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16/01/2013 à 19:48
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Site de British Petroleum à In Amenas (Algérie) Site de British Petroleum à In Amenas (Algérie) © AFP

Une attaque terroriste menée par des jihadistes a visé, dans la nuit du mardi 15 au mercredi 16 janvier, la base du site gazier d’In Amenas, dans le sud-est de l’Algérie. Les ravisseurs détiennent 41 otages étrangers à l’intérieur de la base. Ils sont encerclés par l’armée algérienne.

Un groupe islamiste lourdement armé a attaqué, mercredi 16 janvier, aux alentours de 5h00 du matin, la base du site gazier d’In Amenas (sud-est), exploité par le consortium Sonatrach-British Petroleum. L’assaut a été perpétré par plusieurs dizaines de jihadistes, arrivés à bord de véhicules banalisés au petit matin.

Selon un communiqué du ministère algérien de l’Intérieur, « l'attaque a d’abord porté sur un bus qui quittait la base de Tiguentourine, transportant des étrangers vers l'aéroport d'In Amenas ». Un Algérien et un Britannique ont été tués et six personnes blessées lors de cette première attaque. D’après les autorités algériennes, le groupe terroriste s'est ensuite « dirigé vers la base-vie dont il a investi une partie et y a pris en otage un nombre indéterminé de travailleurs, dont des ressortissants étrangers ». Parmi ces expatriés figureraient des Français, des Américains, des Britanniques, des Norvégiens et des Japonais, travaillant notamment pour les compagnies British Petroleum (Grande-Bretagne), Statoil (Norvège) et Japan Gas Corporation (JGC), partenaires de la Sonatrach sur le site d’In Amenas. 

Les ravisseurs, cités par l’agence mauritanienne ANI, prétendent, eux, détenir 41 Occidentaux et n’ont pas précisé le nombre d’Algériens qui pourraient figurer parmi les otages.

Les troupes du "Borgne"

Une partie de ces terroristes, pour beaucoup algériens, sont issus de la katiba Al-Mouthalimine (« Les signataires par le sang »), dirigée par Moktar Belmokhtar, un  ancien lieutenant d’Aqmi au Sahel. Brouillé depuis de longs mois avec la direction du mouvement terroriste, le « Borgne » avait annoncé fin novembre qu’il lançait sa propre mouvance jihadiste. Sa katiba, se réclamant toujours d’Al-Qaida, opère principalement dans le nord-est du Mali et le sud de l’Algérie. Un des membres du commando d’In Amenas a d’ailleurs affirmé qu’ils avaient agi depuis le nord malien. D’après le porte-parole du groupe, cette opération, baptisée Al-Mauritani, du nom d’un combattant décédé, a été minutieusement préparée à l’avance. Elle a été déclenchée en réaction au soutien d’Alger à l’intervention militaire en cours contre les islamistes radicaux du Nord-Mali. Dimanche, l’Algérie a annoncé qu’elle autorisait les avions français à survoler son territoire.

Sur place, des militaires algériens ont encerclé la base. La zone est également survolée par des hélicoptères de l’armée. En fin d’après-midi, les ravisseurs ont libéré des petits groupes d’otages algériens. Ils réclament maintenant la libération de 100 islamistes détenus en Algérie avant d’en libérer davantage. Ils ont également demandé une vingtaine de véhicules 4x4 aux réservoirs pleins pour pouvoir rentrer au Mali, ainsi que des réserves d’eau et de nourriture. D’après l’ANI, les ravisseurs assurent que toute tentative pour libérer les otages conduirait à une « fin tragique ».

Les jihadistes sont par ailleurs munis d’explosifs. Selon un témoin interrogé par Le Figaro, ils auraient « miné la base ». Le ministre algérien de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, a déclaré mercredi soir que les autorités algériennes « refusaient toutes négociations avec les terroristes ».

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Benjamin Roger (@benja_roger)

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