Extension Factory Builder
22/01/2013 à 09:41
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les forces franco-maliennes ont repris Diabali, le 21 janvier 2013. Les forces franco-maliennes ont repris Diabali, le 21 janvier 2013. © AFP/Issouf Sanogo

L’état d’urgence, instauré le 12 janvier, deux jours après l'offensive surprise lancée par des groupes islamistes armés, a été prolongé de trois mois. La décision a été prise, lundi 21 janvier, lors d'un conseil des ministres extraordinaire.

Les réunions publiques, rassemblements, ou manifestations de rues, seront, au Mali, encore interdits pendant trois mois. Les autorités de transition ont décidé, lundi 21 janvier, de prolonger l’état d’urgence, instauré le 12 janvier, deux jours après l'offensive surprise lancée par des groupes islamistes armés. La décision a été prise lors d'un conseil des ministres extraordinaire.

« Le bon déroulement des opérations militaires en cours pour la libération des régions occupées de notre pays et la nécessité d'instaurer et de maintenir un climat social serein dans tout le pays commandent la prorogation de l'état d'urgence sur l'étendue du territoire national », a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Lundi, et après plusieurs jours de confusion, le ministère français de la Défense a confirmé la reprise du contrôle des villes de Diabali (400 km au nord de Bamako)  et Douentza (800 km au nord-est de Bamako) par les forces armées maliennes, soutenues par les troupes françaises. Mardi matin, des soldats maliens parcouraient les rues de Diabali, comme ils l'avaient fait la nuit précédente, a constaté un journaliste de l'AFP. Comme annoncé, les soldats français se sont retirés de la localité dans la soirée. « Nous n'avons pas vocation à rester ici, nous laisserons la ville aux Maliens ce soir », avait déclaré lundi le colonel français Frédéric, chef des opérations dans le secteur.

La reconquête du Nord-Mali, qui s'effectue à huis clos, soulève cependant la crainte de voir les dérapages se multiplier, alors que des cas de bavures ont déjà été signalés. Une enquête réalisée dans la région de Mopti par une journaliste de L'Express, publiée dimanche soir, affirme que des massacres ont été commis par les forces de sécurité maliennes. « Dans le quartier de Waillhirdé, non loin de l'hôpital, des soldats en uniforme ont jeté dans un puits, aux yeux de tous, des cadavres présentés comme ceux de « rebelles » », écrit la journaliste. Les témoins parlent de vingt-cinq à trente corps enfouis.

Réunis, lundi à Bamako, des élus du Nord-Mali ont ainsi appelé les habitants de toutes les communautés à ne pas se dresser les uns contre les autres.

« Les Français doivent gérer les risques de se battre aux côtés d’une armée malienne très faible et parfois indisciplinée qui a, en effet, déjà commencé à perpétrer des exactions contre la population civile », a estimé Peter Bouckaert, directeur de la section Urgences de Human Rights Watch dans une interview à Jeune Afrique. « Il y a un vrai danger que les Touaregs soient victimes de massacres et d’autres exactions, non seulement de la part de l’armée malienne mais aussi de certaines milices d’auto-défense formés par d’autres groupes ethniques maliens, comme les Ganda Koï et les Ganda Izo. »

Sur le plan diplomatique, le président égyptien Mohamed Morsi s'est prononcé lundi contre l'intervention au Mali, rompant avec la quasi-unanimité de la communauté internationale. « Nous n'acceptons en aucun cas l'intervention militaire au Mali (...) qui est de nature à alimenter le conflit dans la région », a-t-il dit.

L’Algérie « n'enverra aucun soldat au Mali » mais continuera à protéger ses frontières a, dans le même temps, assuré le Premier ministre Abdelmalek Sellal, lors d'une conférence de presse consacrée à la prise d'otages du site gazier d'In Amenas dans le Sahara algérien par un groupe proche d'Al-Qaïda. « La position de l'Algérie est claire : l'intégrité du Mali doit être préservée. On ne peut pas accepter un +Sahelistan+ demain à la frontière algérienne », a-t-il ajouté.

(Avec Agences)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : le Gatia, drôle de milice

Mali : le Gatia, drôle de milice

Le Groupe autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia) est devenu incontournable dans le Nord-Mali, mais son statut n'est pas clair. La présence de soldats dans une Mission de formation de l'UE prouverait qu'i[...]

Mali : les ravisseurs de Lazarevic, libres comme l'air...

Alors que le président Ibrahim Boubacar Keïta promettait de les traquer, après les avoir libérés, les auteurs de l'enlèvement de Serge Lazarevic et Philippe Verdon se promènent au vu[...]

Mali : vers un accord de paix définitif ?

Le 5e et dernier round des négociations intermaliennes de paix engagées en juillet à Alger se sont soldées dimanche par un accord inachevé, paraphé par le gouvernement mais pas par[...]

Un accord de paix au Mali signé avec une partie des groupes armés

Le gouvernement malien a signé dimanche à Alger avec une partie des groupes armés du nord du pays un "accord de paix et de réconciliation" pour mettre fin aux violences.[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Afrique francophone : chef de l'opposition, un statut à double tranchant

Plusieurs pays d'Afrique francophone ont adopté un statut officiel de "chef de file de l'opposition". D'autres ont voté des textes mais attendent toujours la désignation de leur opposant en chef.[...]

Mali : procès en vue pour Sanogo

Attendu depuis des mois, le procès d'Amadou Haya Sanogo et de plusieurs autres membres de l'ex-junte malienne pourrait se tenir prochainement. "Peut-être en juin", estime une source judiciaire[...]

L'Afrique a-t-elle l'alimentation la plus saine du monde ?

Selon une étude de l'université de Cambridge, qui casse les clichés sur l'Afrique, le continent africain abriterait neuf des dix pays qui mangent le plus sainement au monde. Parmi eux, certains[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Mali : l'avenir de l'Afrique au coeur du Forum de Bamako

Le 15e Forum de Bamako s’est déroulé du 19 au 21 février avec comme questionnement central l'avenir du continent à moyen terme.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130122091045 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130122091045 from 172.16.0.100