Extension Factory Builder
25/01/2013 à 16:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Soldats de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac), le 28 décembre, à Bangui. Soldats de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac), le 28 décembre, à Bangui. © AFP

Militaires français, contingent sud-africain, troupes des pays d'Afrique centrale. Pendant la crise centrafricaine, au début de l'année, un nombre important de soldats étrangers avaient été déployé à Bangui. Y sont-ils toujours, près de deux semaines après la signature de l’accord de Libreville qui demande notamment le "retrait progressif des toutes les forces militaires non communautaires" ?

Le 11 janvier, les rebelles de la coalition Séléka, l'opposition politique non armée et les représentants du pouvoir en place à Bangui signaient un accord de sortie de crise à Libreville (Gabon). Parmi les points de l’accord figurait en outre le « retrait progressif du territoire national des toutes les forces militaires non communautaires en fonction de la situation sécuritaire sur le terrain ».

Deux semaines plus tard, les soldats sud-africains (250 hommes) sont toujours présents à Bangui. « On les voit au quotidien, mais nous n’avons aucune information », confie un militaire français. « Leur présence agace au plus haut point les chefs d‘État de la sous-région », affirme un observateur.

Un certain flou avait déjà accompagné leur déploiement, décidé le 7 janvier par le chef de l'État sud-africain, Jacob Zuma. Officiellement, les troupes étaient chargées de sécuriser la capitale, en vertu d'un accord entre les deux pays portant sur la formation et le conseil à l'armée centrafricaine. Mais pour beaucoup, Pretoria avait également dans le viseur l'uranium, l'or et les promesses pétrolières de la Centrafrique. « Il y a certainement eu un important contrat minier négocié, estime Roland Marchal, spécialiste de la Centrafrique au Centre national de la recherche scientifique français (CNRS). Quel que soit le deal, la question est maintenant de savoir qui va payer. »

Le redéploiement des soldats français, débuté début janvier, a, lui, pris fin vendredi 25 janvier. « Le but est qu’il ne reste à Bangui que les 250 hommes présents dans le cadre de l’opération Boali », affirme le colonel Depit, attaché de défense à l’ambassade de France. Au plus fort de la crise centrafricaine, près de 600 soldats français s'étaient installés dans la capitale. Deux hélicoptères Puma en provenance de N’Djamena avait était envoyés, une compagnie d’infanterie de parachutistes (150 hommes) en provenance de Libreville avait été déployée sur la base de M’Poko de l’aéroport de Bangui, ainsi qu'une compagnie du 2e régiment étranger d'infanterie et un élément de commandement des Forces françaises au Gabon. « Leur présence n’est aujourd’hui plus nécessaire », précise le colonel Depit.

Côté ougandais, des troupes se trouvent toujours en Centrafrique. Mais, elles sont basées uniquement dans le sud-est du pays et ne sont censées lutter que contre la LRA de Joseph Kony.

Changement de mandat pour la Fomac

Suite à l’avancée rebelle, près de 500 hommes de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) ont été mobilisés dans le cadre de la Mission de consolidation de la paix de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (Micopax), le gros des troupes se positionnant à Damara, à 75 km de Bangui. En tout, 780 soldats de la Fomac étaient présents.

Le mandat de la Micopax a été redéfini par l’accord de Libreville. La Fomac intervient désormais « en appui de l’application du cessez-le-feu et des décisions » de l'accord. Son contingent devrait être rapidement porté à 900 hommes, commandement inclus. Il sera composé d’unités de police, d’unités militaires de maintien de la paix, d’un détachement des observateurs militaires, de policiers et de gendarmes.

Depuis la mise en place de la Fomac en 2008, le nombre de soldats présents dans le cadre de cette opération a évolué. Au début, près de 800 hommes avait été envoyés. Mais en août dernier, les ministres de la Défense des pays membres de la CEEAC avait décidé de procéder au retrait progressif des troupes. Le contingent était ainsi tombé à moins de 300 hommes chargés de former les militaires et les policiers centrafricains. C'était six mois avant les attaques rebelles et la perte de contrôle de la moitié du pays par le pouvoir de Bangui. Retour à la case départ, donc...

________

Vincent Duhem (@vincentduhem)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Centrafrique

Centrafrique : Bozizé et les méchants

Centrafrique : Bozizé et les méchants

Le président centrafricain déchu François Bozizé s'estime toujours indispensable à la résolution de la crise dans son pays.[...]

Pacôme Pabandji remporte le prix Rory Peck des JRI pour sa couverture de la crise en Centrafrique

Pacôme Pabandji, journaliste centrafricain de 23 ans, a remporté mercredi  le prestigieux prix Rory Peck, une distinction reconnue dans le monde entier qui récompense chaque année les meilleurs[...]

Biens mal acquis : la Centrafrique dépose plainte à Paris contre Bozizé

La Centrafrique a porté plainte cette semaine à Paris contre François Bozizé, pour obtenir une enquête sur les biens qui auraient été acquis par l'ex-président et son[...]

France - Centrafrique : Bozizé fils toujours sur la brèche

Le fils de François Bozizé, Jean-Francis Bozizé, est dans le collimateur du ministère français des Finances et des Comptes publics. Explications. [...]

RDC - CPI : comprendre le procès Bemba en 5 questions

Après les déclarations finales mercredi et jeudi de l'accusation et de la défense, l'affaire Bemba est désormais mise en délibéré. En attendant le verdict, retour en cinq questions[...]

Centrafrique : grogne des combattants de l'ex-Séléka cantonnés à Bangui

Plusieurs dizaines de combattants de l'ex-Séléka cantonnés à Bangui manifestent jeudi. Ils refusent de quitter la capitale centrafricaine et dénoncent leurs conditions de vie.[...]

Centrafrique : report des élections présidentielle et législatives à juin 2015

Initialement prévues en février 2015, les élections présidentielle et législatives centrafricaines ont été reportées mardi au mois de juin de la même année.[...]

La police de l'ONU augmente la pression sur les fauteurs de troubles à Bangui

La police de la force de l'ONU en Centrafrique (Minusca) a accentué ces derniers jours ses patrouilles armées dans Bangui pour dissuader miliciens, criminels et pillards de continuer de s'en prendre à une [...]

Les experts de l'ONU pointent le rôle ambigu du Tchad en Centrafrique

Les experts de l'ONU sur la Centrafrique ont rendu public, le 1er novembre, leur rapport final dans lequel ils pointent notamment le rôle ambigu joué par le Tchad depuis le retrait des soldats de la Misca (la force[...]

Centrafrique : des dizaines de civils massacrés, selon Amnesty international

Dans un communiqué publié jeudi, Amnesty International affirme que des dizaines de civils ont été massacrés ces dernières semaines dans le centre de la Centrafrique. L'ONG appelle la force[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers