la révolution qui a contraint Hosni Moubarak à la démission début 2011. Le pays peine toujours à trouver son équilibre entre un pouvoir qui se prévaut de la légitimité des urnes et ses adversaires qui dénoncent l'émergence d'un système autoritaire dominé par les Frères musulmans. L’Égypte subit également l'effondrement des investissements étrangers, la chute du tourisme et la hausse du déficit budgétaire.
À l’occasion de cet anniversaire, l'opposition a appelé à défiler à travers le pays contre le président islamiste Mohamed Morsi et les Frères musulmans dont il est issu. « Sortons vers les places pour finaliser les objectifs de la révolution », a appelé sur Twitter Mohamed ElBaradei, l'une des figures de proue de l'opposition laïque.
Des rassemblements sont prévus sur l'emblématique place Tahrir, au Caire, devant le palais présidentiel d'Héliopolis dans la banlieue de la capitale ainsi que dans plusieurs villes de province comme Alexandrie (nord) et Assiout (centre). Les forces de l'ordre ont prévu de renforcer leur présence, selon une source de sécurité.
"Pain, liberté, justice sociale"
Les manifestants reprendront les mêmes mots d'ordre révolutionnaires qu'il y a deux ans: « Pain, liberté, justice sociale ». La veille, des brefs heurts ont opposé non loin de la place Tahrir la police à des manifestants qui tentaient de démanteler un mur de blocs de béton pour permettre aux manifestants de circuler librement le lendemain dans le centre-ville.
Les Frères musulmans, eux, n'ont pas officiellement appelé à manifester, mais on ils ont lancé une initiative intitulée « Ensemble nous construisons l'Égypte », rassemblant une série d'actions sociales et caritatives.
Le climat ne devrait pas s’apaiser samedi, jour du verdict du procès des évènements de Port-Saïd. Accusés de meurtre et de négligence ayant causé la mort, 75 personnes dont neuf policiers et trois responsables du club de football Al-Masry sont poursuivies par la justice égyptienne. 74 supporteurs avaient trouvé la mort lors d’affrontements en marge d’un match de football, le 1er février dernier.
Les « Ultras » du club cairote d'al-Ahly menacent de manifestations violentes et d'une « nouvelle révolution » s'ils n'obtiennent pas justice.
(Avec AFP)

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