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18/01/2013 à 08:09
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Le site gazier pris en otage est dans la région d'In Amenas. Le site gazier pris en otage est dans la région d'In Amenas. © AFP/Statoil/Kjetil Alsvik

L’opération militaire algérienne sur le site gazier d’In Amenas n’est toujours pas terminée, ce vendredi 18 janvier au matin. Les informations parcellaires qui arrivent de la part des chancelleries occidentales et asiatiques font état d’otages libérés mais aussi d'une grande incertitude sur le sort de nombreux travailleurs.

En fin de soirée, jeudi 16 janvier, deux jours après le début de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas, des sources de la préfecture régionale d'Illizi (centre-est de l’Algérie) avaient d'abord annoncé à l'agence APS la fin de l'assaut des forces spéciales algériennes contre les terroristes.

Elles ont précisé par la suite que seul le site de vie, où se trouvait la majorité des otages, était neutralisé tandis que les forces de sécurité encerclaient encore l'usine, exploité par le Britannique British Petroleum, le Norvegien Statoil et l'Algérien Sonatrach, mais où oeuvrent également de nombreuses autres entreprises.

Environ 600 salariés auraient été sauvés, selon l’APS, mais le bilan des victimes n’est pas encore clair et seules des informations ponctuelles sont transmises. L’inquiétude demeure pour un groupe d’une quarantaine d’étrangers. Le groupe terroriste responsable de la prise d’otages a annoncé que 34 d’entre eux étaient morts, sans que les autorités en aient encore donné confirmation.
Tokyo, de son côté, vient, d’annoncer que trois Japonais étaient en sûreté mais que 14 salariés de l’entreprise JGC qui œuvre sur le site étaient portés manquants, possiblement retenus par les islamistes. Yoshihide Suga, le porte-parole du gouvernement, n'a cependant pas donné de détails, lors de son point de presse, quant au fait de savoir si ceux qui étaient en sûreté ont été libérés ou si elles ont réussi à échapper à la prise d'otages.

Le ministre algérien de la Communication, Mohamed Saïd, est le seul responsable officiel algérien à s’être exprimé publiquement, jeudi soir. Il a prévenu que  « plusieurs » personnes avaient été tuées et que des terroristes qui avaient essayé de prendre la fuite vers un pays limitrophe avaient été « neutralisés ». Selon lui, plusieurs otages auraient été libérés.

D'après le ministre, l’attaque est l'oeuvre d'une multinationale terroriste qui vise à impliquer l'Algérie dans le conflit malien, déstabiliser l'Etat algérien, et détruire son économie qui tire son financement des recettes des hydrocarbures.

Une prise d'otages minutieusement préparée

Des centaines de travailleurs algériens et une quarantaine d'étrangers ont été pris en otages mercredi 16 janvier par un groupe lié à Al-Qaïda sur le site d'In Amenas, dans le centre-est de l'Algérie.

Une partie de ces terroristes seraient issus de la katiba Al-Mouthalimine, dirigée par Mokhtar Belmokhtar, un  ancien lieutenant d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Brouillé depuis de longs mois avec la direction du mouvement terroriste, le « Borgne » avait annoncé fin novembre qu’il lançait sa propre mouvance jihadiste. Sa katiba, se réclamant toujours d’Al-Qaïda, opère principalement dans le nord-est du Mali et le sud de l’Algérie.

D’après le porte-parole du groupe, cette opération a été préparée minutieusement. Elle aurait été déclenchée en réaction au soutien d’Alger à l’intervention militaire en cours contre les islamistes radicaux du Nord-Mali.

Inquiétudes de la communauté internationale

La communauté internationale n’a pas caché son inquiétude face à la situation qui s’aggravait et face au refus d’Alger de négocier avec les preneurs d’otages.
François Hollande a affirmé en fin d’après-midi que l’opération se dénouait « dans des conditions dramatiques ». Le Premier ministre britannique, David Cameron, a reproché à l’Algérie de ne pas l’avoir tenu au courant de l’attaque des forces spéciales, alors que le site était opéré en partie par le fleuron de l’industrie britannique, British Petroleum. Plusieurs des otages tués pouvant être de nationalité britannique, il a « préparé l’opinion à de mauvaises nouvelles ».

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a appelé Abdelaziz Bouteflika pour lui demander de « cesser de telles actions ». Plusieurs des otages seraient japonais.
Quant à la Maison Blanche, à Washington, son porte-parole a réclamé des éclaircissements à Alger et a déclaré que Barack Obama n’avait pas été prévenu de l’assaut des forces spéciales algériennes contre les preneurs d’otages.

(avec agences)

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