L’état d’urgence, instauré le 12 janvier, deux jours après l'offensive surprise lancée par des groupes islamistes armés, a été prolongé de trois mois. La décision a été prise, lundi 21 janvier, lors d'un conseil des ministres extraordinaire.
Les réunions publiques, rassemblements, ou manifestations de rues, seront, au Mali, encore interdits pendant trois mois. Les autorités de transition ont décidé, lundi 21 janvier, de prolonger l’état d’urgence, instauré le 12 janvier, deux jours après l'offensive surprise lancée par des groupes islamistes armés. La décision a été prise lors d'un conseil des ministres extraordinaire.
« Le bon déroulement des opérations militaires en cours pour la libération des régions occupées de notre pays et la nécessité d'instaurer et de maintenir un climat social serein dans tout le pays commandent la prorogation de l'état d'urgence sur l'étendue du territoire national », a indiqué le gouvernement dans un communiqué.
Lundi, et après plusieurs jours de confusion, le ministère français de la Défense a confirmé la reprise du contrôle des villes de Diabali (400 km au nord de Bamako) et Douentza (800 km au nord-est de Bamako) par les forces armées maliennes, soutenues par les troupes françaises. Mardi matin, des soldats maliens parcouraient les rues de Diabali, comme ils l'avaient fait la nuit précédente, a constaté un journaliste de l'AFP. Comme annoncé, les soldats français se sont retirés de la localité dans la soirée. « Nous n'avons pas vocation à rester ici, nous laisserons la ville aux Maliens ce soir », avait déclaré lundi le colonel français Frédéric, chef des opérations dans le secteur.
La reconquête du Nord-Mali, qui s'effectue à huis clos, soulève cependant la crainte de voir les dérapages se multiplier, alors que des cas de bavures ont déjà été signalés. Une enquête réalisée dans la région de Mopti par une journaliste de L'Express, publiée dimanche soir, affirme que des massacres ont été commis par les forces de sécurité maliennes. « Dans le quartier de Waillhirdé, non loin de l'hôpital, des soldats en uniforme ont jeté dans un puits, aux yeux de tous, des cadavres présentés comme ceux de « rebelles » », écrit la journaliste. Les témoins parlent de vingt-cinq à trente corps enfouis.
Réunis, lundi à Bamako, des élus du Nord-Mali ont ainsi appelé les habitants de toutes les communautés à ne pas se dresser les uns contre les autres.
« Les Français doivent gérer les risques de se battre aux côtés d’une armée malienne très faible et parfois indisciplinée qui a, en effet, déjà commencé à perpétrer des exactions contre la population civile », a estimé Peter Bouckaert, directeur de la section Urgences de Human Rights Watch dans une interview à Jeune Afrique. « Il y a un vrai danger que les Touaregs soient victimes de massacres et d’autres exactions, non seulement de la part de l’armée malienne mais aussi de certaines milices d’auto-défense formés par d’autres groupes ethniques maliens, comme les Ganda Koï et les Ganda Izo. »
Sur le plan diplomatique, le président égyptien Mohamed Morsi s'est prononcé lundi contre l'intervention au Mali, rompant avec la quasi-unanimité de la communauté internationale. « Nous n'acceptons en aucun cas l'intervention militaire au Mali (...) qui est de nature à alimenter le conflit dans la région », a-t-il dit.
L’Algérie « n'enverra aucun soldat au Mali » mais continuera à protéger ses frontières a, dans le même temps, assuré le Premier ministre Abdelmalek Sellal, lors d'une conférence de presse consacrée à la prise d'otages du site gazier d'In Amenas dans le Sahara algérien par un groupe proche d'Al-Qaïda. « La position de l'Algérie est claire : l'intégrité du Mali doit être préservée. On ne peut pas accepter un +Sahelistan+ demain à la frontière algérienne », a-t-il ajouté.
(Avec Agences)

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