Le président Issaias Afeworki dirige l'Érythrée depuis l'indépendance, en 1993.
© AFP / Marco Longari
Le calme serait déjà revenu dans la capitale de l’Érythrée, Asmara. Les soldats mutins derrière la prise d’otages au ministère de l’Information, le 21 janvier, auraient quitté les lieux, libérant le personnel après huit heures de séquestration.
Les militaires, une centaine environ, qui s'étaient emparés du ministère de l’Information de l’Érythrée, sur la colline de Forto, à Asmara, auraient quitté le bâtiment en fin de journée, le lundi 21 janvier. Les employés du ministère, qui ont passé la journée enfermés, auraient été libérés sans difficultés.
Cette mutinerie, qui aurait été lancée par une centaine de soldats, lundi matin, présentait toutes les apparences d’un coup d’État. Selon un agent des services de renseignements étrangers, cité par Reuters, les mutins auraient réussi à prendre le contrôle de la télévision d'État, dont le directeur a en effet lu à l'antenne un communiqué très bref, demandant la libération imminente de prisonniers politiques et l’application de la Constitution de 1997.
Le gouvernement ne semblait pas avoir entrepris d’action immédiate contre les responsables de la mutinerie, dont on ignore encore s’il elle est le fait d’un soulèvement massif ou d’un simple coup d’éclat de soldats insatisfaits de leur condition.
Représailles ou négociations ?
Des représailles ne seraient toutefois pas à exclure dans les semaines qui suivent, a avancé, le 22 janvier, le journaliste érythréen Amanuel Ghirmaï. Exilé à Paris, il tient l’unique radio indépendante éythréenne, Radio Erena, avec un collègue lui aussi ancien journaliste à Asmara.
Cependant, une négociation pourrait être en cours entre les soldats et des représentants du régime d’Issaias Afeworki, selon M.Ghirmaï. L’Érythrée, nichée dans la Corne de l’Afrique, est dirigée d’une main de fer par cet ancien révolutionnaire, qui a mené son pays à l’indépendance en 1993, après un long conflit sanglant avec l’Éthiopie.

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