L’opération militaire algérienne sur le site gazier d’In Amenas s’est terminée en début de soirée, le jeudi 17 janvier, plus d’un jour et demi après le début de la prise d’otages. Une trentaine d'otages étrangers seraient morts pendant l'opération.
L'assaut mené par les forces spéciales de l'armée algérienne pour libérer les travailleurs pris en otages sur le site gazier d’In Amenas (centre-est de l’Algérie) a pris fin jeudi soir, selon la préfecture citée par l’agence algérienne APS. Une trentaine de morts serait à déplorer parmi les otages étrangers, selon une source sécuritaire algérienne citée par Reuters.
Le ministre algérien de la Communication, Mohamed Saïd, qui s’exprimait un peu plus tôt à la télévision algérienne, avait prévenu que « plusieurs » personnes avaient été tuées et que des terroristes qui avaient essayé de prendre la fuite vers un pays limitrophe avaient été « neutralisés ». Selon lui, plusieurs otages auraient été libérés.
D'après le ministre, l’attaque est l'oeuvre d'une multinationale terroriste qui vise à impliquer l'Algérie dans le conflit malien, déstabiliser l'Etat algérien, et détruire son économie qui tire son financement des recettes des hydrocarbures.
Des centaines de travailleurs algériens et une quarantaine d'étrangers avaient été pris en otages mercredi 16 janvier par un groupe lié à Al-Qaïda sur le site d'In Amenas, dans le centre-est de l'Algérie.
Une partie de ces terroristes seraient issus de la katiba Al-Mouthalimine, dirigée par Mokhtar Belmokhtar, un ancien lieutenant d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Brouillé depuis de longs mois avec la direction du mouvement terroriste, le « Borgne » avait annoncé fin novembre qu’il lançait sa propre mouvance jihadiste. Sa katiba, se réclamant toujours d’Al-Qaïda, opère principalement dans le nord-est du Mali et le sud de l’Algérie.
D’après le porte-parole du groupe, cette opération a été minutieusement préparée. Elle a été déclenchée en réaction au soutien d’Alger à l’intervention militaire en cours contre les islamistes radicaux du Nord-Mali. Dimanche, l’Algérie a annoncé qu’elle autorisait les avions français à survoler son territoire.
Inquiétudes de la communauté internationale
La communauté internationale n’a pas caché son inquiétude face à la situation qui s’aggravait et face au refus d’Alger de négocier avec les preneurs d’otages.
François Hollande a affirmé en fin d’après-midi que l’opération se dénouait « dans des conditions dramatiques ». Le Premier ministre britannique, David Cameron, a reproché à l’Algérie de ne pas l’avoir tenu au courant de l’attaque des forces spéciales, alors que le site était opéré en partie par le fleuron de l’industrie britannique, British Petroleum. Plusieurs des otages tués pouvant être de nationalité britannique, il a « préparé l’opinion à de mauvaises nouvelles ».
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a appelé Abdelaziz Bouteflika pour lui demander de « cesser de telles actions ». Plusieurs des otages seraient japonais.
Quant à la Maison Blanche, à Washington, son porte-parole a réclamé des éclaircissements à Alger.

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