Intitulée "101 œuvres pour la Syrie", une vente aux enchères caritative est organisée par la maison Pierre Bergé & Associés à l’Institut du monde arabe, le 21 janvier. Née de l’initiative de l’association Syriart et de dons d’artistes arabes, elle a pour but d’aider des associations actives en Syrie.
Dans la salle que l’Institut du monde arabe a mise à la disposition de Syriart, des toiles et des photographies contemporaines, ainsi que des vidéos, ont été installées il y a quelques jours. En apparence, rien ne semble lier ces œuvres. Pourtant, elles seront toutes exposées, du 17 au 20 janvier, puis vendues, le lendemain, pour une même cause : aider les victimes de la guerre en Syrie. C’est suite à la demande lancée par José Garçon, ancienne journaliste à Libération et spécialiste du Maghreb, que soixante et un artistes originaires du monde arabe et des diasporas ont fait don d’une ou plusieurs de leurs œuvres. « Ce sont nos origines qui nous réunissent », explique le Marocain Yamou qui expose son tableau « Gêne bleu », 2012 (1 200 à 3 000 euros), une représentation de floraisons végétales. « Nous avons, pour la plupart, cassé nos prix. On met notre ergo de côté, on ne fait pas ça pour notre carrière ».
Son compatriote Mahi Binebine a réussi à mobiliser une vingtaines d’artistes originaires du royaume chérifien, parmi lesquels Hassan Darsi, Mohamed Mourabiti, Lalla Essaydi, Mohamed El Baz. « Est-ce qu’on peut rester les bras croisés quand on nous parle de 60 000 morts à la télévision ? », se désole le peintre dont l’encre et goudron sur papier, « Sans titre », 2012 (7 000 à 10 000 euros), est le coup de cœur de Pierre Bergé.
Encre et goudron sur papier "Sans titre", 2012, du Marocain Mahi Binebine.
Créativité du monde arabe
La Tunisienne Meriem Bouderbala, cible des islamistes alors qu’elle était commissaire du Printemps des arts à Tunis en 2012, a également tenu à participer au projet avec son « Human Phantom Effect » (en photo ci-dessous), 2011 (3 000 à 5 000 euros), tirage argentique d’une femme voilée. On trouve aussi des Algériens, Égyptiens, Koweitiens, Irakiens, et bien sûr des Syriens. Tous sont issus de la diaspora, sauf Yasser Safi qui vit à Damas. José Garçon a d’ailleurs dû faire preuve de prudence pour récupérer, via Dubaï, sa toile représentant des têtes humaines, « Sans titre » (ci-dessus en photo), 2011 (700 à 1 500 euros).

La toile argentique "Phantom Human Effect", 2011, de la Tunisienne Meriem Bouderbala.
« Je suis optimiste car il y a de très bons artistes. Et on voit bien que les gens sont très touchés par la Syrie », affirme l’organisatrice de Syriart qui grâce à cette initiative met en avant la créativité du monde arabe. Les fruits de la vente aux enchères sont destinés à 40% pour les actions en Syrie de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), collaboratrice du projet, tandis que les 60% restants seront versés à trois ONG syriennes, Nadja Now, Union des organisations syriennes de secours médicaux et les correspondants syriens de Médecins du Monde.
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- « 101 œuvres d’art pour la Syrie », Institut de monde arabe (Paris 5e), du 17 au 20 janvier, vente le 21 janvier à 19 heures.
- Sit web : www.syriart.org

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