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24/01/2013 à 15:51
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Un journaliste entouré de policiers lors d'une manifestation en mai 2010, à Yaoundé. Un journaliste entouré de policiers lors d'une manifestation en mai 2010, à Yaoundé. © AFP/Archives - Reinnier Kaze

Amnesty International dénonce une fois de plus, dans un rapport publié ce jeudi 24 janvier, les violations des droits humains au Cameroun. Le jour même où Paul Biya effectue une visite en France...

Le Cameroun avait fait un pas en avant en matière de droits humains, avec l'acquittement au début de janvier de deux jeunes gens accusés du délit d'homosexualité. Mais Amnesty International n'a pas été tendre avec le pouvoir de Paul Biya en publiant ce jeudi 24 janvier un nouveau rapport faisant état de graves violations des droits de l'homme.

L'ONG a déploré, entre autres, des exécutions illégales, de mauvaises conditions carcérales, le musellement d'opposants et de journalistes ainsi que des attaques contres les homosexuels. À encroire les auteurs du rapport, le cas de Franky et Jonas, deux jeunes hommes de 23 et 22 ans - condamnés pour homosexualité en première instance puis acquittés en appel le 7 janvier au tribunal de Yaoundé -, semble l'exception plutôt que la règle au Cameroun.

De fait les pratiques homosexuelles y sont durement sanctionnées, les coupables risquant jusqu'à cinq ans de prison, et Amnesty International ne manque pas de condamner, dans son rapport, les attaques dont sont victimes les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI). 

Les homosexuels camerounais seraient en outre soumis de force à un examen rectal, les autorités croyant à tort que celui-ci peut prouver la pratique de relations homosexuelles, rapporte Amnesty International. En tout, en 2011, quatorze prévenus accusés d'homosexualité ont été condamnés dans le pays.

Exécutions illégales

« La population du Cameroun subit de multiples atteintes aux droits humains, parmi lesquelles des exécutions illégales et des actes de torture, alors que les autorités tentent d'utiliser la justice pénale pour museler les opposants politiques, les défenseurs des droits humains et les journalistes », poursuit le rapport.

« Des délégués d'Amnesty International se sont rendus dans la prison de Nkondengui à Yaoundé et dans celle de New Bell à Douala. (...) Au moment de leur dernière visite, en décembre 2012, ces deux prisons comptaient 7 000 détenus au total, pour une capacité de 1 500 », soutient Amnesty International. L'organisme affirme également que « de nombreux prisonniers sont entravés et beaucoup sont détenus depuis plus de vingt mois sans avoir été jugés ».

« Les détenus de Nkondengui ne mangent qu'un repas par jour et la malnutrition est extrêmement courante [...] Au fil des ans, des dizaines de détenus ayant tenté de s'évader ont été blessés ou tués par balle par des gardiens de prison ».

Une précédente délégation d'Amnesty International s'était rendue au Cameroun en août 2010. Depuis cette date, les atteintes aux droits de l'homme n'ont pas diminué, ni l'impunité qui les caractérise, notent les auteurs du rapport.

(Avec AFP)

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Consulter le rapport d'Amnesty International ici.

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