Extension Factory Builder
24/01/2013 à 13:43
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Nkosazana Dlamini-Zuma à l'Unesco, à Paris, le 15 novembre. Nkosazana Dlamini-Zuma à l'Unesco, à Paris, le 15 novembre. © Vincent Fournier/J.A

Lors de l'ouverture du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA), devant les ministres des Affaires étrangères des pays du continent, la présidente de la Commission de l'UA a reconnu le rôle important de la communauté internationale, et de la France, en particulier, dans le rétablissement de l'intégrité territoriale du Mali.

(Mis à jour le 24 janvier à 15h32)

Ce n’est pas un appui franc et total mais plutôt un remerciement pour avoir contribué à éviter le pire. Devant les ministres des Affaires étrangères africains, réunis le 24 janvier à Addis-Abeba à l’occasion du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), la présidente de la Commission récemment élue, Nkosazana Dlamini-Zuma, a « reconnu la contribution de la communauté internationale, en particulier de la France, au besoin urgent de rétablir l’intégrité territoriale du Mali ». 

Les Français de l'UA

Les responsables français sont parfois invités aux sommets de l’Union africaine, tout comme d’autres dirigeants non-africains. Lors des périodes de crise ou d’interventions militaires sur le continent, la présence des Français est évidemment plus palpable dans les couloirs de la grand-messe. Cette fois-ci, c’est le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui fera le déplacement en compagnie de Jean-Christophe Belliard, le nouveau directeur Afrique et océan Indien du quai d’Orsay. Pour l’Élysée, Thomas Melonio, l’un des conseillers Afrique de François Hollande, est attendu dès le 25 janvier.

C’est la première fois que tous les responsables du continent se réunissent depuis l’intervention militaire au Sahel, le 11 janvier. L’occasion de prendre la température des positions officielles, du Caire au Cap. Pour l’instant, seul le chef de l’État égyptien, Mohamed Morsi, a dénoncé le déploiement de troupes françaises, une opinion que plusieurs de ses homologues vont lui demander de justifier. « Nous considérons que cette intervention va déstabiliser la sous-région et amener à la multiplication des poches terroristes », explique, sous couvert d’anonymat, un membre de la délégation égyptienne.

« La persistance et la résurgence d’anciens conflits, ainsi que le développement de nouvelles menaces exigent une attention particulière de notre part, estime pour sa part Nkosazana Dlamini-Zuma. Nous devons nous attaquer aux causes profondes de ces conflits. Nous devons aussi accélérer l’entrée en opérations de la Force africaine en attente de sorte que le continent soit en mesure d’offrir une réponse lorsque la situation l’exige. »

Dans les couloirs du siège de l’UA, le ton est plutôt à la reconnaissance du bien-fondé de l’intervention française. Mais nombre de responsables africains se désolent que Paris soit encore obligé de jouer le gendarme de l’Afrique. « Nous avons les troupes et mêmes les moyens financiers d’intervenir, explique un diplomate ouest-africain. Nous le faisons au Darfour et en Somalie. Et nous avons aussi l’argent ! Il n’y a qu’à puiser dans les gigantesques réserves de change de nos pays pétroliers. »

Une réunion de donateurs

Une réunion des donateurs destinée à soutenir le déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) se tiendra, le 29 janvier, dans la capitale éthiopienne, au lendemain de la clôture du sommet des chefs d’Etat de l'UA.
Pour la France, selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, l’opération militaire au Mali a déjà coûté 30 millions d’euros pour les douze premiers jours d’intervention.

________

Pascal Airault, envoyé spécial à Addis-Abeba

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Lutte contre Ebola : le Mali sera-t-il le 'troisième bon élève' ?

Lutte contre Ebola : le Mali sera-t-il le "troisième bon élève" ?

À en croire un expert français de retour de Bamako, les dix à quinze jours prochains détermineront si le Mali est capable de stopper l'épidémie d'Ebola. Ce qui fera de lui le "troisi&[...]

Ebola : chaque jour qui passe effrite l'espoir, dans quelle langue faut-il le dire ?

Une vingtaine d'artistes ouest-africains de renom se sont réunis pour interpeller les chefs d'État francophones sur la catastrophe que représente Ebola. Ils publient leur lettre ouverte dans Jeune Afrique.[...]

Mali : les rebelles passent de Ouaga à Niamey

En raison de la chute de Blaise Compaoré, les groupes rebelles maliens se sont retrouvés à Niamey avant la reprise des négociations à Alger.[...]

Nord-Mali : deux soldats tués et cinq autres blessés par une mine

Une voiture de l'escorte du ministre malien du Développement rural a sauté mardi sur une mine dans le nord du pays. Deux militaires ont été tués et cinq autres grièvement blessés,[...]

Ebola au Mali : nouveau cas positif, 310 personnes sous surveillance sanitaire

Un nouveau cas d'Ebola a été déclaré samedi au Mali et cette personne a été admise dans une unité de soins intensifs à Bamako, a indiqué un communiqué du[...]

Mokhtar Belmokhtar, "le Ben Laden du Sahara"

Le journaliste mauritanien Lemine Ould M. Salem publie une enquête sur le jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar. Édifiant.[...]

Mali : IBK et le Boeingate, suite

Ibrahim Boubacar Keïta ne s'est toujours pas exprimé sur les soupçons de fraude qui le visent après la publication du rapport du Vérificateur général sur l'achat de l'avion[...]

Mali : en déplacement, IBK montre l'exemple dans la lutte contre Ebola

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s'est rendu lundi à Kourémalé, dans le sud du pays, près de la frontière avec la Guinée, pour une visite symbolique consacrée[...]

Ebola : vers la mise en place d'un cordon sanitaire pour contenir le virus ?

Après la confirmation des cas d'Ebola au Mali, pays voisin d'États touchés par l'épidémie, l'Union européenne et la Croix-Rouge internationale tentent de mettre en place un cordon[...]

Ebola : précautions et inquiétude chez les Français du Mali

Depuis l'annonce d'un cinquième cas d'Ebola au Mali, la communauté française, forte de 6.000 ressortissants et de 1.400 militaires, y observe avec inquiétude l'arrivée de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces