Extension Factory Builder
21/01/2013 à 09:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le plan de vol des Rafale français, le 13 janvier 2013. Le plan de vol des Rafale français, le 13 janvier 2013. © DR

Le 13 janvier, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, annonce que des avions Rafale français ont survolé l’Algérie pour bombarder les sites jihadistes autour de Gao. Précipitant ainsi Alger dans le conflit malien. Aujourd’hui, Jeune Afrique apprend que les avions de chasse sont en réalité passés au-dessus du Maroc.

Paris, le 15 janvier. Au siège du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se fait présenter devant quelques journalistes les détails opérationnels du raid que quatre avions Rafale ont effectué, deux jours auparavant, sur les sites jihadistes de la région de Gao, dans le Nord-Mali.

Sur un écran, devant le ministre, on distingue le plan de vol que les chasseurs-bombardiers français ont suivi entre Saint-Dizier (France) et N’Djamena (Tchad). Durée : 9 heures 35, avec cinq ravitaillements en vol. Les pilotes ont l’ordre de faire des « frappes rapprochées ». L’effet de surprise doit être total. A midi, les quatre Rafale détruisent simultanément trois cibles militaires autour de Gao. Puis ils reviennent pour en frapper une quatrième.

Pour arriver jusqu’au Mali, l’itinéraire présenté à Le Drian contourne clairement l’Algérie par le Maroc, à l’Ouest.

Le 15 janvier, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, se fait présenter le plan de vol des quatre Rafale.
C'est celui qui est présenté plus haut.(DR)

Pourtant, le 13 janvier au soir, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a annoncé que les avions de chasse français avaient survolé le territoire algérien et il a remercié l’Algérie de sa coopération, la précipitant ainsi dans le conflit.

Dans la crise malienne, le pouvoir algérien a longtemps prôné le dialogue avec certains groupes islamistes et une sortie de crise par le dialogue politique plutôt que la solution armée. Farouchement opposé à une quelconque intervention militaire sur un territoire étranger, il semble donc avoir été pris de court par les déclarations françaises et n’a jamais confirmé que les Rafale avaient utilisé son espace aérien.

L'Algérie précipitée dans la guerre

Trois jours plus tard, le 16 janvier, des jihadistes prennent en otage plusieurs dizaines d’expatriés sur le site gazier d’In Amenas, au sud-est de l’Algérie, à la frontière avec la Libye. Prétexte invoqué par les terroristes : l’autorisation de survol donné par Alger aux appareils militaires français. En réalité, tous les observateurs s’accordent à dire qu’une opération de cette envergure ne se monte pas en trois jours.

Pourquoi Laurent Fabius remercie-t-il l’Algérie pour un service qu’elle n’a pas rendu ? Est-ce parce que le feu vert algérien a été donné trop tard – après le décollage des quatre Rafale de l’aéroport de Saint-Dizier, le 13 janvier à 6 heures du matin ? Est-ce pour ménager l’avenir ? Y a-t-il eu réellement une autorisation de survol ? Les terroristes auraient-ils frappé si la France n’avait pas annoncé cette autorisation ? Autant de questions qui restent ouvertes.
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Ebola : chaque jour qui passe effrite l'espoir, dans quelle langue faut-il le dire ?

Ebola : chaque jour qui passe effrite l'espoir, dans quelle langue faut-il le dire ?

Une vingtaine d'artistes ouest-africains de renom se sont réunis pour interpeller les chefs d'État francophones sur la catastrophe que représente Ebola. Ils publient leur lettre ouverte dans Jeune Afrique. Par[...]

Mali : les rebelles passent de Ouaga à Niamey

En raison de la chute de Blaise Compaoré, les groupes rebelles maliens se sont retrouvés à Niamey avant la reprise des négociations à Alger.[...]

Nord-Mali : deux soldats tués et cinq autres blessés par une mine

Une voiture de l'escorte du ministre malien du Développement rural a sauté mardi sur une mine dans le nord du pays. Deux militaires ont été tués et cinq autres grièvement blessés,[...]

Ebola au Mali : nouveau cas positif, 310 personnes sous surveillance sanitaire

Un nouveau cas d'Ebola a été déclaré samedi au Mali et cette personne a été admise dans une unité de soins intensifs à Bamako, a indiqué un communiqué du[...]

Mokhtar Belmokhtar, "le Ben Laden du Sahara"

Le journaliste mauritanien Lemine Ould M. Salem publie une enquête sur le jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar. Édifiant.[...]

Mali : IBK et le Boeingate, suite

Ibrahim Boubacar Keïta ne s'est toujours pas exprimé sur les soupçons de fraude qui le visent après la publication du rapport du Vérificateur général sur l'achat de l'avion[...]

Mali : en déplacement, IBK montre l'exemple dans la lutte contre Ebola

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s'est rendu lundi à Kourémalé, dans le sud du pays, près de la frontière avec la Guinée, pour une visite symbolique consacrée[...]

Ebola : vers la mise en place d'un cordon sanitaire pour contenir le virus ?

Après la confirmation des cas d'Ebola au Mali, pays voisin d'États touchés par l'épidémie, l'Union européenne et la Croix-Rouge internationale tentent de mettre en place un cordon[...]

Ebola : précautions et inquiétude chez les Français du Mali

Depuis l'annonce d'un cinquième cas d'Ebola au Mali, la communauté française, forte de 6.000 ressortissants et de 1.400 militaires, y observe avec inquiétude l'arrivée de[...]

Ebola : la France étend ses contrôles aux vols en provenance du Mali

La France a renforcé samedi son dispositif de lutte contre Ebola en étendant ses contrôles de santé, déjà en vigueur pour les passagers des vols directs en provenance de Guinée,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers