Extension Factory Builder
18/01/2013 à 11h:19
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des puits de pétrole à Hassi Messaoud, dans le sud de l'Algérie. Des puits de pétrole à Hassi Messaoud, dans le sud de l'Algérie. © AFP

La spectaculaire prise d’otages à In Amenas soulève la question de la sécurisation des sites pétroliers et gaziers en Algérie. Gérés par des sociétés privées, parfois assistées par les forces de l’ordre algériennes, les dispositifs de sécurité ne sont pas infaillibles.

Jeudi 17 janvier, un otage algérien, tout juste libéré du site gazier d’In Amenas, s’exprime sur Al-Jazeera. Ses critiques sont vives. « La base de vie n’était pas suffisamment protégée et le dispositif sécuritaire déficient », déplore-t-il, ajoutant que les gendarmes n’avaient pas assuré comme il faut leur mission.

La veille, aux alentours de cinq heures du matin, un commando jihadiste a attaqué la zone. Les assaillants, dont le nombre exact est encore indéterminé, sont arrivés à bord de véhicules banalisés. Une partie d’entre eux a d’abord ciblé un convoi d’employés, escorté par quatre voitures de la gendarmerie algérienne, qui roulait en direction de l’aéroport d’In Amenas. Un Algérien et un Britannique sont tués par les tirs des islamistes radicaux. Peu après, une deuxième équipe terroriste partait à l’assaut du site gazier. Le dispositif de sécurité, assuré par la société britannique Stirling Group et des gendarmes restés sur place, ne résistera pas longtemps.

Fusils à pompes

En Algérie, les exploitations pétrolières et gazières, essentiellement situées dans le sud du pays, sont la principale source de revenus de l’économie nationale. À elle seule, l'usine d’In Amenas, exploitée par le consortium Sonatrach-British Petroleum-Statoil, fournit 12% de la production de gaz algérienne. Ce genre de site a donc une importance stratégique primordiale. Face à la menace terroriste, particulièrement présente dans le Sahara ces dernières années, les usines et les bases d’employés sont, du moins théoriquement, hautement sécurisées. Leur défense est principalement assurée par des entreprises de sécurité privées locales et étrangères. Les sociétés algériennes sont souvent dirigées par des anciens gradés de l’Armée nationale populaire (ANP). Idem pour leur concurrentes étrangères, la plupart du temps administrées par des responsables sécuritaires reconvertis dans le secteur privé.

« Sur certains sites, le service de sécurité est parfois plus que limite, confie une source au sein d’une société européenne opérant en Algérie. Le recrutement est fait à la va-vite, les employés sont mal entraînés et surtout sous-équipés. » D’après elle, les agents de sécurité, dotés d’armes de poings et de fusils à pompe, ne peuvent pas grand-chose face à de potentiels agresseurs munis de fusils d’assaut.

Les vigiles sont chargés de surveiller en permanence les sites et les bases de vie abritant les employés. Ils contrôlent de près les personnes qui pénètrent dans leur zone de surveillance, patrouillent régulièrement et imposent des règles très contraignantes aux salariés (couvre-feu, circulation réduite….).  Ils sont parfois épaulés par des gendarmes ou des militaires. « En réalité, les brigades de gendarmerie sont surtout utilisées pour escorter les convois de salariés, comme ce qui s’est passé avant-hier », précise notre source. La présence de l’armée, elle, se résume parfois à des cercles concentriques autour des sites sensibles. Ces dernières heures, à la suite de la prise d’otages sur le site d’In Amenas, les autorités algériennes ont toutefois annoncé qu’elles avaient renforcé les mesures de sécurité autour des sites gaziers et pétroliers dans le sud du pays.

___

Benjamin Roger (@benja_roger)


 




 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Algérie

Algérie : après 50 ans à la tête du FFS, Hocine Aït Ahmed tire sa révérence

Algérie : après 50 ans à la tête du FFS, Hocine Aït Ahmed tire sa révérence

Hocine Aït Ahmed, président historique du Front des forces socialistes (FFS), a démissionné jeudi 23 mai, lors du 5e congrès du parti qui se tient à Alger. Âgé de 86 ans, cet[...]

Santé de Bouteflika : Enrico Macias, l'interview qui dérange

Faute d’informations, la santé d’Abdelaziz Bouteflika continue de faire jaser. Le 20 mai, au Qatar, c’est Enrico Macias, originaire de Constantine, qui met les pieds dans le plat, en déclarant[...]

France - Safia Lebdi : verte de rage

Le militantisme est-il soluble dans la politique ? Pour cette fille d'immigrés algériens engagée auprès d'Europe Écologie-Les Verts et Femen pratiquante, la réponse est oui.[...]

Bouteflika : la santé entre les lignes

Les informations sur l’état de santé du président algérien sont aussi rares que laconiques.[...]

Algérie : Bouteflika et les autres patients africains du Val-de-Grâce

Avant Abdelaziz Bouteflika, de nombreux présidents africains sont allés se faire soigner au mystérieux hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris. De Mathieu Kérékou à[...]

Henry Laurens : "Le Printemps arabe est une révolution de la normalité"

Dans toute le monde arabo-berbère, les conséquences des bouleversements politiques survenus en 2011 ne laissent pas d'inquiéter. Analyse en profondeur d'un grand spécialiste du sujet.[...]

Algérie : Bouteflika transféré à l'hôpital militaire des Invalides, incertitudes sur son état de santé

Mardi 21 mai, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a été transféré de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, vers celui des Invalides. Selon les[...]

Santé de Bouteflika : la presse algérienne fustige la communication officielle

La presse algérienne dénonce l’absence quasi-totale d’informations sur la santé du chef de l’État Abdelaziz Bouteflika, depuis qu'il a été hospitalisé à[...]

Algérie : Abderrezak Mokri, le Frère nouveau est arrivé

Élu à la tête du Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste), Abderrezak Mokri incarne la rupture avec la stratégie de l'entrisme chère à son[...]

Le porte-parole d'Ansar Eddine détenu en Mauritanie

Senda Ould Boumama, porte-parole d’Ansar Eddine, s’est rendu samedi soir aux forces mauritaniennes, a affirmé une source sécuritaire lundi 20 mai.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers